Une seule surprise lors des élections des exécutifs des communautés d’agglomération. Et une confirmation : en haut de la pyramide, la parité ce n’est pas pour aujourd’hui.

À la suite des municipales, les six communautés d’agglomération de Savoie-Mont-Blanc viennent de procéder à la désignation de leurs nouveaux exécutifs. Annecy l’a fait juste après notre bouclage, le 16 juillet : impossible, donc, de l’inclure dans cette synthèse (lire le résultat sur notre site www.groupe-ecomedia.com). Mais Annemasse-Les Voirons, Arlysère, Grand Lac (Aix-les-Bains), Thonon agglomération et Grand Chambéry (en partie : tous les vice-présidents ne sont pas encore désignés) ont leurs présidents et vice-présidents.

MISE A JOUR :

Cet article est issu d’Eco Savoie Mont Blanc du 17 juillet 2020, bouclé jeudi 16 en après-midi. Mais dans la soirée de ce jeudi 16 juillet, l’élection à la communauté d’agglomération du Grand Annecy a permis l’arrivée d’une femme et même d’un binôme féminin (présidente + 1ere vice-présidente) à la tête de la plus grande intercommunalité de Savoie Mont Blanc. C’est inédit dans les départements savoyards. Les détails sont à lire sur ce site www.groupe-ecomedia.com ICI.


Au total, ces six communautés d’agglomération couvrent un habitant sur deux et une commune sur trois des deux départements (650 000 habitants ; 176 communes). Leurs prérogatives varient selon les cas mais elles détiennent toutes, a minima, les compétences clefs de l’aménagement (incluant urbanisme et habitat), de la politique de la ville et du développement économique.

Large consensus

Pour les cinq agglomérations où l’élection a déjà eu lieu, une première tendance s’impose : le consensus est souvent présent. Bien sûr, les grincements de dents sur les compétences, le périmètre géographique, la prise en compte des petites communes, ou simplement les querelles d’ego, n’ont pas totalement disparu. L’élection de Philippe Gamen, maire d’une commune rurale des Bauges (Le Noyer, 215 habitants), à la tête de la plus grande intercommunalité de Savoie peut d’ailleurs se lire, en partie, sous cet angle : piloter une agglomération en Savoie-Mont-Blanc est d’abord un exercice d’équilibriste entre la gestion du fort développement urbain et la préservation de la ruralité.

Mais sinon, il n’y a eu bataille pour la présidence que dans trois intercommunalités sur six : Grand Chambéry, Grand Lac et (en tout cas, elle était annoncée) Grand Annecy. À Arlysère (Franck Lombard) et Annemasse-Les Voirons (Gabriel Doublet), un seul candidat en lice. À Thonon, la candidature de l’opposant (Franck Dalibard) face à celui qui l’avait déjà battu aux municipales (Christophe Arminjon) relevait plus du témoignage que du vrai duel. À l’issue du match pour la présidence, le consensus s’est aussi imposé à Grand Chambéry : Philippe Gamen, président sans étiquette mais adoubé par la droite, est parvenu à un accord avec sa rivale, la chambérienne écolo-citoyenne Aurélie Le Meur, élue première viceprésidente. Une preuve d’intelligence : la gauche dispose de suffisamment d’élus (la présidence s’est jouée à une voix : 41 contre 39) pour, en cas d’affrontement, bloquer les dossiers. Mais la situation interroge aussi : autant tiraillée, l’agglomération parviendra-telle à faire mieux que gérer simplement ses obligations, renonçant de facto à toute réelle ambition ?

Hommes d’expérience

La deuxième grande tendance qui se dégage, c’est que l’expérience est privilégiée : aucun nouveau venu en politique à la présidence, très peu chez les vice-présidents. En outre, si la parité s’est imposée, de par la loi, au sein des conseils municipaux et des conseils communautaires, elle n’a pas atteint le sommet de la pyramide. Nous l’avions déjà constaté pour les maires (seulement 112 femmes sur 552 communes en Pays de Savoie, soit environ une femme maire pour quatre hommes).

C’est encore plus vrai pour les “agglos” : à l’heure où nous mettons sous presse, aucune dame n’a été élue à la tête d’une CA (Annecy pouvait encore faire exception). Et chez les vice-présidents, on est loin du un pour un : 5 femmes contre 10 hommes à Annemasse-Les Voirons, 2 contre 13 à Arlysère, 4 contre 10 à Grand Lac et 1 contre 6 à Thonon agglomération. Grand Chambéry procédera à la désignation de ses “VP” (en dehors du premier d’entre eux, déjà élu) le 18 juillet. Bref, pour les six ans à venir, pas question de réforme de la langue française : on dit toujours UNE agglomération, mais UN président.


Par Éric Renevier


Photos :

Christophe Arminjon, nouveau président de Thonon Agglomération et nouveau maire de Thonon (photo : Thonon Agglomération), Béatrice Le Meur, nouvelle 1re vice-présidente de Grand Chambéry (photo : Didier Gourbin / Grand Chambéry) et le nouveau bureau d’Annemasse-Les Voirons Agglomération (Gabriel Doublet, nouveau président est au premier rang, avec une cravate bordeau; photo : Annemasse-Les Voirons Agglomération).