Né dans la région de Nantes, le projet de respirateur MakAir a trouvé en Auvergne-Rhône-Alpes un terreau propice.

Au départ, une idée folle : monter un respirateur en un temps record, en open source, pour un prix dérisoire, et le faire homologuer. Une de ces belles histoires d’entrepreneurs qui fleurissent par temps de coronavirus. A la base du projet, on trouve Quentin Adam, dirigeant de Clever cloud, une start up nantaise, qui comprend très tôt que la lutte contre la pandémie va nécessiter plus de respirateurs. Il sollicite les copains, crée le collectif Makers for Life et convainc les gens qu’il faut pour gagner en crédibilité : les centres hospitaliers universitaires de Nantes et de Brest, l’Université de Nantes, le CEA, la région Pays de la Loire… et Auvergne-Rhône-Alpes, qui très tôt se positionne avec volontarisme, acceptant officiellement le rôle de fabricant. Une décision qui ouvre les portes de l’écosystème industriel de la Région. A Grenoble, le CEA assume le pilotage global du projet, mettant notamment ses moyens de prototypage à disposition, notamment en matière de fabrication additive. La partie industrielle du projet est ainsi implantée en région Auvergne-Rhône-Alpes. De grands noms apportent leur caution (STMicroelectronics, HP France, Parrot, Tronico, Groupe Renault, Groupe SEB, Michelin, Legrand, SleepInnov), mais l’essentiel de la production est assuré par des PME et des ETI, dont Diabeloop.

Les plasturgistes sont prêts

Le projet, piloté industriellement depuis le CEA de Grenoble, a notamment trouvé dans l’Ain le savoir-faire nécessaire. Le centre technique Innovation Plasturgie Composites (IPC) a notamment participé à l’industrialisation du projet. « Nous avons beaucoup travaillé avec les moulistes pour rendre injectables les pièces imaginées par la start-up, détaille son directeur Luc Uytterhaegue, et pour avancer sur les dossiers techniques. Pour l’instant, ce travail est en stand-by, nous attendons les dossiers définitifs et bien sûr l’homologation pour lancer la fabrication des outillages ». La Fédération de la plasturgie et des composites a également assuré des mises en relation. Quant aux PME d’Oyonnax Georges Pernoud et Moules Soufflage Injection, de Montréal la Cluse Zedes et Seco Industries, ainsi que DPH International de Groissiat, ils attendent les commandes fermes pour se mettre au travail.

A peine un mois plus tard, le respirateur n’attend plus que l’homologation de l’Agence nationale de la sécurité du médicament pour être mis sur le marché. Une procédure indispensable pour valider la capacité de la machine à fonctionner jusqu’à un mois sans s’arrêter à raison d’un cycle toutes les deux secondes…

Les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Pays de la Loire se sont engagées à avancer l’argent des pièces nécessaires à l’assemblage de 500 premiers respirateurs, qui sont annoncés dès la mi-mai. Renault Sports apport ses compétences et son stocks de pièces. Le CEA estime qu’il faudra de 3 à 7 millions d’euros pour lancer la production.

« Ce respirateur est le fruit d’une très belle aventure collective entre de grands groupes, des start-ups, des partenaires publics et privés, du monde médical, de la recherche, a déclaré au CEA de Grenoble le président d’Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez. Le MakAir est un projet très audacieux. Il démontre notre capacité à produire en un temps record un produit stratégique dans la crise de Covid-19, celui qui permettra en effet d’activer de nouveaux lits de réanimation. Il faut également souligner qu’à long terme, ce respirateur à bas coût, sera l’un des moyens de lutter contre le Covid dans des pays qui n’ont pas les moyens de se procurer massivement des respirateurs. » Photo Charles Pietri – Région Auvergne-Rhône-Alpes