Plasturgie : des robots et des hommes

Plasturgie : des robots et des hommes

Dans la filière plastique, la robotisation offre des solutions qui accroissent la performance des entreprises.

Rien de tel qu’une démonstration sur le terrain pour entrevoir les possibilités des robots et autres cobots dans l’industrie plastique. Stäubli, fleuron de la robotique haut-savoyarde, a, accueilli le 13 décembre dernier sur son site historique de Faverges, une délégation réunie à l’initiative de Plastipolis pour découvrir les applications possibles. Les robots industriels sont en plein essor au niveau mondial avec une croissance annuelle de plus de 30 %, un chiffre record atteint en 2017. La France se hisse au troisième rang européen pour la vente de robots, derrière l’Allemagne et l’Italie, avec une hausse de 16 %. Après une année 2016 de forte croissance, avec 39 % d’unités vendus en plus. Des chiffres à relativiser au regard du taux d’équipement des industriels dans l’Hexagone, qui atteint 132 robots pour 10 000 habitants. En Corée du Sud, le ratio se monte à 631 pour 10 000 et la moyenne mondiale à 74.

Répartition des tâches

Le marché de la plasturgie est très porteur dans ce domaine et se positionne à la quatrième place au niveau mondial. Pour le pôle de compétitivité Plastipolis l’enjeu est de taille afin de maintenir et développer l’attrait du territoire en Haut-Bugey. « Au niveau mondial, l’industrie du caoutchouc et du plastique n’a cessé d’augmenter le nombre d’installations robotisées depuis 2009, passant d’environ 5 800 unités à 17 300 en 2015. Après un recul en 2016 (16 000 unités), les ventes ont de nouveau franchi la barre des 17 000 unités en 2017. Entre 2012 et 2017, les ventes ont augmenté de 8 % en moyenne par an », souligne Jacques Dupenloup, responsable des ventes chez Stäubli. Au niveau français, l’industrie du caoutchouc et du plastique représente 11 % des ventes (en volume), et 12 % du parc de robots installés. La robotique industrielle est très développée dans les entreprises qui produisent pour le marché automobile, poussées par leurs donneurs d’ordre, équipementiers et constructeurs.

La robotique collaborative intéresse tout particulièrement la filière qui voit là la possibilité d’automatiser des tâches pénibles comme la manutention, l’aide dans le port de charge, l’emballage, l’assemblage haute cadence et autres process (traitement de surface, peinture) répétitifs… Particulièrement adapté aux opérations de chargement/déchargement, un robot peut fonctionner à des cadences élevées, offrant une grande répétabilité et régularité des opérations. La tendance s’oriente notamment vers la robotique mobile, avec des machines agiles, flexibles, totalement connectées à leur environnement, dont le fonctionnement est centré sur l’humain avec lequel elles interagissent en permanence. Le robot se déplace de poste en poste au gré des besoins. Pour rester compétitives, les entreprises de plasturgie doivent pouvoir intégrer au maximum les opérations automatisées du temps de cycle de la presse et surtout de réduire les temps de changement de moules. Les robots répondent à tous les process de transformation du plastique : injection, thermoformage, soufflage… Opérationnels dans tous types d’environnement, ils s’intègrent aussi bien en salle blanche que dans les milieux les plus hostiles. L’intervention des robots dans des environnements sévères augmente leur attrait tout en ouvrant de nouvelles perspectives d’organisation. Les robots se chargent des tâches pénibles et dangereuses et laissent aux hommes les missions à plus haute valeur ajoutée.

Levier de croissance

Les profils des métiers se transforment, voire disparaissent pour certains, dans les entreprises et les compétences demandées s’accroissent, pour laisser davantage de place à la créativité, la prise d’initiative et la réactivité. Ce que certains appellent la « robolution » est en train de façonner un nouveau rapport au travail et au management en accroissant le partage de l’information de façon transversale au sein de l’entreprise. Il est difficile de quantifier les effets et tous les experts ne sont pas d’accord sur le sujet. Mais pour les partisans de ces nouvelles technologies, la robotisation va stimuler le marché du travail de façon positive. En créant de l’emploi direct : en robotisant l’entreprise gagne en productivité, augmente ses besoins en ressources et en main-d’œuvre. De l’emploi indirect, car elle sollicite plus ses sous-traitants qui recrutent également pour tenir les délais. Les études et observations réalisées par la Fédération internationale de la robotique, font apparaître que plus le taux de robotisation est élevé, plus le taux de chômage est bas. L’intégration de robots a permis de maintenir, voire de relancer l’activité industrielle dans des territoires ou des marchés malmenés. « Les économies les plus en pointe en matière de robotique avancée verront davantage leur compétitivité s’améliorer », estiment les auteurs d’un rapport du cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) publié en 2016. Ils prédisaient que 25 % des tâches automatisables seraient réalisées par des robots d’ici à 2025, toutes activités confondues, contre 10 % au moment de la publication du rapport. Les investissements dans le domaine devraient encore selon le rapport plus que doubler dans la même période et permettre aux entreprises de diminuer en moyenne le coût du travail de 16 %. Des perspectives qui ne manquent pas d’attrait.


Par Sandra Molloy

Effet d’entraînement

« Quand une machine remplace un travailleur, un effet de second ordre se produit : l’entreprise qui l’utilise économise de l’argent, qui est réinjecté dans notre économie. Cet argent est dépensé, ce qui stimule la demande des autres entreprises, qui elles, embauchent donc plus d’employés. » Rob Atkinson, président du think tank Information Technology & Innovation Foundation.

Robots et plasturgie ©Plastipolis

Identifier les besoins des entreprises

Tel est le rôle du cluster régional Coboteam, dirigé par Frédéric Helin. 

Labellisé par la région Auvergne-Rhône-Alpes en 2015, le cluster Coboteam vise plusieurs objectifs dont l’animation et l’aide à la structuration de la filière robotique en partenariat avec l’ensemble des acteurs du développement économique et technologique. « Nous cherchons à évaluer ce que représente la filière robotique en Auvergne-Rhône-Alpes, rappelle le directeur de Coboteam, Frédéric Helin. Il s’agit d’un travail continuel afin de connaître au mieux les acteurs économiques mais aussi leurs besoins. » En tant que cluster, Coboteam n’est pas  habilité à vendre des services en robotique, sa mission principale consiste à prodiguer des conseils aux membres de la filière robotique et aux adhérents. « Nous intervenons lors d’une phase de pré-orientation pour identifier les besoins des entreprises et l’intérêt réel que la robotique peut leur apporter, souligne Frédéric Helin. Nous sommes également compétents  pour présenter différentes formes de robotique, car les entreprises se rapprochent parfois de Coboteam sans une idée précise de l’application robotique dans le cadre de leur activité.»

Pour répondre à leur problématique, certaines entreprises sont mises en relation avec des structures spécialisées, des laboratoires, voire les pôles de compétitivité partenaires de Coboteam. « Car le problème posé peut relever d’une phase de R&D, de recherche et de collaboration, indique le directeur du cluster. Il s’agit d’un important potentiel de développement car quantités de solutions robotiques restent à développer, comme la robotique intelligente, la cobotique. Les demandes sont fortes de la part des PME qui recherchent des machines facilement configurables et programmables. Ces machines commencent à arriver sur le marché, mais cela prend du temps. À terme, l’objectif est de proposer une offre de robotique intelligente à destination des entreprises de la région.»

Robots et plasturgie ©Sandra Molloy
En Auvergne-Rhône-Alpes, la filière robotique représente 445 entreprises, 19 000 emplois participant au développement du secteur, soit près de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé.

Par Sarah N’tsia

17 000

Unités robotisées ont été vendues dans les industries du plastique du monde entier en 2017. En France, la filière totalise 12 % du parc de robots présents sur le territoire.

18

Il s’agit du positionnement de la France au niveau mondial pour le taux d’équipements en robots industriels, soit 132 pour 10 000 habitants.

Source : Fédération internationale de la robotique (IFR), 2018

A lire sur le même sujet :

Poster une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

ANNONCES LÉGALES : CONSULTEZ ET PUBLIEZ !

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

PUBLICITÉ

ARTICLES LES PLUS LUS

PUBLICITÉ