Le monde politique et l’actualité nous ont encore réservé de belles émotions cette semaine. A commencer bien sûr par cet élan de solidarité des Français pour les réfugiés, notamment syriens, dont l’obligation de quitter leur pays en guerre semble enfin être assimilée par tous (ou presque). A écouter nos dirigeants, on pourrait presque les croire capables d’empathie. Et à défaut, nous reprendrons au moins confiance en notre démocratie, puisque l’opinion publique semble encore capable d’influencer les grandes décisions. Arrêtant provisoirement de danser d’un pied sur l’autre, et n’écoutant que son courage, le gouvernement a en effet accepté de… suivre la majorité. Puisque 53% des électeurs s’avèrent désormais favorables à l’accueil des réfugiés, pourquoi bouder son plaisir de pouvoir défendre, à moindres frais, un idéal social ?

On se prend alors à rêver qu’un tel élan de générosité et d’humanité puisse parcourir le monde et mettre fin à toutes les grandes inégalités et tous les grands dangers de notre planète, nés de la folie des hommes à vouloir à tout prix le pouvoir et l’argent.

Ainsi, pour rebondir sur une autre actualité, peut-on espérer que la COP21 qui se tiendra à Paris à la fin de l’année, et lancée en grande pompe jeudi dernier, permettra enfin des avancées significatives pour lutter contre le réchauffement climatique et éviter la surchauffe de notre planète. Même Barack Obama, s’est fendu il y a quelques semaines d’un discours aussi enflammé qu’inhabituel sur les risques d’un emballement climatique, invitant l’ensemble des nations à multiplier leurs efforts et à accélérer le processus de changement. « Nous n’avançons pas assez vite […]. Le climat change plus rapidement que nos efforts pour y répondre […]. Nous n’avons qu’une planète. Il n’y a pas de plan B », a martelé le Président des États-Unis en introduction de son propre plan de lutte. L’opinion semble également prête à entendre ce message. Les chefs d’Etat suivront-ils ?

Enfin, puisqu’il est question d’idéal, pourrait-on aussi espérer que notre gouvernement entende la voix de la raison en matière d’économie et d’emploi. Pour l’instant, alors que 7 Français sur 10 souhaitent l’abandon des 35 heures, afin de retrouver le chemin de la compétitivité et de l’emploi, le gouvernement continue à freiner des 4 fers, effrayé par quelques syndicats obsolètes campés sur des positions dogmatiques. La réforme du code du travail, aujourd’hui engagée, devrait avoir pour perspective de s’adapter aux contraintes modernes, notamment en favorisant la souplesse et le dialogue, plutôt qu’en s’inscrivant comme un outil d’opposition systématique entre patrons et salariés. Quelles sont les chances que l’on parvienne à ce résultat ? Le gouvernement devrait continuer à s’inspirer de l’opinion….