Mickaël Marin succède à Patrick Eveno à la tête de Citia et du Festival d’animation d’Annecy

Mickaël Marin succède à Patrick Eveno à la tête de Citia et du Festival d’animation d’Annecy
Mickaël Marin succède à Patrick Eveno à la tête de Citia et du Festival d’animation d’Annecy
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Déjà numéro 2 de Citia depuis deux ans, Mickaël Marin deviendra directeur de l’établissement au 1er juillet, à l’issue de la 42e édition du Festival international du film d’animation d’Annecy.  Coup de zoom.

Ce n’est pas vraiment une surprise : après une procédure d’appel à candidatures lancée à l’automne lors de laquelle quatre postulants avaient été sélectionnés, c’est finalement Mickaël Marin qui a été désigné, à l’unanimité, par le conseil d’administration, pour prendre les fonctions de directeur de Citia. Logique : il connaît très bien la «boutique», où il a déjà pu faire valoir ses qualités.

 

Un pur produit Citia

Lyonnais d’origine, Mickaël Marin atterrit un peu par hasard à Citia en 2001 (à l’époque Cica, Centre international du cinéma d’animation) dans le cadre d’une formation en apprentissage, alors qu’il est encore étudiant en master commerce et vente à l’IAE de l’Université de Savoie.

Il intègre ensuite la structure comme salarié en 2002 et fait ses premières armes comme assistant puis comme responsable des ventes et du développement commercial du Marché international du film d’animation (Mifa).

En 2006, le Cica change de nom (Citia, pour Cité de l’image en mouvement d’Annecy), de statut (d’association à établissement public) et d’ambition (bien plus volontariste), sous la houlette d’un nouveau patron, Patrick Eveno. Ce dernier repère vite le potentiel du jeune homme et lui confie la pleine responsabilité du Mifa après l’édition 2008.

 

Le Festival international du film d’animation d’Annecy s’est imposé au fil des ans comme une référence mondiale. Crédit photo : F. Blin / Citia.

 

Une succession attendue

Depuis, le Festival comme le Marché ont connu une impressionnante et continuelle progression. Faisant du rendez-vous annuel annécien la référence mondiale incontournable des professionnels du secteur (lire ci-dessous) et participant aussi à la renommée de la ville grâce à une médiatisation elle aussi croissante.

En 2011, Mickaël Marin prend, en plus du Mifa, la responsabilité du développement économique de la filière “Image et industries créatives”. En 2015, il devient numéro deux de Citia (délégué général), « contribuant ainsi à la gouvernance stratégique aux côtés du président Dominique Puthod et du directeur Patrick Eveno », précise Citia: en bon pilote, voyant l’heure de la retraite approcher, Patrick Eveno a commencé à préparer sa succession.

 

Prise de fonctions au 1er juillet

Bien évidemment Citia a respecté toutes les règles en matière de procédure : appel à candidature, entretien avec tous les sélectionnés… Mais plus d’un observateur aurait été surpris si un autre directeur avait été désigné. Tant Mickaël Marin, fort de son expérience réussie sur plus d’une quinzaine d’années et de sa connaissance de l’établissement comme du marché semblait réunir tous les critères.

Le jeune quadra (42 ans) ne prendra ses fonctions de directeur qu’au 1er juillet, c’est-à-dire après la 42e édition du festival (11-16 juin 2018) et du marché (12-15 juin) du film d’animation, la dernière pilotée par Patrick Eveno.

 

Passionné de voyages et d’échanges, ouvert et curieux, Mickaël Marin est aussi féru d’histoire et de politique. Crédit photo : G. Piel / Citia.

 

Les défis qui attendent le futur directeur

Bien que portée par une forte dynamique, Citia a toujours plusieurs défis à relever. En voici quatre qui devraient figurer parmi les priorités du futur directeur.

  • 1-Le manque de place pour l’organisation du Fifa-Mifa

Depuis des années Citia pousse les murs. Tant pour les séances (mobilisation des salles publiques et privées) que pour les ateliers et conférences et, bien sûr, pour le Mifa. Pour le marché, les chapiteaux installés dans les jardins de l’Impérial sont de plus en plus imposants. Pour le moment, ça passe encore. Mais pour combien de temps ? Sans parler de l’image « bricolage » que cela renvoi, malgré l’écrin exceptionnel du site.

En attendant (ou en l’absence) de nouveau centre de congrès dans le centre d’Annecy, cette épine dans le pied est difficile à extraire. Petite consolation : gérer la croissance peut être vraiment problématique mais c’est toujours mieux que de devoir gérer la crise !

  • 2-Le musée au centre d’Annecy

Depuis quelques années c’est un peu l’Arlésienne. Ou plutôt « l’hararlésienne » car le grand musée de l’animation espéré pourrait voir le jour sur le site des Haras. A moins qu’une autre solution en centre-ville ne soit finalement préférée…

Pour le moment, rien n’est tranché et le musée reste modeste au sein du Conservatoire d’Art et d’histoire) où sont aussi installés les locaux de Citia. Il y a donc du pain sur la planche.

  • 3-Le développement de la filière

L’ouverture, en 2015, des Papeteries Image Factory (dans les ancienne Papeteries de Cran, totalement réhabilitées), gérées par Citia, a offert une belle vitrine à la filière. Le bâtiment affiche bientôt complet, réunissant entreprises et maintenant organismes de formation.

La filière « Image et industries créatives » poursuit sa croissance. Mais il y a encore moyen de faire (beaucoup) mieux. Ce sera sans doute toujours l’une des priorités du futur directeur qui, en tant que responsable du développement économique de la filière depuis 2011, connaît bien le sujet.

  • 4-La nouvelle gouvernance de Citia

Mickaël Marin ne va pas pouvoir tout faire. En prenant les commandes de la structure, il va devoir abandonner certaines de ses fonctions actuelles (il est pour l’instant patron du Mifa et du développement économique de la filière). De nouvelles têtes et/ou un jeu de chaises musicales sont donc à attendre.

 

Tous les ans, le Mifa, Marché international du film d’animation d’Annecy, pousse les murs : les chapiteaux installés dans les jardins de l’Impérial sont de plus en plus imposants. C’est l’un des défis à résoudre pour le nouveau directeur. Crédit photo : F. Blin / Citia.

 

Ce qu’en dit le président de Citia :

Elu à Annecy (maire de la commune déléguée et vice-président de l’agglomération) et au Département (délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche), Dominique Puthod est le président de Citia depuis sa création en 2006 et fut l’un des moteurs de la transformation et du changement de dimension de l’établissement. A ce titre, il connaît bien Mickaël Marin, pour lequel il ne tarit pas d’éloges.

 

«SON HUMILITÉ, SA DIMENSION HUMAINE, SA VISION PROSPECTIVE EN FONT, JE N’EN DOUTE PAS, L’HOMME DE LA SITUATION.»
Dominique Puthod, président de Citia

 

« Je me réjouis du choix fait à l’unanimité par le jury. Mickaël Marin a les qualités pour porter un projet ambitieux pour CITIA et continuer le développement de ses actions sur l’ensemble de ses axes (culture, formation et économie). Il connaît bien la filière de l’animation et des industries créatives puisqu’il a déjà participé pleinement à la réussite de l’ensemble des opérations menées par CITIA. En outre, il maîtrise non seulement les relations avec les partenaires institutionnels qu’il soit locaux, régionaux, nationaux ou européens, mais il a de plus toujours été engagé dans la conduite des relations avec le réseau international de CITIA. Enfin son humilité, sa dimension humaine, sa vision prospective en font, je n’en doute pas, l’homme de la situation.»

 

Mickaël Marin, lors de la présentation de l’édition 2017 du festival et du marché international du film d’animation d’Annecy. Avec à ses côtés Dominique Puthod, président de Citia et Patrick Eveno, directeur. Crédit photo : G. Piel / Citia.

 

Au fait, c’est quoi exactement Citia ?

Etablissement public de coopération culturelle, Citia est née en 2006. La Cité de l’image en mouvement d’Annecy œuvre sur 3 axes : la culture, la formation et l’économie (développement de la filière “Image et industries créatives”).

Elle est notamment l’organisatrice du Festival international du film d’animation (Fifa) et de son marché (Mifa). Mais aussi de nombreuses autres manifestations tout au long de l’année, à l’image, par exemple, du Forum Blanc, qui se tient chaque hiver au Grand-Bornand.

La structure dispose d’un budget global de 4,7 M€. Elle emploie 38 permanents, mais recrute environ 45 salariés temporaires pour le Fifa-Mifa, événement qui mobilise aussi 400 bénévoles.

 

Le film d’ambiance de l’édition 2017 du festival et du marché international du film d’animation, réalisé par Citia

 

Une structure en fort développement aussi à l’international

Le Fifa-Mifa 2017 a réuni plus de 10 000 accrédités (dont 3 000 pour le Mifa) venus de près de 90 pays. Plus de 115 000 entrées ont été comptabilisées pour les séances organisées dans le cadre du festival. Et 1 400 sociétés venues de 74 pays ont participé au Mifa. Sur dix ans,le Fifa-Mifa affiche une progression de plus de 50%, fortement tirée par l’international.

En outre, devenue une référence mondiale, Annecy commence à s’exporter comme une marque : des festivals de l’animation dont Annecy est partie prenante vont ainsi voir le jour à Los Angeles (Animation is film) et Séoul (The Annecy Asia International Animated Film Festival), tandis que des accords sont passés en Amérique du Sud, Afrique

 

Eric Renevier avec Françoise Lafuma

 

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