Verallia récupère sa chaleur fatale

par | 29 Sep 2022

Dans un contexte de crise énergétique, l’usine s’apprête à convertir l’énergie de ses fours en électricité.

« Nous souhaitons atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et réduire nos émissions de 46 % d’ici 2030. C’est un sujet important en ce moment avec les problématiques liées à l’énergie et aux émissions de CO2 », martèle Patrice Copin, dirigeant de l’usine Verallia de Lagnieu, lors d’une visite préfectorale le 20 septembre. Pour atteindre ces objectifs, l’entreprise s’apprête à s’équiper d’un système de récupération de chaleur fatale avec un ORC (Cycle organique de Rankine en français). La fumée issue des fours passera par un électrofiltre, puis par un échangeur de chaleur avec un premier circuit à l’huile, avant de transmettre son énergie à un circuit organique, puis une turbine et un alternateur pour générer de l’électricité. « Nous allons travailler avec Enertime qui a une expertise dans ce domaine de récupération de l’énergie fatale. » Ainsi, Verallia fournira la chaleur à Enertime, qui s’occupera du financement, de l’installation et de la maintenance des appareils produisant l’électricité. Cette dernière est ensuite consommée par Verallia moyennant une redevance. Le procédé devrait générer environ 1 mégawatt électrique (MWe), soit environ 10 % de la consommation de l’usine. « Cet ORC sera le premier à être installé dans une usine de production en France », se réjouit Charles Huguet, responsable de développement stratégique d’Enertime. L’installation devrait débuter en 2023, pour une mise en service l’année suivante.

Soutenu par l’État

Ce projet trouve ses racines dans un appel à projets « Efficacité énergétique des procédés et des utilités dans l’industrie (IndusEE) » lancé par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Ce dernier visait, dans le cadre de France Relance, à soutenir l’investissement de programmes d’envergure dans l’efficacité énergétique pour appuyer la transition de l’industrie française et réduire les émissions de CO2. Un cadre qui a permis a l’ORC de se voir financer par France Relance à hauteur de 1,6 million d’euros sur un total de 6 millions.

Le système devrait fonctionner au moins jusqu’à début 2030. « Nous venons de changer nos fours en 2019 et 2020, pour un montant d’environ 50 millions d’euros. Ceux-ci devraient durer de dix à douze ans, ensuite nous envisageons de passer sur de l’électrique », précise Patrice Copin. Une technologie qui ne produirait alors plus assez d’énergie résiduelle pour en récupérer la chaleur fatale. Les installations ne seront toutefois pas perdues puisque Enertime pourra les réutiliser sur d’autres sites.

Un acteur majeur

Le groupe Verallia, fondé en 1827, est le troisième producteur mondial d’emballages en verre pour les boissons et les produits alimentaires. L’usine de Lagnieu, spécialisée dans la fabrication de pots, ne compte pas moins de 300 salariés et existe depuis 1924. « Du gaz avait été trouvé sur place, pas beaucoup malheureusement, mais l’usine est restée. Le comble c’est qu’aujourd’hui, l’entreprise fonctionne à 100 % au gaz. Sur le site, nous produisons des pots d’emballage en verre pour l’alimentaire. Nous avons de grands clients comme Ferrero, Lactalis, Nestlé et plein d’autres », sourit le dirigeant. Chaque jour, l’usine produit plus de quatre millions de pots, soit l’équivalent de 225 000 tonnes par an.


6M €

C’est le coût du projet de l’ORC, supporté par Enertime.


Joséphine Jossermoz

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