Matières premières : « Nous sommes percutés par la pénurie »

par | 17 Juin 2016

Il n’y a plus de bitume ! » Voilà une assertion qui n’a rien d’anecdotique. Le Syndicat professionnel des industries routières, par la voix de son président pour Rhône-Alpes, Philippe Puthod, s’alarme. « Notre montée au créneau est un véritable appel au secours, lance-t-il. Nous sommes aujourd’hui pris en otages par le blocage des raffineries. Or, notre matière première, c’est le bitume ! Tout comme d’autres secteurs d’activité, à l’image de la plasturgie ou de la chimie, nous dépendons de l’industrie pétrolière. » Blocage des raffineries, dont celle de Feyzin, des ports de Marseille et du Havre par les dockers en grève qui empêchent les pétroliers d’entrer ou grèves des cheminots du fret ferroviaire tirent leurs lots de conséquences sur l’activité économique globale. « Et à supposer qu’un déblocage des raffineries survienne, il faudra au minimum dix jours pour ressortir des produits bitumeux ! »

Ainsi, de nombreuses centrales d’enrobage sont en rupture d’approvisionnement de bitume, matière première indispensable à la production d’enrobés destinés à l’entretien des routes et des voiries… « Qui représente l’essentiel de notre activité », résume Philippe Puthod, pour un secteur qui dépend largement de la commande publique, déjà suffisamment en berne du fait de la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités. « Cette situation met clairement en difficultés nos entreprises », ajoute-t-il. Et d’estimer qu’environ 30 % de l’activité est de fait, complètement paralysée. Un phénomène qui tombe d’autant plus mal, que la profession, de mai à octobre, se trouve être dans sa pleine saison. Et réalise 40 % de son chiffre pour les seuls mois de mai, juin et juillet. « Notre activité est liée aux budgets des collectivités et aux conditions météorologiques, souligne Philippe Puthod. Voilà déjà plus de deux semaines que nous sommes impactés et que l’on se débat pour essayer de travailler… Selon les cas, l’exécution des travaux peut être reportée sine die voire purement et simplement annulée par le donneur d’ordre, du fait de la saisonnalité des travaux. »
Un constat d’autant plus amer pour ce directeur général d’un grand groupe de BTP régional, que ces difficultés entravent un certain regain d’activité qui semble s’amorcer. Selon le président du Syndicat professionnel des industries routières, des entreprises ont d’ores et déjà été contraintes d’avoir recours à l’activité partielle. Les conséquences économiques semblent, pour l’heure, difficilement quantifiables, tant du point de vue microéconomique de la sphère régionale, que sur l’image de marque de la France. « Dans nos secteurs d’activité, on dénombre 75 % de PME, poursuit Philippe Puthod. Des entreprises peuvent réellement se trouver en difficultés par rapport à cette problématique. Où est la liberté d’accès au travail ? Nous entendons les revendications portées contre le projet de loi Travail. Mais bloquer le pays, ce n’est pas raisonnable. »

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