Le collectif Annecy solidarité Ukraine sollicite l’aide des entreprises de la région pour fabriquer et financer 5 000 kits de premier secours à destination des Ukrainiens. 5 000 vies sont en jeu.
Arrêter une hémorragie, sécuriser les voies aériennes, prendre en charge des brûlures : tous les jours, des Ukrainiens, engagés volontaires dans la Protection civile, sont confrontés à ces questions vitales. Et les kits de premiers secours manquent cruellement à l’appel. « Ces kits sont le premier besoin qui remonte du pays en guerre », confirment Romain Desbrest et Emmanuel Mieusset, co-coordinateurs et initiateurs du collectif Annecy solidarité Ukraine (Ansouk). D’où le projet de financer, créer et acheminer 5 000 kits, qui pourraient sauver autant de vies.
Annecy solidarité Ukraine n’en est pas à sa première action de solidarité avec ce pays en guerre. Constitué à Annecy au lendemain de l’invasion russe, il a rapidement fédéré un grand nombre de Haut-Savoyards désireux d’aider les Ukrainiens d’une manière ou d’une autre. L’élan de générosité et de solidarité a d’ailleurs été tel qu’en une semaine, le premier convoi envoyé en Pologne (le 4 mars) a rassemblé onze camionnettes !

« Puis, se souvient Romain Desbrest, qui est également le président du Club alpin français d’Annecy, nous nous sommes structurés à la manière d’une entreprise avec des responsables pour chaque pôle. Nous avons aussi mis en place une plateforme de dons grâce à laquelle trois semi-remorques sont partis en Ukraine : le 23 mars, le 26 avril et le 7 juillet ». Le besoin alimentaire et vestimentaire n’est désormais plus la priorité. La priorité est le souffle vital qui peut peut-être passer par un kit de premier secours.

« Nous nous sommes donné pour objectif d’en réaliser 5 000, poursuit-il, sachant qu’une unité revient à 100 euros. Il nous faut donc trouver 500 000 euros. » Le défi est proportionnel au service rendu par ces objets : énorme. Mais les deux co-responsables, qui voient déjà de premières entreprises ou collectivités les aider (Patagonia ou Annecy par exemple), sont confiants dans le tissu économique régional.
A la recherche de fournisseurs locaux
« Les entreprises peuvent nous aider de deux manières, indique-t-il. Soit en nous faisant des dons qu’elles pourront défiscaliser, soit en nous apportant leur savoir-faire pour la confection de certaines pièces. Nous les leur achèterions alors à un prix préférentiel. » Même si elles ne sont pas spécialisées dans ce type de matériel, elles ont peut-être les compétences et l’outillage nécessaires pour les produire. « Un garrot tourniquet est par exemple composé d’une pièce métallique qui sert à serrer, détaille Emmanuel Mieusset, et d’une partie cousue. Or il se trouve que notre tissu économique compte de nombreux décolleteurs et d’entreprises spécialisées dans l’outdoor, qui maîtrisent ces technologies… » L’idée étant de faire des économies d’échelle avec des fournisseurs locaux et engagés.
Pour l’heure, Annecy Solidarité Ukraine, qui a lancé son appel aux dons fin mai, a déjà récolté 40 000 euros. « Nous avons commandé les trousses », précise Emmanuel Mieusset. Mais ces trousses seront vides. Il s’agira bientôt de les remplir avec le matériel que sont habitués à utiliser les Ukrainiens sur le front. Remplies et packagées par les nombreux bénévoles qui se tiennent prêts à agir, elles seront ensuite apportées sur place par le collectif, sans qu’aucun frais de structure n’ait été prélevé au passage.
Pour toute information complémentaire ou pour faire un don : https://www.5000-kits.fr/










Afin de présenter le projet 5000 kits de secours pour l’Ukraine, le collectif Annecy Solidarité Ukraine vient de mettre en ligne un site internet spécifique au projet.
le voici : http://www.5000-kits.fr