L’office de tourisme du lac d’Annecy constate que, si la fréquentation a eu du mal à démarrer en juillet, août a permis de compenser en partie. Sur fond de baisse du pouvoir d’achat.
À l’image de la France, l’été 2024 ne restera pas dans les annales à Annecy et son agglomération. La météo exécrable, les deux week‑ends d’élection, les JO de Paris et l’inflation ont joué les trouble-fête jusqu’à fin juillet. De quoi freiner la fréquentation, qui s’établit à 1,8 million de touristes.
Côté accueil, l’office de tourisme du lac d’Annecy (OTLA) fait état d’un tassement sur les mois d’été, après avoir enregistré une belle progression au premier semestre. Soit 14 302 demandes recensées en juillet et 18 098 en août, en baisse respectivement de 0,5 % et de 1,4 % par rapport à 2023, mais de -8 % et -2 % comparé à 2022.
Les demandes d’activités concernent principalement les loisirs (24,1 %) et la culture (17,5 %). Sans surprise, sur un territoire réputé sportif entre lac et montagnes, les randos et balades à pied concentrent 48,7 % des demandes, suivies du vélo/VTT (20 %) et des croisières (13,7 %). Les sports aquatiques sont moins recherchés (7,7 %).
Un tassement de l’accueil
« Les visiteurs sont très demandeurs d’informations sur la montagne et l’outdoor et moins sur le lac », confirme Michel Guerin, le directeur général de l’OTLA.

S’agissant de la fréquentation globale, force est de constater que la clientèle française fléchit, pour s’établir à 72 %, contre 77 % l’été dernier, « en raison de la baisse du pouvoir d’achat », relève le directeur. L’OTLA reste une structure de proximité, les Haut-Savoyards représentant 12 % des visiteurs nationaux, mais la part des touristes étrangers progresse à 28 % (+5 %). Sans surprise, le Royaume-Uni conserve sa place de leader avec 24 %. S’ensuivent la Belgique et, plus surprenant, l’Espagne, qui reste une exception devant l’Allemagne et les Pays-Bas.
Sur le site internet, qui affiche 860 000 visites uniques cet été (1,5 million sur un an) en provenance de 197 pays, la demande émane majoritairement des Français, à 77,5 % (Aura en tête). Parmi les 2,1 millions de pages consultées, figurent, dans l’ordre : les webcams, les itinéraires de randonnées, les plages, la voie verte du lac, les marchés, les événements, les “immanquables” de la vieille ville, etc. Pour l’accès au site, le smartphone est largement plébiscité (74 %), devant l’ordinateur (19 %), la phablette (5,3 %) et la tablette (1,7 %).

Baisse du pouvoir d’achat
Pour les professionnels du tourisme adhérents à l’OTLA, la saison a été globalement bonne.
« Même s’il existe une vraie tension sur les prix, en baisse », fait remarquer Pascal Droux, à la tête de l’hôtel Les Trésoms et président du Club des hôteliers du lac d’Annecy. « Nous sommes toujours sur le fil et il ne faut pas être plus cher que les concurrents si l’on veut remplir les chambres. »
Selon une enquête menée par l’OT auprès des hébergeurs et prestataires d’activité (78 répondants sur 400 prospects), 25,7 % d’entre eux déclarent une croissance de leur activité, tandis que 44 % disent être en stabilité et 29,7 % en retrait.
Enfin, concernant le surtourisme, dont les médias ont fait leurs choux gras tout l’été, le président André Montaud n’a pas eu de retour des visiteurs, ni enregistré de surfréquentation sur les plages.
S’il reconnaît néanmoins « une concentration dans la vieille ville », il préfère évoquer un « tourisme apaisé », notamment avec la mise en place de dispositifs comme les bus gratuits.
« Les habitants se sont davantage plaints du changement du plan de circulation », enchaîne Michel Guerin.
L’enjeu de l’OTLA (2,5 M€ de budget, 25 salariés), aujourd’hui et demain, sera de réfléchir à la manière d’accueillir les touristes en collaboration avec tous les acteurs du territoire afin de gagner en fluidité et limiter la concentration, et aussi de booster plus encore les “ailes de saison”, pour lisser l’activité sur l’année.
Patricia Rey
Photo à la une : vue sur Annecy et ses environs – crédit photo Gilles Piel









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