Henri Grasset : « Nous apportons un univers de marque autour de la lunette »

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Henri Grasset : « Nous apportons un univers de marque autour de la lunette »Notez cet article ! À Oyonnax, l’entreprise familiale Grasset Associés, présidée par Henri Grasset, développe des gammes sophistiquées, entre créativité et innovation. Une stratégie apparemment payante pour la société, toujours encline à s’adapter au marché. Quelle est l’histoire de l’entreprise familiale ? L’entreprise a été créée ici même par mon arrière-grand-père en 1895. Nous sommes la 4e génération avec mon frère Pierre-Elie Grasset, directeur général, et moi-même. L’entreprise familiale a continué d’exister en prenant des virages stratégiques importants et en restant au contact des marchés. De 1895 à 1936, l’entreprise fabriquait des peignes d’ornement de coiffure. En 1936, Coco Chanel a lancé la mode des cheveux courts pour les femmes. À Oyonnax, 30 % des entreprises font faillite à l’époque car les peignes n’avaient plus de sens. Mon grand-père a commencé à porter des faces en plastique : il était sous-traitant et ses clients ajoutaient des branches en métal. Ensuite, l’entreprise a profité d’une croissance des marchés américains qui pesaient, à une période, 80 % du CA. À Oyonnax, 50 % de la production de lunettes dans les années 1970, partait pour les États-Unis. Outre-Atlantique, le groupe d’optique italien Luxottica a racheté les principaux magasins d’optique. Nos clients sont alors devenus nos concurrents. Nous avons dû réfléchir à une nouvelle stratégie sans le marché américain et nous concentrer sur l’Europe. Nous avons développé la vente de lunettes à la pièce chez les opticiens, ce que nous faisions déjà. Et aujourd’hui ? Nous sommes environ 50 salariés. Nous comptons une équipe commerciale composée de salariés exclusifs, uniquement à notre service. Nous réalisons 75 % de notre chiffre d’affaires sur le marché français. Nous gérons nos stocks afin que nos clients opticiens soient fournis en temps réel. Ils sont livrés à J +1, bénéficient d’un service après-vente à J +1. Nous servons des détaillants qui achètent en moyenne 20 pièces par commande. Il y a une vraie industrialisation logistique à l’intérieur de notre entreprise de lunetterie. Nous avons externalisé la production, mais la partie design, création, marketing et développement des produits est maîtrisée à 100 % par nos équipes. Quelles sont les dernières nouvelles chez Grasset Associés ? Nous fabriquons spécialement de l’acétate fait main et nous disposons d’ateliers de métal dans le Jura. Mais nous recherchons aussi des produits de haute technologie, à forte valeur ajoutée pour nous adapter au marché. C’est la raison pour laquelle nous travaillons avec la marque japonaise Seiko depuis 1992. Seiko œuvre dans l’horlogerie et l’optique en proposant des verres de très haute précision et des lunettes en titane. Nous sommes leur principal distributeur pour la France. Nous leur avons apporté notre savoir-faire en matière de design produit. Lors du 51e Silmo, le mondial de l’optique à Paris (28 septembre-1er octobre), nous annoncerons que, dans le cadre de notre collaboration avec Seiko, la multinationale nous a confié la distribution et le développement du design de l’ensemble de leurs produits pour l’Europe et le Moyen-Orient. Pour nous, cela représente une croissance immédiate de 20 % à 25 %. […]

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Bertrand Barré, PDG du groupe Zebra et conférencier à ses heures perdues, était l’invité de la soirée DCF pays de l’Ain, le 13 septembre. Ancien joueur de basketball de haut niveau, Bertrand Barré a créé sa première agence de design produit en 1986, à l’âge de 22 ans. Aujourd’hui, il dirige le groupe Zebra, situé à Lyon et employant une cinquantaine de personnes. Une agence référente en matière de design industriel. « Pourtant, il y a trente ans, je doutais que c’était le bon moment pour me lancer, se souvient Bertrand Barré. Disons que j’ai perdu beaucoup de temps à expliquer ce que signifiait le mot design. Car si on ne sait absolument pas l’utiliser en français, employé à tort comme un adjectif, en anglais le mot design est un verbe qui se traduit par concevoir. Et cela change tout.» Le président directeur général du groupe Zebra animait la conférence des DCF Pays de l’Ain le 13 septembre, au centre d’affaires de Bourg-en-Bresse, dans les locaux du Crédit Agricole. D’après Bertrand Barré, si la période 1880-1980 a été profondément marquée par l’essor important de l’ingénierie, le progrès technologique semble en être à ses limites, ces dernières années. « L’ingénierie seule n’est plus la clé, mais le design et l’activité conceptuelle (design thinking en anglais) doivent définir les stratégies des entreprises. » Bousculer les méthodes traditionnelles Une vision entrepreneuriale largement mise en application au sein du groupe Zebra. L’agence de design a tout simplement conçu la brosse à dents à ventouse en 1993 (brevet déposé), à partir de l’observation des habitudes de consommation. « Nous sommes partis du constat que le brossage des dents était une pratique liée à l’hygiène, retrace Bertrand Barré. Nous avons réfléchi à améliorer cette hygiène et au moyen de rendre cet apprentissage dentaire, ludique pour les plus jeunes. » De la même manière, au summum de l’innovation, le groupe Zebra collabore avec l’équipementier de tennis Babolat depuis 25 ans. Ensemble, ils ont conçu la raquette de Rafael Nadal. D’après Bertrand Barré, ces innovations ne peuvent survenir que si l’on admet « les limites des méthodes traditionnelles de marketing et de conception. On travaille extrêmement bien mais on ne produit plus de valeur, poursuit-il. Preuve en est, par exemple, avec les aspirateurs, peu ou prou identiques, vendus par les grandes marques. Il faut remettre en cause les systèmes et oser le changement de paradigme : les entreprises doivent redevenir créatrices ». Si celles-ci sont censées innover pour rester en vie, Bertrand Barré souligne leur incapacité à se lancer réellement. « L’innovation est devenue capitale, or personne ne le fait, constate le PDG du groupe Zebra. Pourquoi Sony, leader mondial de la musique nomade n’a-t-il pas inventé l’Ipod ? Pourquoi Michelin n’a-t-il pas conçu Waze ? Pourquoi aucun des constructeurs automobiles n’a-t-il imaginé Tesla ? » Des questions aux réponses bien mystérieuses. Selon Bertrand Barré, les blocages de pensée empêchent de se projeter vers une démarche innovante. « À l’heure actuelle, un salarié qui apporte une idée nouvelle […]

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Immobilier : réinventer l’offre pour les entreprises

Immobilier : réinventer l’offre pour les entreprises4 (80%) 1 vote Malgré un marché dynamique, une véritable pénurie de locaux se profile sur des territoires attractifs et le manque de foncier pénalise le développement des programmes neufs. Avec une demande en hausse et un marché en progression, l’horizon du marché de l’immobilier d’entreprise semble dégagé en 2018 : 25,9 milliards d’euros ont été investis en France en 2017, un volume d’investissement qui n’enregistre qu’une baisse lége re (-1 %) par rapport au montant record de 2016, selon le cabinet Nexity. La France profite ainsi, comme ses voisins, de l’amélioration de la conjoncture européenne et mondiale. Le marché des bureaux se taille la part du lion, avec 72 % des volumes investis, tandis que les commerces perdent du terrain, même si ce marché est porté par une amélioration de la conjoncture économique française, de la confiance des ménages et la reprise de la fréquentation touristique. Selon une étude menée par le groupe de conseil Knight Frank, le marché de l’immobilier d’entreprise s’est poursuivi dans la même dynamique au premier trimestre 2018 avec pre s de 3,7 milliards d’euros investis en France. Même si les grandes opérations ont pour beaucoup été réalisées en Ile-de- France (2,4 Mds d’euros y ont été investis en bureaux depuis janvier, dont 67 % sur des opérations supérieures à 100 millions), le marché en régions connaît la même évolution avec quelques transactions significatives. L’agglomération lyonnaise demeure le deuxième marché en immobilier d’entreprise, avec 270 000 mètres carrés placés à l’occasion de 600 transactions, selon les chiffres de BNP Paribas Real Estate. Certes, la capitale des Gaules a connu une année 2017 moins exceptionnelle que la précédente, mais ces résultats confirment son dynamisme et son pouvoir d’attraction. Toutefois, comme le souligne Nexity, le volume d’investissement plafonne autour de 26 milliards d’euros, à cause de la rareté des produits disponibles sur le marché. L’offre en stock est vieillissante, voire obsolète, tandis que le foncier se fait rare dans les zones attractives, ce qui limite le lancement de programmes neufs. Un foncier dégradé à reconquérir Cette tendance présente des risques pour l’activité économique des territoires concernés, comme la Haute- Savoie : les entreprises locales renoncent à s’agrandir pour se développer ou vont s’implanter ailleurs, tandis que les entreprises exogènes choisissent de s’installer dans des zones où la pression foncière est moins forte. « Dans les métropoles, on voit se multiplier les opérations de construction en blanc : les programmes sont lancés sans même que l’utilisateur final soit connu », explique Jean-François Berthier, directeur associé Axite CBRE et responsable de l’agence d’Annecy. « L’État a pris des dispositions législatives pour réduire la consommation des espaces naturels et agricoles due à l’étalement urbain, rappelle Sybille Thirion, directrice du Centre d’échanges et de ressources foncières (Cerf) Auvergne-Rhône-Alpes qui contribue au programme IDfriches. Le développement urbain et économique ne peut donc se faire que dans les espaces existants, d’où la nécessité pour les collectivités de récupérer le foncier dégradé que représentent les friches industrielles et d’activité, et […]

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