Le groupe de BTP Léon Grosse, basé à Aix-les-Bains, prend une participation majoritaire au capital de Techniwood, industriel haut-savoyard spécialisé dans la fabrication de panneaux de façades biosourcés préfabriqués. Grâce à ce rapprochement stratégique, le constructeur bois prévoit de doubler son chiffre d’affaires d’ici à trois ans.
Le rachat par Léon Grosse, le 13 mars, de Techniwood, concepteur et fabricant de systèmes constructifs en bois, est aussi un succès personnel pour François Pelissier.
« En 2010, lorsque nous avons créé l’entreprise à Rumilly, personne n’y croyait. Mais nous avons réussi, à force de persévérance et de résilience », se félicite le cofondateur et jusqu’à présent président de Techniwood.
Treize ans plus tard, et après deux levées de fonds (5 M€ en 2014 et 11 M€ en 2015), la PME est leader en France dans les façades biosourcées préfabriquées, réalisant un chiffre d’affaires consolidé d’environ 12 millions d’euros avec 120 salariés.
Via ses trois entités – une unité de production de 20 000 m² à Rumilly (sur l’ancien site Salomon), un bureau d’ingénierie bois à Épinal (Vosges) et un pôle de développement commercial à Paris –, Techniwood opère principalement dans les secteurs de l’habitat, du tertiaire et des équipements publics, en neuf et en rénovation.

Vers une construction décarbonée
À l’heure de la transition écologique, cette opération stratégique illustre une ambition forte de Léon Grosse et de Kyotec, façadier européen acquis par le groupe en 2020 :
« Développer une palette de solutions concrètes et innovantes pour contribuer activement à la décarbonation du secteur de la construction », souligne, dans un communiqué, Lionel Christolomme, président du directoire de Léon Grosse, dont le chiffre d’affaires consolidé 2022 s’établit à 800 M€ avec 2 100 personnes.
Elle permet aussi au géant du BTP de devenir « un acteur de la construction hors site et d’étendre son expertise dans le bois. »

La volonté affichée des deux industriels est d’accélérer le développement, en France et en Europe, de la technologie de Techniwood. Ce système constructif innovant baptisé Panobloc – un composite bois isolant qui allie performances (thermique, étanchéité, écologique, anti-feu) et durabilité – a fait l’objet d’une dizaine de brevets dans plus de trente pays.
L’entreprise s’appuie sur une centaine de projets livrés, dont certains emblématiques, comme la Cité administrative d’État, à Lyon (une réhabilitation en site occupé), et le village des JO de Paris 2024. D’autres sont en construction, notamment à Monaco.
Techniwood, qui va bénéficier de la puissance financière du groupe Léon Grosse, entend ainsi
« devenir un pôle européen de premier plan pour apporter une solution de composants pré-industrialisés répondant aux exigences de la construction durable et bas carbone », confirme François Pelissier, pour qui « la mixité bois-béton-acier est le trio gagnant. »
Doubler le chiffre d’affaires en trois ans
Le fondateur de Techniwood, qui siégera au conseil d’administration (un nouveau président va être prochainement nommé), vise un doublement de l’activité d’ici trois ans.
De quoi augmenter la cadence et la production sur son site de Rumilly, dont la capacité maximale est estimée à 120 000 panneaux par an.
François Pelissier n’exclut pas, à terme, « la création de sites industriels complémentaires pour accompagner (ses) développements et satisfaire les besoins du marché ».
Un plan d’investissement, dont le montant n’est pas communiqué, est en cours d’élaboration.
Si Léon Grosse est déjà l’actionnaire (largement) majoritaire de Techniwood, un accord de reprise intégrale du capital a été validé.
Patricia Rey
Photo Une – site industriel de Techniwood à Rumilly ©Techniwood












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