Deux artistes témoignent de leur travail en résidence avec l’EPCC de Bourg-en-Bresse.

Les artistes, on les voit souvent comme des saltimbanques, traînant leurs guêtres de ville en ville, composant leur art au fil de leur inspiration. C’est d’ailleurs, quelque part, sûrement vrai. Mais le processus de création artistique peut aussi pleinement s’épanouir dans un lieu bien défini. Le théâtre de Bourg offre la possibilité aux artistes de travailler autrement, avec la résidence. « Il existe déjà une longue collaboration avec Petrek, que nous voulons poursuivre sur les trois prochaines années : non seulement un accompagnement artistique et technique mais aussi un accompagnement administratif (comptabilité, budget, suivi de production, communication, diffusion), énonce l’EPCC.

Petrek, qui revêt plusieurs cordes à son art (auteur, compositeur et interprète), présentera l’année prochaine, sa tournée « Oh les beaux jours », co-produite par six théâtres de quatre régions différentes… et notamment fruit de sa collaboration avec le théâtre que l’on connaît bien. « On a ainsi pu répéter plusieurs semaines sur les plateaux du théâtre. Parfois, on aime bien poser ses valises dans la durée, pour travailler encore davantage dans l’épaisseur et plus profondément sur le territoire. » D’ailleurs, cet artiste du cru intervient aux côtés des musiciens du Conservatoire à Rayonnement Départemental, pour créer « des chansons sur la relation que chacun entretient avec son environnement proche », avec des enfants et adultes du quartier de la Reyssouze. « Pour les enfants comme pour les adultes, ce projet permet à la fois de vivre chacune des étapes liées à la création d’une chanson : texte, mélodie, arrangements, répétition, enregistrement… mais aussi de porter un regard artistique croisé sur le quartier par le regroupement et la confrontation de ces créations sur un disque et au cours d’une restitution », précise le théâtre. « D’ordinaire, il est vrai que nous n’avons que peu de temps de rencontre avec les populations, commente Petrek. Ce type de travail permet d’envisager les choses dans la durée. En outre, avec le théâtre, on imagine ensemble un travail sur l’année, portant sur différentes créations et actions culturelles. »

Quant à la jazzwoman Sophie Alour, elle a bénéficié de la résidence au mois de mars, qui a abouti à une prestation époustouflante sur scène. « Nous avions sorti notre disque “La géographie des rêves“ il y a deux ans, à l’issue d’une résidence à La Rochelle, commente-t-elle. Nous avons ensuite construit un partenariat avec le théâtre de Bourg, pour aboutir à cette semaine de travail. Nous sommes arrivés le 9 mars au soir, avons travaillé du 10 au 18, date du concert de Self Motion Pictures. Et pour moi, c’était un enchantement ! Je voudrais tout le temps avoir des équipes comme ça pour travailler ! Le théâtre nous a permis de répéter grandeur nature, avec des équipes et des savoir-faire. C’est un partenariat vraiment précieux. »