Vendanges en Bugey : Une année exceptionnelle

par | 15 septembre 2017

Les éléments ont soufflé le chaud et le froid sur l’appellation Bugey, pour le meilleur en qualité et pour le pire en quantité.

Les vendanges dans le Bugey se situent habituellement autour de la mi-septembre. Elles ont commencé cette année avec deux semaines d’avance, dès le 25 août pour les parcelles les plus précoces. Le cru 2017 s’annonce exceptionnel en termes de qualité, mais peu généreux en termes de quantité. « La particularité du millésime est étroitement liée à un début de végétation extrêmement précoce provoqué par des températures très chaudes en avril. Les gelées qui ont suivi à la fin de ce même mois ont alors fait énormément de dégâts sur les exploitations. On avait estimé que deux tiers de l’appellation étaient gelés », explique Éric Angelot, président du syndicat des vins du Bugey qui s’attend à n’avoir que 40 % d’une récolte normale sur l’appellation. Le phénomène est bien sûr assez inégal. Certaines parcelles ont vécu à la fois le gel au printemps et la grêle en été, voyant tomber leur rendement de 80 %. D’autres ont été épargnées et donneront une récolte tout à fait normale.

Pallier les aléas

Très peu d’exploitations viticoles de l’Ain sont assurées contre les pertes de récolte. Mais, la solution n’est pas là, pour Éric Angelot. « Cela ne couvre pas tout et ce n’est pas rentable pour une appellation comme la nôtre, estime-t-il. De même, les aides France Agrimer sont conditionnées à tellement de mises aux normes et à des contrôles tellement draconiens que beaucoup d’exploitants se sont découragés de les demander. Non, la solution, c’est travailler sur plusieurs leviers. L’assurance en est un. Le stockage de jus d’une année sur l’autre en est un autre. À l’exception du Cerdon qui est particulier à vinifier, on peut imaginer constituer progressivement environ six mois de stock pour la vinification des rouges, des blancs et des vins champagnisés. C’est sans doute le meilleur moyen d’anticiper les aléas climatiques. Nous avons également la possibilité de faire des placements défiscalisés en trésorerie, toujours pour pallier ce risque. Cela se pratique beaucoup dans les régions viticoles à plus forte valeur ajoutée. Sur une appellation comme la nôtre, à moins de 10 euros la bouteille, c’est plus compliqué. Et il reste la question des jeunes exploitations qui ne disposent ni de stock de fonctionnement, ni de réserves financières. Mais, avec le niveau de fiscalité auquel sont soumises nos exploitations, on pourrait aussi compter sur un peu de soutien public, surtout pour des événements qui se produisent trois fois par siècle. On n’a en effet connu de gelées d’une telle ampleur qu’en 1945, 1991 et 2017. »

Changement climatique ?

Cette année particulière est-elle un indice de plus du réchauffement climatique ? « Nous avons toujours eu des calamités. La question est de savoir si nous en aurons davantage ou pas. Il est clair qu’une augmentation des masses d’eau pourrait amplifier le risque de gel, relève Éric Angelot. Mais, 2017 restera un millésime particulier. Nous avons des stations météo pour le suivi de la vigne. Celles-ci avaient enregistré, au moment de la récolte, un niveau d’ensoleillement 30 % supérieur à la moyenne des cinq dernières années. D’ailleurs, en plus des dégâts liés au gel ou à la grêle, les appellations du sud de la France souffrent de la sécheresse. Je me suis insurgé contre les propos du ministre de l’Agriculture qui laissaient entendre que nous n’aurions que 18 % de pertes de récoltes à l’échelon national. Nous serons bien au-delà. »


Par Sébastien Jacquart

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bourse : tout voir >

PUBLIEZ VOTRE ANNONCE LÉGALE EN LIGNE

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

Les subventions représentent 16,7 % du chiffre d’affaires agricole de la Savoie et 13,6 % de celui de la Haute-Savoie, contre 8,9 % en France métropolitaine.

ABONNEZ-VOUS

10.90€ / mois
Paiement CB sécurisé
Déblocage immédiat
Tous les contenus premium
Résiliable à tout moment

À lire également :

Tourisme : deux jours dans l’Avant-Pays savoyard

L’Avant-Pays savoyard pourrait être considéré comme l’antichambre des Alpes. Erreur d'appréciation : le statut de « pays avant  » implique de faire preuve d'une grande humilité tout en cultivant une identité forte. Ce terroir d'entre-deux...

Annecy : un nouveau siège pour NTN Europe

Après deux ans de travaux et 40 millions d’euros d'investissement, le groupe industriel NTN Europe s’installe dans des locaux pensés pour accélérer ses développements. À l’entrée d’Annecy, face à la rocade, l’immense bâtiment de bois ne passe pas inaperçu. Les...

Chaudronnerie : Satil Corporation se structure pour redresser la barre

Reprise dans le cadred'une procédure judiciaire en décembre 2024 par Damien Duranton et Romy Malnoue, Satil Corporation remonte en selle. Le jeune couple de dirigeants bat le fer tant qu'il est encore chaud pour sauver l'entreprise sexagénaire basée à Yenne. La...

Industrie : CTI&A a investi 1,4 M€ pour monter en puissance

Installée à Aiton, CTI&A est spécialisée dans la tuyauterie industrielle. La PME a plus que triplé la surface de ses ateliers en 2025 et commence à conquérir de nouveaux marchés. Fondée à Aiton en 2009 par Taner Salkim et son épouse Aysel, en charge de...

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire (chaque lundi à 7H00)

Linkedin

Suivez-nous sur nos pages Linkedin dédiées à l'économie de vos territoires

Abonnement

Restez informé.e en vous abonnant à nos publications économiques

Annonce légale

Devis instantané, publication et attestation sans délai, paiement CB sécurisé