Les espaces verts sont aussi révélateurs de l’histoire d’une cité.

Les parcs et jardins publics de Bourg-en-Bresse représentent quelque 54 ha. L’office de tourisme en offre un petit aperçu, mardi 23 juillet et mardi 6 août, à travers une balade commentée d’environ deux heures, pas une visite botanique, mais un regard original sur l’histoire de la cité. Le parcours part du square Lalande, puis rejoint la promenade du bastion, le parc de la visitation, le champ de Mars, le jardin des Quinconces et le parc de la préfecture, pour finir sous l’arbre de Judée voisin de l’office.

«Au Moyen-Âge, les arbres étaient rares en ville. Et leur présence était souvent symbolique, commence Denise Robinot, guide. Le square Lalande s’est longtemps appelé place de l’Orme, symbole de justice. C’était le lieu où l’on rendait jugement à l’époque des sires de Bagé. La place de l’Orme, voisine du tribunal, s’est d’ailleurs ensuite appelée, place du Greffe.» Cernée de tilleuls, elle est aujourd’hui caractérisée par la présence d’un arbre unique, en son centre, un févier d’Amérique.

Le bastion, ce sont d’anciens remparts transformés en promenade en 1774. Il compte de nombreux tilleuls qui sont les arbres urbains parmi les plus utilisés, avec les marronniers et les platanes. «En descendant, on tombe sur les anciens chemins de rondes. Transformés pour certains en espaces verts, ils forment une sorte de ceinture verte autour de la ville», note la guide.

Ancien jardin des sœurs de la Visitation, le parc de la Visitation impressionne par le nombre de ses arbres et notamment ses ifs, «symboles de mort car tout est toxique, mais aussi de renaissance et de longévité, car ils fleurissent à l’automne et vivent très vieux». Son caractère de sous-bois et sa fausse poype renforce le mystère du lieu.

Le champ de Mars et ses allées de marronniers sont ensuite l’occasion d’évoquer le jardin Alphonse Mas, botaniste de renom du XIXe siècle. Un site aujourd’hui disparu, occupé par les espaces verts, ce qui est prétexte à parler de leur travail : absence de pesticides, traitement des maladies, renouvellement des arbres, etc.

Le jardin des Quinconces, enfin, compte les plus anciens arbres de la ville, des platanes, symboles d’éternelle jeunesse avec leur écorce qui se renouvelle en permanence. Au XVIIIe siècle, ses allées avaient été aménagées en quinconce (d’où son nom) pour créer des espaces ombragés. Quelque 200 arbres ont été arrachés dans les années 1940 pour créer un jardin à la française typique qui contraste avec le parc de la Visitation. Des lieux à découvrir ou redécouvrir pour un autre regard sur la ville.