À Chamonix, l’École nationale de ski et d’alpinisme (ENSA), qui forme entre autres depuis 80 ans les guides de haute montagne, a investi 5,6 millions d’euros dans la rénovation de ses bâtiments et dans de nouveaux équipements dédiés aux pratiques des sports de montagne.
Au pied du mont Blanc, à Chamonix, les bâtiments de l’Ensa d’un blanc immaculé rutilent sous le soleil. La dernière phase du vaste chantier de réhabilitation thermique et énergétique engagé il y a cinq ans s’achèvera début juillet avec la livraison des 24 logements des deux petites tours d’habitation qui jouxtent l’édifice principal.
Economies d’énergie
Créé par l’architecte Roger Taillibert en 1975, l’ensemble en béton brut a été entièrement modernisé, dans le cadre de l’appel à projets lancé par l’État pour la rénovation énergétique des bâtiments publics.
« L’investissement, à hauteur de 2,2 M€ financé à 50/50 par l’État et le Département de la Haute-Savoie (les logements de fonction de la cité scolaire Frison-Roche sont sous sa tutelle), a porté principalement sur l’isolation du bâti par l’extérieur, l’étanchéité et le remplacement des menuiseries pour réduire la facture énergétique et améliorer le confort des usagers (enseignants…) tout en préservant la cohérence architecturale », explique Olivier Bouleux, directeur général adjoint de l’Ensa, qui a assuré la maîtrise d’ouvrage.
Les espaces verts ont également été revus en partenariat avec la Ville. Cette opération intervient après la réhabilitation complète de la tour de 13 étages, qui abrite 84 chambres (168 lits) où logent moniteurs de ski, pisteurs, guides de haute montagne… et l’encadrement pendant leurs formations. Là encore, les travaux (1,85 M€) ont concerné principalement l’isolation, l’étanchéité et les menuiseries.



Un équipement et une expertise à la pointe
Enfin, le plateau d’expertise pédagogique et sportive (Peps) de 2 000 m2, seul équipement sportif de l’école, a lui aussi été rénové de pied en cap, au terme de trois ans de travaux. « Le toit va également être recouvert de panneaux photovoltaïques sur 400 m2 cet automne pour rendre le bâtiment autonome, avec un arrêt progressif du chauffage au gaz », ajoute Olivier Bouleux. L’Ensa, chapeautée par l’École nationale des sports de montagne (ENSM) et rattachée au ministère des Sports, en a profité pour repenser intégralement l’aménagement intérieur et le doter d’équipements dernière génération. Pour ce faire, elle a fait appel à Escatech, fabricant de structures d’escalade, qui a conçu les 1 100 m2 de murs.

Et le responsable de souligner : « Dans une logique de recherche pédagogique, qui est aussi l’une de nos missions, nous avons créé différents ateliers, dont celui de ski de pente raide avec un pan inclinable de 22° à 62 ° entièrement équipé (une première mondiale) pour travailler les techniques et les enseigner ».
S’y ajoutent deux nouveaux murs d’escalade de bloc et de difficulté, un atelier pour simuler les chutes en crevasse, un pan avec des fissures artificielles pour améliorer les techniques de progression et de sécurisation… et une tyrolienne réglable en inclinaison réservée aux futurs moniteurs de parapente pour apprendre l’extraction du parachute de secours. L’école abrite également un centre de santé et un laboratoire d’essai des matériels de montagne (cordes, mousquetons, piolets…) afin de faire évoluer les pratiques et la sécurité.
Un équipement fondamental – très fréquenté par les sportifs, les professionnels et les scolaires -, dont le coût s’élève à 1,6 M€, subventionné par l’État (900 000 €), la Région (300 000 €) et l’Ensa sur ses fonds propres (400 000 €).
Pour la direction, cette modernisation chiffrée à 5,6 M€ traduit une ambition durable « pour assurer la pérennité de nos installations, l’accueil et renforcer notre expertise reconnue dans le monde entier ».
L’Ensa, qui emploie une centaine de personnes et recourt à plus de 90 intervenants extérieurs, dispose d’un budget 2025 de 22 M€, dont 50 % de dotations de l’État et 50 % de ressources propres (formation, hébergement (avec un fort taux d’occupation), restauration…). Chaque année, cette institution forme environ 700 professionnels, dont 550 moniteurs de ski, 50 guides, 50 moniteurs de vol libre et 50 pisteurs, moniteurs de canyoning…


Patricia Rey
Photo Une : crédit ENSA












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