Frank&Pignard est repris par ses actionnaires et change de nom

par | 31 juillet 2020 à 17H53

L’ex-fleuron du décolletage, en redressement judiciaire depuis le 2 juin, est repris par trois de ses actionnaires actuels. Il va être rebaptisé, faisant ainsi disparaître le nom historique de Frank&Pignard. Socialement, la note est très lourde.

La candidature de dernière minute d’ACI Groupe n’a donc pas retenu l’attention du tribunal de commerce d’Annecy. Ce dernier, sans vraiment de surprise, a validé, vendredi 31 juillet en milieu de matinée, la reprise de la société de décolletage Frank&Pignard, en redressement judiciaire depuis le 2 juin, par la holding Bionnassay M&P Technology, qui n’est autre que son actionnaire depuis deux ans.

Basée à Vougy, Bionnassay M&P Technology a en effet été constituée en 2018, déjà pour reprendre Frank&Pignard (ainsi que Précialp), suite à la liquidation du groupe Maike Automotive. Elle comptait alors quatre actionnaires : les décolleteurs haut-savoyards Alpen’tech (dirigé par Marc Horellou) et Kartesis (Pierre Zavarise), l’équipementier automobile de l’Ain MGI Coutier, depuis renommé Akwel et le Crédit Agricole des Savoie via son fonds CADS Capital. Mais pour cette deuxième reprise de Frank&Pignard Kartesis n’est plus partie prenante.


Environ 140 emplois conservés

Dirigeant de Frank&Pignard, Marc Horellou soulignait, dans Eco du 12 juin, le rôle déterminant de la Covid-19 dans les difficultés rencontrées par l’entreprise. Néanmoins avant même la crise sanitaire Bionnassay M&P Technology, malgré des améliorations sur la qualité et les délais de livraison, n’était pas parvenue à réaliser le «le redressement et la consolidation de l’activité» promis en 2018, au moment de la première reprise.

A l’époque, le communiqué officiel expliquait que «Alpen’Tech, Kartesis, Frank & Pignard et Precialp constitueront un ensemble cohérent dans le domaine de la mécanique de précision. Ils entreront ainsi dans le top 5 mondial, avec des synergies industrielles de nature à renforcer la position de chacune des entités auprès des constructeurs et des équipementiers automobiles mondiaux.»

Socialement, cette reprise porte sur 138 emplois selon Marc Horellou (128 selon les sources syndicales), contre 104 lors du dépôt initial de l’offre, il y a quelques semaines. Il y a donc eu une amélioration sur ce point dans le cadre des discussions avec les administrateurs judiciaires en charge du dossier (cabinet AJ Up) et avec le tribunal de commerce. Mais cela reste seulement 128 ou 138 sur les 365 que compte encore la société de Thyez. Il y donc 227 à 237 suppressions, soit près de deux tiers des effectifs. Pour mémoire, l’ex-fleuron, qui était alors la plus importante entreprise de décolletage de la Vallée de l’Arve, employait 1 050 salariés (hors intérim) lorsqu’il a quitté le giron de la famille fondatrice, en 1998.


«Frank&Pignard, c’est fini !»

«Frank&Pignard, c’est fini !» Lâchée par un syndicaliste dépité, la phrase est à double sens. Au sens second, notre interlocuteur se montre dubitatif sur l’avenir de l’entreprise reprise à la barre du tribunal, ayant vécu de l’intérieur sa terrible dégringolade au fil des deux décennies écoulées. Mais cette phrase renvoie surtout au changement de nom de la société. Qui dit reprise au tribunal, dit changement de nom. En 2018, les repreneurs avaient «voulu conserver le nom de Frank&Pignard pour lui redonner ses lettres de noblesse, rappelle Marc Horellou. Mais plusieurs clients nous ont ouvertement dit que l’image de l’entreprise avait été écornée avec le temps et que tous ceux qui se souvenaient encore de Frank&Pignard avec une bonne image étaient à la retraite.» Du coup, avec cette nouvelle reprise, pas question de conserver l’appellation historique: dorénavant, il faudra parler de Precialp Industry.

Un nom qui renvoie bien sûr à Precialp Technology, l’autre société reprise par la holding Bionnassay lors de la liquidation de Maike automotive, en 2018. Deux sociétés soeurs, donc, mais bien distinctes juridiquement. «La nouvelle appellation traduit à la fois notre métier et notre localisation et elle se prononce facilement dans diverses langues», conclut Marc Horellou. Sans parler des synergies possibles avec la société soeur en matière de communication.

Alors c’est surtout dans la symbolique qu’il faut l’entendre mais oui, effectivement, «Frank&Pignard, c’est fini».

Plus d’infos à venir sur ce site et sur Eco Savoie Mont Blanc du 7 août 2020.



A lire aussi :




Frank et Pignard placée en redressement judiciaire le 2 juin 2020, un article d’Eco Savoie Mont Blanc du 12 juin 2020 = > pdf à télécharger ou à lire dans notre liseuse en ligne (page 12).





Un seul candidat à la reprise de Frank&Pignard, un article d’Eco Savoie Mont Blanc du 3 juillet 2020 = > pdf à télécharger ou à lire dans notre liseuse en ligne (page 17).




Un deuxième candidat se manifeste finalement, un article exclusif de www.groupe-ecomedia.com




Photo du haut : le site de Ternier, vue depuis la Route de la Plaeine, à Thyez. Photo : Eric Renevier – Juin 2020

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bourse : tout voir >

PUBLIEZ VOTRE ANNONCE LÉGALE EN LIGNE

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

-3,4 % : ce chiffre d’affaires des entreprises industrielles continue de reculer en 2025 en Savoie Mont Blanc et ce, pour la 3e année consécutive.

ABONNEZ-VOUS

10.90€ / mois
Paiement CB sécurisé
Déblocage immédiat
Tous les contenus premium
Résiliable à tout moment

À lire également :

Un nouveau modèle immobilier pour les hôpitaux suisses ?

Face aux besoins croissants d’investissement dans les infrastructures de santé, un nouveau modèle immobilier se développe en Suisse, consistant à dissocier la propriété des bâtiments de l’exploitation médicale pour permettre aux hôpitaux de se concentrer sur leur...

Savoie : la station thermale de La Léchère en mauvaise forme

Dans un récent rapport, la Chambre régionale des comptes pointe la situation financière dégradée des thermes de La Léchère et des irrégularités. Les thermes de La Léchère (2 500 habitants) ont vu leur état de santé s'aggraver avec la crise sanitaire. Gérés par la...

Cédric Lieudenot, dirigeant de Cosea

Ain : Cosea toujours plus spécifique

En filialisant ses activités de transport et de stockage, l’entreprise libère de l’espace sur son site de Viriat, afin d'accompagner le développement de marchés à forte technicité. Entreprise de traitement de surface pour le nucléaire, l’industrie, les structures...

L’équipe de Didier Signalétique. © Didier Signalétique

Ain : Didier Signalétic rejoint Scadra Group

Fondé en 1975 à Bourg-en-Bresse par Norbert Didier, le leader burgien de la signalétique a officiellement changé de mains le 8 janvier dernier. À la suite de discussions engagées à l’initiative de Scadra Group, spécialisé dans les services aux industriels, Béatrice...

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire (chaque lundi à 7H00)

Linkedin

Suivez-nous sur nos pages Linkedin dédiées à l'économie de vos territoires

Abonnement

Restez informé.e en vous abonnant à nos publications économiques

Annonce légale

Devis instantané, publication et attestation sans délai, paiement CB sécurisé