Le confinement des humains a t-il profité aux amours des gypaètes barbus ? Toujours est-il que la Vanoise a constaté l’envol de six poussins sur le territoire du parc. Un millésime qualifié « d’exceptionnel ».

Six nouveaux gypaètons ont pris leur envol cet été dans les cieux de la Vanoise. Six couples d’adultes, sur les sept que compte le parc, ont donc réussi à élever leur petit. Une très bonne nouvelle pour l’espèce qui a été réintroduite dans les Alpes après sa disparition au début du XXe siècle.
Ces six « poussins » dont l’envergure atteindra près de trois mètres dans quelques années, ont vu le jour dans les aires de la Daille, à Val d’Isère, pour « Bellevarde » ; aux Chapieux (Bourg-Saint-Maurice) pour « Enzo » ; à Peisey-Nancroix ; à Pralognan-la-Vanoise pour « Nina » ; dans les gorges du Doron (Maurienne) ; et à Bessans pour « Gwaihir ».

Gypaète barbu adulte posé sur un rocher dans le brouillard. Plateau du Mauvais Berger, commune d’Aussois (PNV CP). | Plateau du Mauvais Berger, commune d’Aussois.


Le confinement des humains ce printemps a t-il favorisé cette reproduction qualifiée « d’exceptionnelle » ? Rien ne permet de le dire de façon certaine. Les scientifiques du parc en charge du suivi des animaux observent une croissance des effectifs depuis cinq ans. Ainsi, en 2016, deux reproductions étaient menées à bien. En 2017, elles passaient à trois puis à cinq en 2018 et à six en 2019. C’est donc la deuxième année consécutive qu’autant de gypaètons prennent leur envol.
Pour mieux les connaître, deux d’entre eux (ceux de val d’Isère et de Peisey-Nancroix) ont été bagués et équipés de balises GPS, tout comme leur aîné « Altitude ». Un site internet pour chacun d’entre eux sera disponible en octobre, date à laquelle ces gros bébés devraient commencer à s’éloigner de leur aire de naissance.
La maturité sexuelle du vautour casseur d’os est atteinte à six ou sept ans et, si deux œufs sont pondus par la mère, un seul survivra, l’autre étant poussé hors de l’aire par le plus fort.
Par ailleurs, au centre d’élevage du gypaète de Haute-Savoie, qui a été créé en 2001 et qui a déjà permis la naissance de 14 jeunes, le seul mâle reproducteur (sur les trois couples) vient d’être baptisé du nom d’Envol. Sa partenaire devrait l’être prochainement elle aussi.

Un poussin gypaète bien avant qu’il ne soit près pour son envol. Crédit photo : Julien Heuret.