Etoilé au Michelin depuis 1985, le chef Louis Monnier ne déroge pas aux classiques.

Louis Monnier a été élevé au grade de chevalier de l’Ordre du Mérite Agricole, lors de la promotion de janvier 2012. A 64 ans, l’homme préside aux destinés du Restaurant Léa, à Montrevel-en-Bresse depuis 32 ans, maintenant. «Léa, c’était ma belle-mère. Elle tenait un bistrot doublé d’une salle de restaurant, raconte-t-il. A sa mort, en 1966, l’établissement a été vendu. Mais les repreneurs ont déposé le bilan en 1979. Nous l’avons racheté lors d’une vente à la bougie.» Le Restaurant Léa ouvre en 1980.

Apprenti dès l’âge de 15 ans chez la Mère Brazier — «La première femme à obtenir deux fois trois étoiles au Michelin, une grande dame de tempérament, d’une grande rigueur et d’une grande exigence», décrit-il —, Louis Monnier a travaillé pour différentes maisons lyonnaises (Le Nord, Le Chalet du parc…) ou encore au Chapon Fin à Thoissey. Fort de cette expérience, il tâche de se faire rapidement une clientèle. «Certains nous suivent depuis le début», note d’ailleurs le chef qui ne tardera pas à trouver la consécration avec une étoile au Michelin dès 1985.

Derrière une belle façade ocre rouge, le Restaurant Léa, c’est une ambiance feutrée très classique avec une moquette sombre, une collection de poulets en céramique derrière une vitrine, des toiles représentant des poulets ou encore des bouquets de fleurs sur les murs, des fleurs fraîches sur les tables (des tulipes contre le cancer) et une musique douce en fond sonore. La cuisine est à l’avenant. Le Michelin décrit une gastronomie «hors les modes». Le chef assume et revendique, même, ce classicisme et ce traditionalisme. «Ici, vous ne trouverez pas de cuisine moléculaire ou déstructurée, mais des produits identifiables. Et puis, je privilégie la production locale : le poulet, la crème et le beurre de Bresse… J’y suis très attaché» L’homme explique avoir ses habitudes sur le marché de Bourg-en-Bresse pour ses salades, ses épinards, ses côtes de blettes et ses aromates.

Au menu, donc, des grands classiques, foie gras de canard, gratin de homard façon Mère Brazier, traditionnelle poularde de Bresse Miéral à la crème et aux morilles, homard bleu en deux services… La carte ne change pas. Seules les suggestions en entrée ou le poisson proposé en plat principal changent au gré des saisons et des arrivages. Comptez entre 55 euros et 75 euros. Une formule à 30 euros est par ailleurs proposée le midi, elle aussi en fonction des arrivages. Nous avons pu ainsi goûter une rémoulade de saumon, fenouil et céleri, des ris de veau aux champignons et riz sauvage, ainsi que des fraises accompagnées d’un sorbet fromage blanc. Des plats traditionnels mais fins, dont les ingrédients sont vraiment mis en valeur.