Un an de députation comme si vous y étiez

Un an de députation comme si vous y étiez

Deux députés de nos territoires de l’Ain reviennent sur cette année politique dense.

Olga Givernet : « Le député est un médiateur »

Députée Olga GivernetÀ 37 ans, la députée LREM de la 3e circonscription de l’Ain est ingénieure en aéronautique, mère de deux enfants, frontalière et forte d’une expérience professionnelle riche. Elle a fait ses premiers pas en politique récemment.

Comment êtes-vous arrivée sur la scène politique ?

J’ai démarré la politique en 2014, pour rejoindre une liste lors des municipales, sur ma commune de Saint-Genis-Pouilly. De plus, j’ai été également élue communautaire, la loi sur la parité ayant ouvert des places aux femmes ! Je suis ensuite devenue conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes dans le groupe La République en marche, issu du groupe des socialistes et démocrates. Les partis traditionnels sont dans l’opposition, et d’ailleurs je trouve que cela se ressent d’autant plus au niveau du conseil régional.

Vous saviez à quoi vous attendre ?

Je pense oui ! Les partis traditionnels ont peur du changement, alors que notre système est à bout de souffle et nécessite d’être réformé.

Le monde politique est-il un monde violent ?

La politique, ce n’est pas que de la tendresse. Il faut savoir ce que l’on veut, s’y tenir, tout en prenant en compte les autres. J’ai appris la patience.

Défendez-vous votre voix et vos idées ou celles de votre parti ?

Ce sont la voix et les idées de mon parti que je porte, mais j’ai participé à leur élaboration, j’ai contribué à la structuration du mouvement au niveau local. La société civile nous a rejoint pour participer à ce projet : il s’agit de l’intelligence collective.

Comment avez-vous pour vous approprier cette fonction ?

Mon expérience professionnelle, notamment à l’étranger, m’a aidée. Vous savez, les députés qui ne sont pas issus du monde politique offrent un autre débat, où les gens se retrouvent. Mais il est certain qu’il faut pouvoir naviguer dans ce monde-là, comprendre les réseaux d’influence, appréhender les lobbies. Beaucoup de pédagogie est nécessaire, pour montrer ce que l’on fait.

Parfois les bancs de l’assemblée sont vides, pourquoi ?

Je m’en étonnais également, mais il n’y a pas besoin de tout le monde pour chaque sujet : il y a des textes en continu, le débat public est toujours alimenté. Mobiliser les 577 députés du lundi au vendredi, voire au dimanche, serait finalement peu productif. Et en parallèle, nous devons avancer nos travaux et nous occuper de nos circonscriptions.

Députée : à Paris ou en province ?

Les deux ! J’ai lancé des ateliers citoyens localement. Le député est aussi un médiateur, il crée les bonnes connexions, pour mener à terme des projets. Il faut trouver un équilibre.


Damien Abad : « Il faut une culture du débat »

Député Damien AbadDéputé européen de 2009 à 2012, député national de 2012 à 2017, réélu, président du conseil départemental de l’Ain de 2015 à 2017, député LR, 5e circonscription de l’Ain… L’homme politique capitalise une expérience européenne, nationale et locale.

Comment avez-vous perçu l’entrée en fonction des députés LREM ?

Lorsque les députés LREM ont fait leur arrivée à l’Assemblée, j’ai eu un double sentiment. Positif, tout d’abord : le renouvellement, la féminisation de l’hémicycle, le rajeunissement, la modernisation… Mais, j’ai rapidement constaté une absence de culture de débat de ces parlementaires.

Est-ce une façon différente de faire de la politique ?

Le problème du macronisme est le suivant : l’emballage est séduisant, mais le résultat est souvent décevant. À l’épreuve des faits, le macronisme devait être le dépassement des clivages droite-gauche. Cela aurait pu être intéressant et notamment, aurait pu permettre de voter des amendements et des lois ensemble. La réalité, c’est que les députés LREM n’ont pas le droit de co-signer aucun amendement avec un autre groupe politique. Ils doivent demander l’autorisation à leur président de groupe pour déposer un amendement. Il s’agit d’un enfermement dans un parti unique sous l’autorité du Roi-Soleil !

Je regrette la vision des députés LREM du Parlement, qui est celle du conseil d’administration d’une entreprise : il faut voter vite, rendre la copie la plus propre possible et voter comme le président le demande. Or, il devrait y avoir une culture du débat, qui joue son rôle de contre-pouvoir pour améliorer les textes. Un parlementaire doit avoir un esprit critique et éclairé, sinon il s’agit d’un pion au service d’un gouvernement. Défendre ses convictions, un territoire, ou défendre un parti, ce n’est pas la même chose.

Cette année écoulée a vu fleurir nombre de propositions et de projets de lois à examiner… Trop ?

Cette question du rythme, qui a été plusieurs fois évoquée, je pense qu’elle vient plutôt d’un problème d’organisation du calendrier : certaines semaines se déroulaient sans quasiment de textes à l’Assemblée, d’autres où ils arrivaient tous en même temps. Un signe d’amateurisme ?


Propos recueillis par Myriam Denis

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