Terre d'accueil

par | 14 Sep 2015

S’il est un problème devenu crucial au cours de l’été, c’est bien celui de l’immigration clandestine. Pas une semaine ne s’écoule désormais sans que l’on nous annonce une invasion de la gare Eurotunnel, des naufragés sur les plages de Lampedusa, Bodrum ou ailleurs, de morts retrouvés coincés dans une remorque de camions, victimes de passeurs qui semblent avoir oublié depuis longtemps toute notion d’humanité.

Après une succession de drames humains, tous plus horribles les uns que les autres, c’est finalement la découverte du corps d’Aylan Kurdi qui aura bouleversé l’opinion, jusqu’à sans doute faire fléchir la politique européenne en matière d’immigration. Cet enfant syrien de trois ans, retrouvé mort sur une plage de Turquie après avoir tenté de rejoindre la Grèce avec sa famille, est devenu le symbole de l’ignominie et de la honte.

Jusqu’à présent, la France, comme d’autres pays d’Europe d’ailleurs, a eu tendance à ramener ce problème à une simple question d’étymologie. En d’autres termes, ces clandestins qui tentent chaque jour de franchir les frontières de notre pays doivent-ils être considérés comme des migrants ou des réfugiés ? De la réponse dépend bien sûr la politique à appliquer. En effet, la notion de réfugiés liée à l’impossibilité de vivre dans son pays d’origine sans être mis en danger par la guerre, la dictature, la corruption et la barbarie, implique une obligation d’accueil en application du principe d’égalité entre tous les hommes. Les migrants, sont davantage considérés comme de personnes à la recherche d’une meilleure situation économique et plus susceptibles de se voir refuser le droit d’entrée.

Mais avec plus de 60 000 demandes d’asiles officielles déposées chaque année, une évolution exponentielle du nombre de clandestins, un climat politique délétère et une situation économique qui reste encore pour le moins fragile, la France a-t-elle les moyens d’être une terre d’accueil sans créer de déséquilibres supplémentaires ?

Face à la gravité de la situation, et devant l’évolution des mentalités, il convient cependant de trouver une solution rapide, bien que sans doute temporaire. La France s’est ainsi engagée à accueillir 24 000 réfugiés (et non migrants) au cours des deux prochaines années. Elle suit ainsi l’exemple de l’Allemagne, qui s’affirme une nouvelle fois comme le leader de l’Europe réunie. En parallèle, une proposition européenne sera prochainement formulée afin que les efforts ne pèsent pas uniquement sur quelques uns.

Quant à trouver une solution définitive ? Ce n’est qu’à l’échelle planétaire qu’elle pourrait aboutir, en assurant à tous les habitants du globe la possibilité de vivre chez eux en toute sécurité, et en garantissant à chacun un revenu minimum pour se nourrir et se soigner, à l’image d’un RSA mondialisé. Mais les utopies restent généralement des utopies.

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