Grande Traversée des Alpes, bientôt la fin du chemin ?

Grande Traversée des Alpes, bientôt la fin du chemin ?

L’expert du tourisme itinérant pourrait bien mettre la clef sous la porte si les Régions Sud et Auvergne-Rhône Alpes ne renouvellent pas leurs subventions.

La Grande traversée des Alpes (GTA), association experte de l’itinérance touristique en France, tire la sonnette d’alarme : si les aides régionales d’Auvergne Rhône-Alpes (AURA) et de la Région Sud ne lui sont pas renouvelées pour 2018, elle risque fort de devoir « tout arrêter ».

Née en 1971 sous l’impulsion de la puissance publique, elle compte aujourd’hui huit salariés, basés à Montmélian (siège) et à Gap, et 400 adhérents sur l’ensemble des Alpes (hébergeurs, agences de voyage, fédérations de pratiquants, syndicats professionnels, parcs naturels, organismes touristiques, etc.). Sa mission principale est d’animer et de développer ses six grands itinéraires multi-thématiques sur l’ensemble du massif alpin, réalisables à pied, à vélo, à VTT ou en voiture, et qui génèrent quelque 17 millions d’euros de retombées économiques directes sur des territoires souvent à l’écart des grands flux touristiques. 50 000 personnes fréquentent chaque année ces parcours. “L’itinérance est en train d’exploser“, confirme le directeur, Lionel Terrail.

Un budget en chute libre

En 2017, la GTA a disposé d’un budget de 900 000 euros, dont 40 % de subventions. En 2018, son budget n’est pour l’heure que de 340 000 euros, suite au désengagement annoncé des deux Régions. “Nous avions déjà anticipé une baisse des aides publiques en établissant notre budget prévisionnel, poursuit le directeur. Nous l’avions donc diminué de 30 % et l’avions fixé à 680 000 euros. Mais on se rend compte aujourd’hui que nos principaux partenaires financiers ne nous suivent pas. Notre budget n’est, à ce jour, sécurisé qu’à hauteur de 50 %.”

En 2016, la GTA a réalisé une première mondiale avec le dernier-né de ses six parcours itinérants : “Les P’tites routes du soleil”, calibré pour la pratique du vélo électrique sur des routes secondaires. Crédit photo : GTA.

Les premiers signes de désengagement des Régions s’étaient déjà faits sentir l’année dernière. “La Région Sud ne nous avait pas octroyé de subvention“, se souvient le directeur. La Région AURA avait quant à elle signé un chèque de 135 000 euros à la GTA. “Mais cette année, poursuit-il, la Région AURA, même si elle soutient toujours le tourisme itinérant, a modifié ses règles d’octroi d’aides. Elle ne finance plus les dépenses de fonctionnement des structures mais intervient sous forme d’appels à projets. Pour nous, cela signifie 135 000 euros de moins sur nos recettes.” Ce sont donc deux soutiens de poids qui disparaissent cette année, et rien pour les remplacer.

Mortelle randonnée ?

Une nouvelle donne à laquelle la GTA pourrait répondre de trois façons. “Nous allons d’abord essayer de sensibiliser les Régions pour pouvoir gagner un an de plus et ainsi achever la mutation que nous avons engagée dans le but de créer une filiale. Cette dernière nous permettrait de développer le volet prestation de services et donc, de gagner en autonomie financière.” L’idée, sur laquelle la GTA travaille depuis quelque temps, est en effet de monter une filiale dont elle serait l’actionnaire majoritaire, pour développer ses actions commerciales. Deuxième option, réduire les effectifs à hauteur du nouveau budget. Enfin, troisième possibilité, plus brutale encore : stopper l’aventure.

Le président Guy Chaumereuil et son bureau ont jusqu’au 15 avril pour que Grande Traversée des Alpes ne rime pas avec mortelle randonnée.

Crédit photo d’ouverture : GTA.

 

 

 

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