Alors que la polémique enfle autour des problèmes rencontrés par le Léman Express, son opérateur Lémanis tente d’éteindre le feu et annonce la création d’une task force.

Depuis sa mise en service le 15 décembre dernier, le Léman Express connaît de nombreux couacs : retards et annulations de train sont légion, et les quelques rames qui circulent sont bondées. Sous le feu des critiques, l’opérateur du train transfrontalier, Lémanis, fait son mea culpa dans un communiqué : « Les équipes Lémanis, en collaboration avec les CFF et la SNCF, entendent l’insatisfaction des voyageurs et tiennent à les informer que les problèmes sont identifiés et que les équipes sont mobilisées pour trouver les solutions au plus vite et ainsi parvenir à un service de qualité. »

Il faut dire que le Léman Express n’a pas bénéficié de conditions favorables. Alors qu’il devait entrer intégralement en service le 15 décembre, le réseau a été dans un premier temps limité à Annemasse, en raison des mouvements sociaux français contre la réforme des retraites. Les six lignes du Léman Express ne se sont donc réellement déployées que le 22 janvier 2020. À cela s’ajoutent les difficultés inhérentes au caractère franco-suisse de la liaison qui introduit une complexité supplémentaire, comme le fait que les conducteurs doivent s’habituer à diriger à la fois des rames suisses (modèles Flirt de Stadler) et françaises (Regiolis d’Alstom), ou l’existence de pratiques ferroviaires divergentes entre les deux pays.

« La disponibilité du matériel roulant est le premier défi du Léman Express, celui de faire circuler deux types de train de deux constructeurs différents sur le même réseau transfrontalier, une situation inédite en Europe, et qui impose des exigences techniques en France et en Suisse », souligne Lémanis.

Une cadence qui augmente drastiquement

De plus, l’infrastructure doit faire face à une augmentation drastique de la cadence des trains côté français. Avec le Léman Express, la Haute-Savoie voit passer 240 trains par jour, contre 70 auparavant. L’entreprise assure qu’elle va mettre en place des mesures « communes, correctives et rapides » dans ces prochains jours, notamment la surveillance accentuée de la flotte et la gestion des processus.

Des mesures qui visent avant tout à stabiliser les horaires, notamment entre Coppet et Genève. Elle annonce aussi la mise en place d’une task force transfrontalière entièrement dédiée à la résolution de ces problèmes. Néanmoins, Lémanis prévient que cette situation dégradée devrait perdurer, car quelques semaines devraient encore être nécessaires pour aboutir à une exploitation stabilisée. Les voyageurs devront prendre leur mal en patience…

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Par Romain Fournier


Cet article est paru dans votre magazine ECO de l’Ain du 6 février 2020. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.