Une petite quarantaine d’agriculteurs et de pisciculteurs du territoire vont être récompensés pour leurs engagements en faveur de la biodiversité.
« Dans le domaine de la préservation de la nature, la Communauté de communes de la Dombes a toujours été dans une démarche volontariste », a rappelé Isabelle Dubois, présidente de ladite intercommunalité, le 9 mars, lors du lancement des “Paiements pour services environnementaux” sur le territoire. Lauréate de l’appel à initiatives de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, la collectivité expérimente ces PSE au travers de contrats avec des exploitants agricoles.
Soutien financier
Jusqu’en 2026, les contractants seront évalués et payés en fonction de leurs avancées. Vingt-quatre agriculteurs, quatre agro-pisciculteurs et neuf pisciculteurs bénéficieront du programme. La Dombes est d’ailleurs le seul territoire de France ou ces derniers ont été associés à son élaboration. « Soutenus par l’Agence de l’Eau, les exploitants pourront financer leurs projets en faveur de la préservation de l’environnement dombiste sans mettre en danger leur entreprise », a précisé Isabelle Dubois. L’organisme subventionne en effet les PSE à hauteur de 3 785 164 €, complétés par la communauté de communes à hauteur de 263 241 €.
« Ce projet a un double objectif, d’une part la restauration et la pérennisation des éléments paysagers favorables à l’amélioration de la qualité de l’eau et au renforcement de la biodiversité locale ; d’autre part le soutien aux systèmes de production dans la transition écologique », a ajouté Isabelle Dubois.
Parmi les actions possibles, les exploitants pourront créer des mares sur leurs terres, véritables nids pour la biodiversité, notamment celle des batraciens, mais également planter des haies, ou encore s’assurer d’un pourcentage minimal et maximal de joncs dans les étangs. Sur toute la période du programme, un animateur mènera différentes missions de coordination technique et d’accompagnement des contractants. Ceux-ci bénéficieront également de l’appui scientifique de l’Institut supérieur d’agriculture Rhône-Alpes (Isara) et l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) notamment en matière d’analyse des données.
94
Près d’une centaine d’étangs (94) sont concernés, soit 1 145 ha en eau. Pour les terres agricoles, 3 740 ha entrent dans le programme.
«Mon seul regret, ne pas être passé au bio plus tôt »
Jean-Philippe Clair, agriculteur à Chalamont
« Sollicités pour les Paiements pour services environnementaux, nous remplissons déjà presque tous les critères, grâce au bio. Les aides pour cette forme d’agriculture ont tendance à se raréfier. Ce programme permet d’en obtenir quelques-unes, mais aussi de partager notre expérience. J’ai converti mon exploitation en 2009. Donc, nous sommes certifiés depuis 2011. J’ai quelques animaux à viande. Et je produis des céréales, des blés anciens pour la farine de notre association Graines de l’Ain. Aujourd’hui, je n’ai qu’un seul regret, c’est de ne pas être passé au bio plus tôt. J’ai retrouvé du plaisir à pratiquer mon métier, des sensations et des valeurs qu’on avait perdues. C’est un mieux-être humain, animal et environnemental. »
Joséphine Jossermoz









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