L’industrie en avant vers la post-modernité !

par | 12 octobre 2017

Nouveau logo, nouveau nom, l’UIMM de l’Ain, La Fabrique de l’avenir avait choisi pour thème de son assemblée générale annuelle : Les clés du futur.

« Ce qui se passe aujourd’hui est équivalent au passage de l’ère agricole à l’ère industrielle. » Invité, jeudi 5 octobre, à clore l’assemblée générale annuelle de l’UIMM de l’Ain, dotée d’un nouveau logo et d’une nouvelle baseline, « La Fabrique de l’avenir », le prospectiviste et essayiste Jean Staune n’y est pas allé par quatre chemins, au moment de développer la thématique du jour, « Les Clés du futur », et de détailler les cinq révolutions en cours : conceptuelle, technologique, économique, managériale et sociétale. Révolutions qui constituent autant de chemins vers la post-modernité.

« Nous avions une vision prométhéenne du monde, marquée par la volonté de tout connaître et de tout maîtriser. Et nous voyons le retour de l’incertitude, note le prospectiviste à propos de la révolution conceptuelle. Le nombre d’interactions a explosé, démultipliant les possibles effets papillons. » Exit l’époque où deux concurrents, comme Boeing et Airbus, se partageaient le marché avec un plan de charge sur 10 ans. Aujourd’hui, chaque entreprise a des milliers de concurrents dont certains qu’elle ne connaît même pas. Mais elle a aussi, potentiellement, des millions de clients.

Nouvelles technologies

Du côté des technologies, Jean Staune dénombre quatre internets : l’internet des communications où, « aujourd’hui, 0,1 % du PIB français se fait déjà sur Leboncoin », l’internet des objets qui permet à Amazon de s’associer à un fabricant pour produire un lave-linge qui passe lui-même ses commandes de lessive, l’impression 3D grâce auquel internet devient outil de production et, à venir, l’internet de l’énergie.

Avec la révolution économique, la valeur ajoutée s’est déplacée. Elle n’est plus dans la matière première et la chaîne de montage comme au temps du fordisme, mais dans la data et la force intellectuelle. « Rassembler, traiter et vendre l’information de manière rapide est un moyen de gagner beaucoup d’argent », souligne Jean Staune, qui cite l’exemple de l’entreprise française de reciblage publicitaire sur internet, Criteo. Autre glissement de la valeur ajoutée avec le numérique, le linéaire devient illimité. C’est ainsi que la longue traîne assure 80 % du chiffre d’affaires aujourd’hui, et non plus 20 % du catalogue comme hier. Enfin, réussir n’est plus réservé aux CSP+. « Si vous êtes porteur de projet, il y a de la place pour tout le monde. Pour se financer, il suffit de séduire les internautes sur les plateformes de crowdfunding. »

Opportunités

Tous ces changements induisent évidemment une révolution managériale — où le modèle pyramidal traditionnel cède la place à l’intelligence collective — et une révolution sociétale marquée par le passage de l’avoir à l’être. « Déjà 30 % des actifs aux USA et en Europe sont des créatifs culturels », annonce le prospectiviste. Ceux-là conjuguent quatre pôles de valeurs : ouverture aux valeurs féminines, développement durable, implication sociétale et développement personnel.

« Le monde n’a jamais été aussi complexe, mais n’a jamais compté autant d’opportunités », s’enthousiasme en conclusion Jean Staune. Et celui-ci d’énumérer les points à surveiller : consommation de particulier à particulier, nouvelles formes de production comme l’impression 3D, puces RFID et objets connectés, progrès des interfaces homme-machine, effondrement du milieu de gamme, développement de l’économie circulaire et de l’écologie positive, nouvelle nouvelle économie.


Accompagner les PMI

L’UIMM de l’Ain et l’école d’ingénieurs Grenoble INP ont signé une convention qui vise la création d’une chaire de transformation 4.0 pour accompagner les PMI vers l’industrie du futur et revoir la manière d’enseigner le management à la lumière des nouvelles technologies. « Datas, machines et objets connectés, personnalisation de la production, impression 3D… Ces technologies transforment le management industriel et la manière de l’enseigner. Et il nous faut réfléchir à la manière dont les ingénieurs vont pouvoir impulser ce changement dans l’entreprise », a commenté Bernard Ruffieux, directeur de l’école.


Par Sébastien Jacquart


Découvrir une autre conférence de Jean Staune sur le même thème :
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=ADAlpUbegvE]

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