Interview / Patrick Giraudon : « Devenir le cluster référent de la filière outdoor »

par | 11 Mar 2018

Au lendemain de l’inauguration de l’Annecy Base Camp, le nouveau siège de l’association et de son incubateur, Patrick Giraudon,  président d’Outdoor Sports Salley (OSV) dresse le bilan. Il dévoile à ECO ses ambitions et – scoop ! – l’alliance prévue prochainement avec le cluster Sporaltec.

Propos recueillis par Patricia Rey

Bientôt deux ans que vous présidez Outdoor sports valley, l’heure est au bilan ?

Le travail effectué a surtout porté sur la structuration des équipes exécutives et la mise en place d’une gouvernance, assurée par un bureau véritablement impliqué qui se réunit désormais tous les 45 jours. Nous étions arrivés à un moment charnière où nous devions consolider les bases de ce qui avait été fait pour pouvoir avancer et préparer l’avenir. Nous avons également renforcé le pôle entrepreneuriat. Plus formateur encore, OSV a lancé il y a deux ans un incubateur à start-up qui est une réussite et apporte une vraie valeur ajoutée. Notre volonté est de lancer des initiatives et des projets pour qu’ils puissent ensuite vivre et se développer par eux-mêmes.

Que représente OSV dans la sphère outdoor ?

OSV est un écosystème à part entière, avec plus de 400 entreprises adhérentes (start-up et groupes internationaux), soit au global 550 marques de sport réalisant un chiffre d’affaires en France de 1,8 milliard d’euros… et générant 7 500 emplois. Aujourd’hui, environ 70 % d’entre elles sont basées en Auvergne-Rhône-Alpes (et 50 % en Pays de Savoie), l’épicentre de l’outdoor. Le tout orchestré par une équipe de 13 salariés passionnés dirigée par Anne Schott, bénéficiant d’un budget de 1,3 million d’euros. Notre rayonnement dépasse nos frontières, et OSV est davantage considérée comme une structure référente à l’échelle de l’Europe.

"NOTRE PROJET DE RAPPROCHEMENT AVEC SPORALTEC DEVRAIT ÊTRE ENTÉRINÉ EN JUIN."

blankVous venez d’inaugurer l’Annecy base camp, nouveau siège de l’association et aussi de votre incubateur… un grand pas en avant ?

C’est effectivement une avancée majeure, sept ans après notre création, à l’initiative il faut le rappeler de Jean-Luc Rigaut, Bernard Accoyer et quelques chefs d’entreprise. Cette nouvelle implantation aux Glaisins – parc d’activité reconnu pour sa vocation outdoor – confirme notre montée en puissance, abritant sur un site dédié de 1 200 mètres carrés le siège de l’association, mais aussi notre incubateur, un espace de coworking, une pépinière et un hôtel d’entreprises qui vont créer une véritable émulation, porteuse pour les entreprises. En finançant ce bâtiment qui reste sa propriété, le Grand Annecy nous donne une fois encore les moyens de nos ambitions. Implication qui se concrétise aussi sous la forme de subventions publiques de l’agglomération, de la Région et du Comité départemental qui représentent près de 50 % de notre budget annuel.

Vous vous présentez comme un « vecteur de cohésion » de la filière… Mission accomplie ?

La vocation première d’OSV est de fédérer la filière outdoor et d’accompagner ses entreprises adhérentes. À leur demande, et parce qu’il s’agit d’axes essentiels à leur développement économique, nous avons concentré nos efforts sur l’international, en partenariat avec le cluster Sporaltec. Pour le compte duquel nous opérons le Plan de développement international (PDI) de la région (ndlr : comme le salon Ispo à Friedrichshafen), mais aussi des voyages découverte coorganisés aux États-Unis. Autre axe majeur, l’innovation au sens large, en termes de produits, de méthodes, de digitalisation de l’offre, d’accès au marché… Cela se traduit par la mise en place d’outils dédiés pour répondre aux besoins des entreprises. De fait, nous réalisons régulièrement des audits pour sérier leurs attentes, gagner en efficacité, et in fine leur apporter toujours plus de services. Pour évoluer, il faut savoir se remettre en question. En cela, nous avons lancé un groupe de travail qui planche sur la vision d’OSV à trois et cinq ans. De sorte à éviter les écueils.

Au-delà du partenariat, vous annoncez votre alliance prochaine avec Sporaltec, union ô combien stratégique ?

Nous réfléchissons en effet à un projet de rapprochement qui devrait être entériné en juin. Notre volonté est de concentrer nos efforts et les aides attribuées de part et d’autre. Cette demande émane aussi de la Région qui souhaite centraliser ses subventions, et voir émerger un seul et même pôle dédié au sport et à l’outdoor. Ce qui n’est pas sans fondement puisque nos activités sont complémentaires, le cluster Sporaltec étant davantage tourné vers l’innovation. Quoi qu’il en soit, nous oeuvrons pour que cette union soit “gagnante-gagnante”.

Sans parler de votre appétence à mailler le territoire Auvergne-Rhône-Alpes, voire au-delà ?

OSV ambitionne d’étendre ses compétences à l’ensemble de la région Aura dans un premier temps, avant de se déployer ailleurs où nous avons déjà des demandes. Dans ce sens, des actions de développement sous forme de parrainages devraient se concrétiser avec Grenoble Métropole. Ils concerneront les entreprises en post-création, qui bénéficieront d’un accompagnement sur un an. Un autre base camp devrait voir également le jour à Grenoble à la fin de l’année ou début 2019. Parallèlement, nous nous sommes rapprochés du cluster Montagne et avons élargi notre incubateur à l’aménagement de la montagne.

Un programme de collecte de fonds va être créé ?

Le programme Act for the outdoors sera ouvert à nos adhérents et aussi aux particuliers, avec dans l’idée de soutenir des projets de développement durable visant à préserver le territoire. Pour ce faire, nous nous sommes adossés au fonds de dotation de la Banque populaire Auvergne-Rhône-Alpes. OSV participera à hauteur de 15 000 euros. Le 5 mars (et jusqu’au 10 avril), nous avons lancé un appel à candidatures aux associations souhaitant faire financer un projet.

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Nous réfléchissons en effet à un projet de rapprochement qui devrait être entériné en juin. Notre volonté est de concentrer nos efforts et les aides attribuées de part et d’autre. Cette demande émane aussi de la Région qui souhaite centraliser ses subventions, et voir émerger un seul et même pôle dédié au sport et à l’outdoor. Ce qui n’est pas sans fondement puisque nos activités sont complémentaires, le cluster Sporaltec étant davantage tourné vers l’innovation. Quoi qu’il en soit, nous oeuvrons pour que cette union soit “gagnante-gagnante”.

Quels sont vos objectifs à terme ?

Nous espérons monter en puissance sur l’innovation et l’export, et accompagner toujours plus de start-up pour qu’elles deviennent de belles PME créatrices d’emploi. Mais aussi devenir le cluster de référence, et le pôle d’excellence des sports outdoor à l’échelle de la région, pour mieux rayonner à l’international.

Pour finir, vous êtes également pdg de Nic Impex-Arva. La croissance est-elle au rendez-vous ?

L’entreprise, que je dirige depuis 2003, a connu d’importantes transformations et enregistre depuis dix ans une croissance à deux chiffres. Nous sommes distributeurs exclusifs en France de 13 marques référentes sur le marché de l’outdoor (cinq hiver et huit été), et surtout nous sommes fabricant et propriétaire de la marque Arva. Au 30 juin 2018, date de clôture de notre exercice, notre chiffre d’affaires atteindra 14 millions d’euros. Nic Impex pèse 60 % de l’activité et Arva 40 %, avec l’objectif à moyen terme de tendre à l’équilibre.

Le développement d’Arva a dopé vos résultats ?

Le succès que remporte Arva à l’international (+25 % en 2017-2018, dont 55 % réalisés à l’export) nous conforte dans cette voie. En outre, le lancement du sac Reactor nous a permis de surperformer, et d’atteindre le niveau de volume des ventes de notre concurrent ABS. Deux ans seulement après sa commercialisation, il représente déjà 30 % du chiffre d’affaires de la marque (nous avons équipé plusieurs stations à l’étranger et aussi Tignes, station pilote). Un marché très porteur sur lequel nous maîtrisons l’ensemble de la chaîne, depuis que nous avons intégré, en octobre 2017, l’entreprise de décolletage qui usine le coeur central du système (ndlr : Nic Impex-Arva détient 35 % du capital de Contat, située dans la vallée de l’Arve). Le sac textile, lui, est sous-traité en Asie, et les autres pièces en France. Notre ambition est de croître et d’enchaîner des croissances à deux chiffres, avec un développement attendu via des acquisitions externes dans les pays germanophones.


Cet article est paru dans Eco Savoie Mont-Blanc du 9 mars 2018. Il vous est exceptionnellement offert à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité des articles de notre hebdomadaire mais aussi de nos suppléments et hors-séries, c’est ICI


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