L’annonce, il y a une semaine, de la Banque Nationale Suisse d’abandonner son action en faveur d’un taux de change plancher avec l’euro (1,20 CHF pour 1 EUR), a entraîné la valorisation du franc de près de 20% face à l’euro.

La nouvelle a été accueillie avec enthousiasme par les frontaliers qui, en quelques heures, ont vu leur pouvoir d’achat grimper fortement. Même enthousiasme du côté des commerçants du pays de Gex : «Le week-end a été impressionnant dans les magasins, confirme Jean Tritenne, directeur de l’agence de développement du pays de Gex. C’était la ruée, à se demander si les Suisses n’étaient pas là pour acheter les magasins tout entiers.»

À court termes, le renforcement du franc devrait avoir une répercussion positive sur l’économie de la région frontalière. Mais les effets de ce bouleversement restent flous à plus long terme. Du côté des frontaliers, les chanceux ayant signé un contrat de change à terme, avec leur banque, vont bénéficier du change pendant au moins un an. Jean Tritenne reconnaît que le risque inflationniste n’est pas à écarter. C’est l’immobilier, déjà élevé, qui pourrait être révélateur de cette hausse des prix. La crise de l’économie suisse, annoncé depuis une semaine, pourrait impacter les frontaliers en premier lieu.

Le grand perdant de la parité Euro-Franc est le conseil général : «10% de notre encours est assis sur la parité Euro-Franc, cela correspond à 42 millions d’euros. La hausse des taux représente 2 à 4 millions d’euros d’intérêts d’emprunt pour la seule année 2015», résume Christophe Greffet, le vice-président chargé des finances.