Nexans : La CGT inquiète pour le site de Bourg

Nexans : La CGT inquiète pour le site de Bourg
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Les représentants CGT du personnel de Nexans s’alarment de la perte du marché de fourniture de câbles moyenne tension pour Enedis.

Certes, l’entreprise a exclu Bourg-en-Bresse des implantations concernées par son plan de restructuration, annoncé à l’échelon européen le 24 janvier. Mais, cela n’empêche pas les représentants CGT du personnel de Nexans d’exprimer des inquiétudes pour l’avenir du site. En cause : la décision d’Enedis, gestionnaire du réseau électrique français, client historique et majoritaire de l’établissement burgien, de réduire, début 2018, ses commandes de 70 %. « Les contrats sont établis pour deux ans fermes et deux ans optionnels, un plus un. Nexans avait donc choisi de faire le dos rond jusqu’à la fin 2019, dans l’espoir qu’Enedis reviendrait à de meilleurs sentiments, mais le gestionnaire de réseaux vient de confirmer son choix de prolonger cette situation jusqu’à la fin 2021. Un coup dur pour le site, commentent André Petrop, Thomas Gonthier et Franck Chadet. Nous passons de 10 000 kilomètres de câble produits chaque année pour ce client à 3 000. »

Renouvellement des marchés

Si l’usine — qui emploie 250 personnes — a été bâtie dans les années 1970, pour répondre aux besoins d’Enedis, au fil des renouvellements de marchés, celle-ci a pris l’habitude à voir ses commandes se réduire et a diversifié sa clientèle. D’ailleurs, du côté de la direction parisienne de l’entreprise, on se veut parfaitement rassurant. « Le contrat avec Enedis a été perdu l’an dernier. Depuis, nous avons fait le nécessaire pour combler cette perte de volumes auprès d’autres clients, de sorte que l’activité du site de Bourg est stable. » Oui, répondent les représentants CGT du personnel, mais ces nouveaux marchés n’offrent ni la même visibilité, ni les mêmes volumes. Ils permettent seulement de maintenir l’établissement à flot. « De plus, notre outil de production n’est pas adapté aux petites commandes. Et les exigences techniques sont différentes. Il va falloir l’ajuster », s’alarme André Petrop. Des ajustements dont Bourg-en-Bresse, à la différence des 13 autres sites français de l’entreprise, n’a pas l’habitude.

« Nexans a connu plusieurs plans, en 2005, 2009, 2013, 2015… À chaque fois, les mesures de restructuration se sont accompagnées de fermetures de sites et de mutations, mais l’établissement burgien n’a pratiquement jamais été impacté. À l’inverse, il a été à chaque fois un site d’accueil », notent les délégués CGT. Ce sera d’ailleurs encore le cas cette fois-ci, puisque neuf postes devraient y être créés, en ingénierie.

Concurrence étrangère

Mais surtout, les syndicalistes s’émeuvent qu’Enedis, entreprise française tout comme Nexans, ait fait le choix de sociétés étrangères. « Notre principal concurrent, c’est l’italien Prysmian, qui produit en France et qui a racheté en 2018, l’américain General Cable. À elles deux, ces entreprises fournissent 60 % de la matière première à Enedis. Il nous restait 30 %, nous sommes tombés à 10. Les 20 % de différence ont été attribués au danois NTK, qui lui produit en République Tchèque et au Maroc. C’est dommage d’acheter du câble à l’étranger quand on a un savoir-faire national. »

Nexans

Dommages collatéraux

La baisse d’activité de Nexans à Bourg-en-Bresse n’a pas d’impact que sur le site lui-même. Elle se répercute aussi sur les sous-traitants et partenaires. Le projet d’une plateforme logistique avec La Flèche Bressane est en stand-by, affirment les représentants CGT du personnel.


La réponse d’Enedis

« Nous nous inscrivions dans des règles de marchés européens, avec des exigences de mieux-disance. Et nous avons par ailleurs plusieurs fournisseurs, pour des questions de sécurisation de nos approvisionnements. Pour autant, nous maintenons un partenariat industriel avec Nexans, notamment pour accompagner les développements technologiques de l’entreprise et lui permettre de répondre à des marchés futurs, sur de nouveaux types de produits, justement parce que c’est un fournisseur de très longue date, justifie Christian Vives, directeur régional d’Enedis. Nos achats se font en France à 90 %, dont la moitié auprès de PME-PMI. Mais, à partir d’un certain volume, nous sommes soumis aux règles européennes de passation des marchés. » Et celui-ci de rappeler l’attachement d’Enedis à la vie des territoires, sachant que le gestionnaire des réseaux d’électricité compte un millier d’implantations en France.


Par Sébastien Jacquart

Une Eco de l'AinCet article provient du magazine ECO de l’Ain du 21 mars 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre GRATUIT. Pour retrouver l’intégralité des articles de notre hebdomadaire, mais aussi de nos suppléments et hors-séries, c’est ICI.

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