Semaine après semaine, la crainte de ne toujours pas assister au retour de la croissance en 2015 se renforce. En cause, une concurrence mondiale qui entraîne un effet de rattrapage pour les pays les plus « développés », quelques dérèglements de la finance internationale, mais aussi un système politique qui a perdu à la fois confiance et crédibilité et qui s’enferre dans de mauvais choix imposés par la rigueur budgétaire au détriment du soutien aux entreprises.

Pourtant, la dernière feuille de route présentée par Emmanuel Macron, souhaiterait nous démontrer l’inverse à travers quelques signaux d’ouverture vers une politique plus libérale, censés « changer les mentalités » en s’attaquant à « la défiance, la complexité et le corporatisme » qui rongent notre pays.

L’intention est louable et offre sans doute l’avantage d’ouvrir le débat. Malheureusement, en contrepartie, le projet de loi de finances pour 2015 présente quant à lui quelques mesures effrayantes pour la relance de l’économie, à l’instar de la volonté gouvernementale de ponctionner les dotations accordées aux CCI de 500 millions d’euros représentant, pour l’exemple, une baisse de budget estimée à 4 898 317 € pour la chambre consulaire de l’Ain. Une baisse qui se traduira invariablement par un moindre soutien aux entreprises du département dans les domaines de l’innovation, de l’exportation ou du recrutement…

Il faudra également compter avec l’effondrement de 3,7 milliards d’euros des dotations aux collectivités territoriales. Ces dernières devront réduire considérablement leurs investissements pour se maintenir en équilibre, ce qui viendra fragiliser nombre d’entreprises locales, notamment dans le secteur du bâtiment et des travaux publics largement dépendant de ces donneurs d’ordre. A moins que les collectivités locales optent, en compensation, pour le recours à l’augmentation des impôts locaux, venant alors réduire d’autant le pouvoir d’achat de la population…

Quels que soient les discours, l’étranglement financier reste donc la manœuvre retenue par le gouvernement pour l’année prochaine. Tandis que le cercle vertueux qui permettrait de créer de la richesse et de l’emploi ne semble toujours pas se dessiner dans l’esprit de nos représentants nationaux.