L’étude chiffrée présentée lors d’une “soirée de l’économie” organisée le 10 septembre à Faverges dresse le portrait d’un territoire « intermédiaire ».
Quelles sont les spécificités sociales et économiques des sept communes (1) fédérées au sein de la Communauté de communes des Sources du lac d’Annecy (CCSLA) ? Leurs forces et leurs faiblesses ?
Le panorama présenté lors de la “soirée de l’économie” organisé au pôle entrepreneurial La Clé à Faverges s’est efforcé d’apporter des éléments de réponse et de comparaison, notamment avec trois autres communautés de communes haut-savoyardes (vallée de Thônes, Usses et Fier, Pays de Cruseilles) à la configuration assez proche.
Sur nombre de critères sociologiques (croissance démographique, pauvreté, revenus des ménages, taux d’imposition…), la CCSLA se trouve dans une position intermédiaire, entre les moyennes nationale, régionale voire départementale et les autres intercommunalités comparées.
49,4%, c’est le nombre de femmes au chômage, à temps partiel ou précaire alors qu’il s’établit à 22,8 % pour les hommes et qu’elles sont plus nombreuses à être diplômées (33,3 % de diplômes supérieurs à bac +2). Ce constat est lié aux questions de mobilité, avec une mauvaise desserte en transports en commun et des arbitrages défavorables au sein des familles : lorsqu’il n’y a qu’une seule voiture, son usage est à près de 90 % masculin.
Beaucoup de retraités…
« Par rapport à ces dernières, elle présente une structure sociale un peu plus modeste mais sans décrochage », résume l’économiste Philippe Nikonoff, chargé de la réalisation de cette étude destinée à guider la politique de développement du territoire.
Autre spécificité des Sources du lac d’Annecy, une part des plus de 65 ans importante (25,4 % vs 11,1 % à Cruseilles). « Les retraités, majoritairement propriétaires, restent sur le territoire, où ils se plaisent. Cet état de fait se répercute notamment sur la structure des revenus qui sont plus stables », poursuit Philippe Nikonoff.
Entre 2018 et 2023, la part des entreprises individuelles a progressé de 9,5 points pour atteindre les 76,5 %. La proportion d’entreprise de 1 à 9 salariés connaît une évolution inverse tandis que celle des établissements de plus de 10 personnes reste stable (2,8 %).
… et beaucoup d’emplois industriels
Le premier secteur représenté est l’industrie (44,3 % contre “seulement” 16 % en moyenne départementale) suivie par les services marchands (27,4 %) et le commerce (13,6 %). La construction est en quatrième position (9,3 %) devant le transport (3,5 %) et l’agriculture (2,1 %).
À 13,9 %, l’emploi public est moins fort sur les Sources du lac d’Annecy qu’en moyenne départementale (18,7 %) et régionale (20,6 %).
La présence de Stäubli (543 M€ de chiffre d’affaires en 2022, 1 650 salariés) sur son territoire explique la forte proportion d’établissements évoluant dans la sphère productive : 41,8 % soit 10 points de plus que la vallée de Thônes.
L’écart d’effectifs salariés entre sphère productive et sphère présentielle (satisfaction des besoins des personnes vivant dans le périmètre) n’est que de 4 points alors qu’il atteint presque les 50 points sur Fier et Usses. « Ces douze dernières années, nous avons embauché 1 500 personnes à Faverges », témoigne Jean-Marc Dalmasso, le directeur général du site Stäubli de Faverges, dont les effectifs intérimaires peuvent, atteindre, à certains moments les 400 personnes.
(1) Faverges-Seythenex, Chevaline, Doussard, Giez, La Thuile, Saint-Ferréol, Val-de-Chaise.
Sophie Boutrelle
Crédit photo : Rémi Portier/CCSLA








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