Transpolis prend la route

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La plateforme de la plaine de l’Ain finalise son installation. Les premiers clients sont déjà là pour leurs tests.

Et bing ! L’avant droit du véhicule vient de percuter le piéton au niveau du genou. Rebond sur le pare-brise, vol plané. Une demi-heure après, même lieu, même scène. Et la même encore 30 minutes plus tard… Non, vous n’assistez pas à une nouvelle version du film Un jour sans fin mais à un test organisé sur la plateforme Transpolis. Et, rassurez-vous, le piéton n’est qu’un mannequin téléguidé truffé de capteurs.

Né il y a une dizaine d’années en incubation au sein du pôle de compétitivité-cluster LUTB (devenu Cara), le projet Transpolis est, depuis septembre et jusqu’à la fin de l’année, en phase d’installation sur site, à Béligneux (à une trentaine de kilomètres au nord-est de Lyon), mais les tests des clients ont déjà commencé. Implantée sur une ancienne base militaire, dont elle a conservé quelques bâtiments qui permettent à la fois d’abriter les bureaux et de reconstituer un environnement urbain pour les essais, la plateforme s’étend sur près de 80 hectares. À cette échelle, elle est unique en Europe. Sa spécificité ? Proposer infrastructures (routes et autoroute, trottoirs, ronds-points…) et équipements (feux rouges, panneaux, barrières, abribus…) grandeur nature et modulables en fonction des besoins des clients. De quoi réaliser des essais standards, type crash-tests. Mais aussi des expériences spécifiques, que ce soit au niveau des infrastructures (type d’enrobé par exemple), des équipements de voirie ou des véhicules. Les clients sont des fabricants, des constructeurs, des concepteurs et bureaux d’études mais aussi des écoles de formation (conduite des véhicules assistés) ou encore des collectivités. « Nous venons d’accueillir une commune italienne pour des tests de navette autonome : nous avons recréé ici un de ses ronds-points au profil particulier », cite en exemple Alix Nouhaud, responsable relation clients.

Investissements

Transpolis est le fruit d’un investissement de plus de 18 millions d’euros et d’une collaboration entre le public et le privé. C’est le Département de l’Ain qui a acquis les terrains et les loue à l’exploitant qui, lui, a financé l’aménagement. Région et intercommunalités ont également mis la main à la poche pour permettre l’éclosion du projet. Et parmi les actionnaires et les partenaires de la SAS Transpolis, les constructeurs et équipementiers auto et les entreprises liées aux travaux publics côtoient les institutionnels, les organismes de recherche et d’étude et les collectivités. La plateforme emploie déjà une vingtaine de personnes et cherche de nouveaux ingénieurs et experts pour piloter la mise en œuvre des tests. Des essais qui devraient également se développer sous forme de simulation par ordinateur. « Nous travaillons à un partenariat avec IPG Automotive pour la reconstitution 3D de nos installations, conclut Alix Nouhaud. Ce qui permettrait des tests de prévalidations et des débogages. » Des opérations qui n’enlèveront pas le besoin d’essais « en réel » : les mannequins téléguidés ne sont pas près de traverser la rue tranquilles…


Le long chemin des véhicules autonomes

Transpolis Alix Nouhaud @Éric RenevierParmi les actionnaires de Transpolis SAS figurent aussi un transporteur (autocariste) et un assureur. À travers eux, c’est la dimension “usages et usagers” qui est intégrée au cœur de la plateforme. Car les aspects juridiques et sociaux sont autant de freins potentiels au développement de la mobilité autonome. Les humains vont-ils accepter de se laisser conduire dans un véhicule individuel en environnement ouvert ? Qui est responsable en cas d’accident dû à un bug de connectivité inexpliqué entre un feu de signalisation et un véhicule ? Les questions en suspens sont multiples et il faudra donc du temps pour les résoudre. « La généralisation des véhicules autonomes va demander beaucoup de temps, conclut Alix Nouhaud. Mais l’automatisation de fonctions va, elle, se développer rapidement. » Au menu, sécurité et confort, de l’extension des commandes vocales jusqu’au service de « valet de parking » où l’usager pourra quitter son véhicule à proximité d’un parking connecté, le laissant aller seul trouver sa place.


Par Éric Renevier

Une Eco de l'AinCet article est paru dans ECO de l’Ain du 6 décembre 2018. Il vous est exceptionnellement proposé à titre GRATUIT. Pour retrouver l’intégralité des articles de notre hebdomadaire mais aussi de nos suppléments et hors-séries, c’est ICI

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