Mauvais calcul

par | 24 Oct 2013

A quoi servent nos impôts ? Souvent présenté comme un des fondements de la République, cet argent prélevé aux contribuables sert principalement à financer les dépenses de l’État et des collectivités locales, les structures et services publics (routes, écoles, hôpitaux…), ainsi que nos dépenses de couverture sociale.

Tous ces coûts contribuent au bon fonctionnement de notre pays, à la sécurité et à la qualité de vie de ses habitants. Pourtant, ceux-ci sont de plus en plus nombreux à évoquer leur « ras-le-bol fiscal », considérant que le taux global d’imposition de la France est désormais excessif, et accusant les pouvoirs publics de les obliger à s’acquitter d’une contribution supérieure au service rendu.

Cette déferlante de protestation est-elle justifiée ? Les Français n’oublieraient-ils pas que ce taux d’imposition a globalement baissé au cours des dernières décennies et que de nombreuses niches fiscales permettent encore d’échapper partiellement au paiement de l’impôt ?
En réalité, si la perception est différente, c’est que la situation a largement changé. Tout d’abord, la crise fait aujourd’hui s’opposer la politique d’austérité de l’État avec l’envie générale de renouer avec la croissance et de retrouver du pouvoir d’achat. Devant l’absence d’amélioration, les Français jugent majoritairement la politique fiscale actuelle « ni inefficace […] ni conforme aux engagements de campagne de 2012 », comme l’analysait récemment le journal Le Monde.

Ensuite, suivant l’exemple même de l’État, les Français associent désormais les services publics à une notion de rentabilité. La notion de solidarité s’évapore donc au profit de la recherche d’un service correspondant au prix payé individuellement.

Enfin, la confiance des Français vis-à-vis des hommes politiques s’est largement érodée au fil des ans. De l’affaire Cahuzac au dossier Karachi, du scandale des cigares de Christian Blanc au prix des montres de Copé, les signaux envoyés par les barons du pouvoir laissent trop souvent place à la suspicion et à l’idée d’un fonctionnement à deux vitesses. Si bien que le peuple est aujourd’hui convaincu de devoir faire des efforts pendant que le pouvoir continue à dépenser sans compter. Une idée difficile à accepter…

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