Le fait maison identifié

par | 11 juillet 2013

Les plats cuisinés à partir de produits bruts seront désormais signalés sur la carte, par un logo.

La loi sur la consommation a été votée en première lecture par les députés, mercredi 3 juillet, et avec elle, le principe d’un logo « fait maison » à apposer obligatoirement sur les menus, pour tous les plats cuisinés sur place à partir de produits bruts. «Ce projet avait suscité des oppositions par manque de points de repère, commente Jean-Pierre Vullin, président de l’UMIH de l’Ain (Union des métiers de l’industrie hôtelière). Celui qui cuisine à partir de produits bruts surgelés pourra-t-il prétendre au logo au même titre que celui qui cuisine du frais ? Qui va contrôler ? On attend plus de détails dans le décret d’application à paraître.»

Le fait maison est une attente forte des consommateurs qui sont 88 % à se dire prêts à sélectionner un restaurant sur ce critère. Reste que pour l’UMIH, la loi ne va pas assez loin. Le syndicat rêve de la création d’un statut d’artisan restaurateur dont le nombre serait évalué à 20 000 sur quelque 150 000 établissements. «Si au départ, nous voulions faire la différence entre celui qui transforme sur place et celui qui fait réchauffer des plats au micro-onde, c’était pour leur appliquer des taux de TVA différenciés, 5 % pour le premier, 10 % pour le deuxième, dans l’objectif de préserver des emplois. Nous avions également envisagé de réserver l’appellation “restaurant” aux lieux où la cuisine est élaborée sur place, comme l’appellation boulangerie a été réservée aux vrais boulangers. Mais, l’amendement a été retoqué. Le restaurant est simplement le lieu où l’on se restaure. Aujourd’hui, nous craignons que le nouveau logo ne fasse qu’entretenir la confusion.»

Cette mesure pourrait se doubler prochainement d’une simplification de l’accès au titre de maître restaurateur, ce dont les professionnels ne savent pas s’ils doivent s’en réjouir ou s’en inquiéter. Aujourd’hui, son obtention est soumise à un audit portant sur 40 points vérifiés par un double-contrôle, l’un par un visiteur anonyme, l’autre par un examen des factures permettant d’identifier la provenance des produits. Sur ces 40 points, tous ne paraissent pas pertinents, comme les conditions de diplôme du personnel. Encore faut-il faire porter les mesures d’assouplissement sur les bons critères.

Témoignages, Ils sont maîtres restaurateurs

  • «Lorsque nous avons racheté notre établissement, il y a sept ans, nous nous sommes engagés à ne travailler que des produits frais et, dans la mesure du possible, locaux. Même le pain et les desserts sont faits maisons. A travers ce titre de maître restaurateur, nous le faisons savoir à nos clients, expliquent Stéphane et Nathalie Köning, patrons du Thou, à Bouligneux. A l’heure où beaucoup utilisent des produits tout prêts, il nous paraît essentiel de marquer ainsi notre différence et de défendre notre métier.»
  • Chef du restaurant Les Platanes, à Gorrevod, Jean-Claude Perron entendait pour sa part, lutter contre la mal-bouffe et faire savoir qu’il travaillait des produits régionaux, frais. «Malheureusement, ce titre de maître restaurateur est mal connu du grand public, regrette-t-il. La clientèle locale nous connaît, sait comment on travaille, mais les autres… On est finalement assez peu récompensés de nos efforts. Au départ, un petit crédit d’impôt permettait de financer l’audit et nous permettre de faire des investissements. Il est appelé à disparaître, ce qui n’est guère encourageant. Un taux de TVA réduit pour les tenants du titre permettrait de rétablir l’équilibre.»

0 commentaires

Bourse : tout voir >

PUBLIEZ VOTRE ANNONCE LÉGALE EN LIGNE

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

Les subventions représentent 16,7 % du chiffre d’affaires agricole de la Savoie et 13,6 % de celui de la Haute-Savoie, contre 8,9 % en France métropolitaine.

ABONNEZ-VOUS

10.90€ / mois
Paiement CB sécurisé
Déblocage immédiat
Tous les contenus premium
Résiliable à tout moment

À lire également :

Tourisme : deux jours dans l’Avant-Pays savoyard

L’Avant-Pays savoyard pourrait être considéré comme l’antichambre des Alpes. Erreur d'appréciation : le statut de « pays avant  » implique de faire preuve d'une grande humilité tout en cultivant une identité forte. Ce terroir d'entre-deux...

Annecy : un nouveau siège pour NTN Europe

Après deux ans de travaux et 40 millions d’euros d'investissement, le groupe industriel NTN Europe s’installe dans des locaux pensés pour accélérer ses développements. À l’entrée d’Annecy, face à la rocade, l’immense bâtiment de bois ne passe pas inaperçu. Les...

Chaudronnerie : Satil Corporation se structure pour redresser la barre

Reprise dans le cadred'une procédure judiciaire en décembre 2024 par Damien Duranton et Romy Malnoue, Satil Corporation remonte en selle. Le jeune couple de dirigeants bat le fer tant qu'il est encore chaud pour sauver l'entreprise sexagénaire basée à Yenne. La...

Industrie : CTI&A a investi 1,4 M€ pour monter en puissance

Installée à Aiton, CTI&A est spécialisée dans la tuyauterie industrielle. La PME a plus que triplé la surface de ses ateliers en 2025 et commence à conquérir de nouveaux marchés. Fondée à Aiton en 2009 par Taner Salkim et son épouse Aysel, en charge de...

Votre magazine ECO Savoie Mont Blanc du 17 juillet 2026

100% en ligne, feuilletez directement votre magazine ECO Savoie Mont Blanc n°29 du 17 juillet 2026 sur ordinateur, tablette ou smartphone. Réservé aux abonnés. Édition Savoie (73) : Édition Haute-Savoie (74) : Le saviez-vous ? Depuis notre liseuse en ligne, vous...

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire (chaque lundi à 7H00)

Linkedin

Suivez-nous sur nos pages Linkedin dédiées à l'économie de vos territoires

Abonnement

Restez informé.e en vous abonnant à nos publications économiques

Annonce légale

Devis instantané, publication et attestation sans délai, paiement CB sécurisé