Si la politique est – théoriquement – affaire de gestion, elle est aussi affaire de formule. Ainsi, de nombreux présidents français ont su se distinguer à travers quelques bons mots. Occultons délibérément les « casse-toi pauvre con » et autre « affaire qui fait pschitt » pour nous concentrer sur les citations plus emblématiques. Ainsi de jacques Chirac : « la fracture sociale n’est pas une fatalité ». De Nicolas Sarkozy : « travailler plus pour gagner plus ». Et de François Hollande annonçant récemment: « à partir de l’année prochaine, il n’y aura pas d’impôt supplémentaire sur qui que ce soit »…

Malheureusement, comme pour ses prédécesseurs, l’annonce de notre Président de la République ne semble pas faite pour être respectée. Avec une croissance prévisionnelle limitée à 0,4% pour 2015, le gouvernement s’apprête une fois encore à améliorer ses recettes fiscales par quelques mesures impopulaires afin de se rapprocher des exigences budgétaires de Bruxelles.

Et c’est donc reparti pour une séance de brainstorming destinée à créer quelques impôts supplémentaires. Parmi les propositions, on note déjà une taxe sur les appareils connectés, une taxe sur les ventes entre particuliers sur internet, une surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires en zones tendues, ou encore une taxe sur les parkings de bureau… Preuve qu’en la matière, l’imagination n’a pas de limite.
Bercy espère sans doute récupérer une poignée de millions supplémentaires à travers ce déferlement d’idées. Mais quelle sera la contrepartie ? Des Français anxieux de voir leur pouvoir d’achat continuer à baisser, des entreprises encore plus démoralisées par ce nouvel excès de pression fiscale, et un secteur de la construction qui ne pourra qu’assister, impuissant, à la poursuite de l’effondrement du marché immobilier.

Un consultant en entreprise m’indiquait récemment que « le bon pilotage d’une société consiste à savoir anticiper tandis, qu’à contrario, conduire en regardant dans le rétroviseur n’a jamais donné de bons résultats ». Ce concept, pourtant évident, semble toujours inconnu du gouvernement qui continue à prendre des mesures discriminantes pour l’économie quand la bonne formule consisterait à favoriser la création de richesse en donnant de l’oxygène aux acteurs de l’économie