« Sous les pavés, la plage » scandaient les manifestants en mai 68. Et « sous les micro-processeurs, les noix de coco » pourraient enchérir les Anonymous, ce groupe de rebelles du net convaincus qu’il convient de défendre notre espace de liberté numérique. En effet, pour eux, internet est devenu un champ de bataille où l’enjeu est celui de la liberté d’expression.

Et ils ont sans doute raison ! Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler le rôle déterminant des nouveaux médias dans les récentes révolutions en Tunisie ou en Egypte. Ou encore dans les fréquentes dénonciations d’actes de corruption, en France comme dans des pays beaucoup moins démocratiques. Ainsi internet, via notamment les sites de micro-bloging et les réseaux sociaux, s’inscrit comme un véhicule potentiel d’informations non censurées.

Pour pallier cette absence de contrôle, de nombreux pays sont tentés d’opter pour des solutions radicales. C’est notamment le cas en Chine où l’utilisation d’un pseudonyme est interdite dans certaines provinces, en Russie et en Syrie où des sites d’opposition au pouvoir sont régulièrement fermés, à Cuba où l’ouverture d’une ligne est soumise à autorisation de l’Etat… Les attaques d’Anonymous, comme d’autres groupes de hackers, ont alors vocation à limiter ces infractions aux droits de l’homme, à la liberté d’expression et à l’accès à l’information.

Mais la très médiatique fermeture de la plateforme d’échange de fichiers Megaupload, également dénoncée par les Anonymous, s’inscrit-elle dans le même contexte ? La question est de savoir si la création de ce type de plateformes, à l’instar d’un wikileaks par exemple, correspond à un acte militant destiné à favoriser la libre circulation d’un savoir, ou au contraire à un acte commercial davantage prompt à favoriser l’enrichissement de ses créateurs par le détournement du bien d’autrui.

La « rebelle attitude » a parfois des relents marketing…