Une alliance colombienne s’est instaurée pour générer du savoir et de la connaissance d’une filière de cacao fin et d’arôme Premium Colombienne. En fin de semaine, le chocolatier torréfacteur Berjallien a réceptionné 5 tonnes de fèves de cacao dans son nouvel « Atelier du Chocolat ».

Comme il se plaît à le dire, Franck Berger est un « pur produit du Nord-Isère ». Très jeune il a choisi de s’investir dans la voie du chocolat et de la pâtisserie. Il a commencé son apprentissage à l’âge de 15 ans, dans la maison Marchand, à Bourgoin-Jallieu. A l’endroit même où Guy Savoy et Jean-Jacques Bernachon ont fait leur apprentissage. Après avoir poursuivi sa formation dans des lieux prestigieux et travaillé pour des Chefs étoilés, Franck Berger a fait son retour à Bourgoin-Jallieu.
En 2007, il boucle la boucle en reprenant la pâtisserie de la place Carnot où il a fait ses débuts. Il en fait la « Maison Berger » qu’il inaugure il y a deux ans. Entièrement repensé, le magasin met en lumière les créations du maître pâtissier-chocolatier, et de toute son équipe. En 2015, il décide d’aller plus loin en se lançant dans la fabrication de son propre chocolat, à partir de fèves, afin de maîtriser l’ensemble de la chaîne de production. Dans le département de l’Isère ils ne sont que deux chocolatiers torréfacteurs, avec la Maison Bonnat, à Voiron.
Contacté à l’été 2019 par l’Ambassade de France en Colombie, Franck Berger et trois autres de ses confrères régionaux travaillent désormais ces variétés premium de fèves de cacao. Est ainsi née l’idée d’un réseau de petits producteurs de cacao fin et d’arôme, dans une logique de qualité et d’équité. La filière est certifiée « organique » (bio), avec des impacts sociaux et environnementaux positifs à la fois sur le développement territoriale et rural et sur les communautés productrices.

Un acteur économique important

Malgré le contexte économique, Franck Berger n’a pas hésité à investir à Bourgoin-Jallieu. Il y a deux ans il a investi 220 000 € pour repenser le magasin. Cette année, en plein confinement, il a créé « L’Atelier du Chocolat ».
Le lieu n’est pas le fruit du hasard : « Je m’installe ici, à l’angle des rues de la Paix et de la République, en souvenir de l’Hôtel Besançon qui se trouvait au même emplacement, en 1910. Vous pouvez d’ailleurs l’admirer, en vitrophanie sur l’une des vitrines situées rue de la Paix. C’est toujours agréable de reprendre un lieu avec une histoire et une âme », lance Franck Berger. Ce nouvel investissement se chiffre à 100 000 €.

10.000 tablettes de chocolat par an

Après un voyage de 15 jours en mer, la cargaison, en provenance de Bogota est arrivée à bon port, à Fos-sur-Mer. C’est par la route et après 3 heures de trajet que les 85 sacs de 60 kg de fèves de cacao ont fait une arrivée très remarquée au coeur de la rue de la République. Pour décharger et ranger ce précieux arrivage, Franck Berger a pu compter sur son frère Jérôme, ses employés Nathan Fouilleul (qui a fait ses armes dans les maisons Viollet et Coquard), Michaël Dumoulin (formé chez Decèvre, Marchand et Bernachon), et l’Elite Chocolate. Entendez par là, des joueurs de l’équipe 1ère du CSBJ Rugby, mis à disposition par le président Henri-Guillaume Gueydan. L’affaire a été pliée en un rien de temps. Ce fut un bel entraînement sportif pour les rugbymen « ciel et Grenat » qui ont apprécié l’exercice.
Avec cette cargaison de quelques milliers d’euros, Franck Berger nous indique qu’il s’agit là de sa matière première d’une année de production. « Nous produisons un peu plus de 10 000 tablettes de chocolat par an. Nous en confectionnons de 27 origines. Ce qui laisse le choix au client. Maintenant nous attendons, au gré de la saison, les poires, les fruits secs, les clémentines et les agrumes de Corse » , conclut Franck Berger.


Par Carole Muet

Photos ©Carole Muet