Train : 170 millions pour que la vallée de l’Arve ne reste pas à quai

par | 26 Jan 2022

Destiné à augmenter le nombre de trains, le projet de modernisation de la ligne ferroviaire entre La Roche-sur-Foron et Saint-Gervais devrait être soumis à enquête publique à l’automne 2023.

À voie unique, la ligne ferroviaire reliant La Roche-sur-Foron à Saint-Gervais a été mise en service à partir de 1890. Le système de sécurité qui contrôle l’espacement des trains date de 1951 et a été modernisé en 1989. « Il est complété par des mesures de sécurité basées sur une succession d’actions humaines qui génèrent des temps d’attente en gare de plus de cinq minutes. Ces procédures limitent à quarante le nombre de trains par jour », indique Jean-Dominique Lasserre, responsable de la maîtrise d’ouvrage du projet de modernisation de la ligne pour SNCF Réseau.

52 trains par jour au lieu de 38

Ce très attendu projet de modernisation vise à améliorer la qualité de service (régularité, information en temps réel des voyageurs) et à accroître les circulations, avec 52 trains par jour au lieu de 38. « Partie prenante du plan de protection de l’atmosphère de la vallée de l’Arve, il poursuit la dynamique amorcée avec la mise en service du Léman Express, en 2019. Essentiellement réalisé dans les emprises ferroviaires actuelles, il implique un arrêt d’exploitation de la ligne durant les deux années de travaux », précise Jean-Dominique Lasserre.

L’enveloppe de travaux est estimée à 170 millions d’euros (M€), répartis entre la signalisation et les systèmes de sécurité (63 %), la voie (13 %), les télécoms et l’énergie (13 %), les ouvrages en gare (8,5 %), le numérique (2,5 %). Les accords de financement restent à finaliser entre SNCF Réseau et ses partenaires (État, Région, Département).

Des systèmes de contrôle informatisés

Parmi les grosses opérations prévues, la construction d’un centre de contrôle dans l’enceinte du pôle d’échanges multimodal d’Annemasse-Ville-la-Grand est particulièrement importante. Doté des dernières technologies, le pôle rassemblera les opérateurs chargés, à distance, de réguler et fluidifier le trafic. Des systèmes informatisés remplaceront les dispositifs de sécurité existants dans les gares, où différents travaux sont par ailleurs prévus. Des ouvrages sécurisant la traversée des voies seront construits à Cluses, Marignier, Saint-Pierre-en-Faucigny, Saint-Gervais et La Roche-sur-Foron. Au programme encore, l’augmentation de la puissance des installations électriques qui alimentent les trains.

Le bilan de la concertation organisée fin 2021 sera dressé en mars prochain et présenté aux partenaires et financeurs afin de décider des évolutions à intégrer. Le calendrier prévisionnel table sur une mise à l’enquête publique fin 2023 pour un début des travaux en 2024-2025.

« insuffisant » pour les associations environnementales

Dans un communiqué commun diffusé fin 2021, quinze associations de défense de l’environnement se réjouissent de cette modernisation et de la montée en puissance de l’offre ferroviaire mais jugent l’investissement insuffisant. Selon elles, le budget prévu de 170 M€ devrait être entièrement reporté sur la section La Roche-Cluses, afin d’inclure d’autres travaux, envisagés ultérieurement, comme le doublement de la voie entre Saint-Pierre-en-Faucigny et Bonneville et celui du viaduc de La Roche. « Si ces travaux dépassent le budget déjà négocié, il faudra rechercher des financements supplémentaires, afin de proposer aux habitants et aux visiteurs un service ferroviaire adapté à leurs besoins et aux enjeux sanitaires et climatiques », affirment-elles en préconisant, dans une seconde étape, la modernisation de la section Cluses-Saint-Gervais. Ce schéma alternatif aurait, selon elles, le mérite de limiter les périodes de fermeture de la ligne pour travaux.


Sophie Boutrelle
Crédit photo : Terra Publica – SNCF Reseau – GIlles Bertrand

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