Une filière jouet en transition

par | 16 Déc 2022

il y aura des jouets pour Noël. Mais les fabricants, très présents en Pays de Savoie, disent faire face à une certaine frilosité des consommateurs. Cela ne les empêche pas de continuer à verdir leurs produits.

Le secteur du jeu et du jouet, essentiellement composé de PME et de petites structures, se montre plutôt partant pour verdir ses produits. C’est que les crises – énergétique et des matières premières – n’épargnent pas le secteur. Simon Villiot, un des fondateurs de Blam !, en Haute- Savoie, affirme que « certains produits ont pris 40 voire 50 % du fait des hausses des coûts du papier, du transport ».

Société à mission depuis septembre, Maped (200 millions d’euros de chiffre d’affaires annoncé en 2022 avec 1 500 personnes) se préoccupe aussi de l’impact de ses produits ; tandis que Juratoys, rachetée en octobre (siège à Orgelet, dans le Jura, 80 M€ de CA 2022 avec 200 personnes, marques Janod, Kaloo, Lilliputiens…), va chercher la certification B Corp. La relocalisation d’une partie des productions est ainsi à l’ordre du jour (« Juratoys a commencé à rapatrier des références de puzzles en France », annonce le président Romain Lacroix), même s’il s’agit nécessairement d’une démarche de moyen terme : « Elle suppose de s’organiser en interne, d’acheter différemment.

Le secteur du jeu et du jouet, essentiellement composé de PME et de petites structures, se montre plutôt partant pour verdir ses produits. C’est que les crises – énergétique et des matières premières – n’épargnent pas le secteur.

Mais importer des produits d’Europe plutôt que de Chine fait sens, bien sûr. » Le groupe réfléchit à d’autres actions : « Le développement du jeu d’occasion ou de seconde main nous semble une piste intéressante, en partenariat avec les distributeurs. Et nous poursuivons des partenariats avec le WWF ou le label “Jouez engagé” », assure le président.

Plasticodépendant

Reste que le secteur du jouet est souvent plasticodépendant. « Nous avons une histoire avec cette matière fantastique », convient Romain Lacroix. « La question est de trouver des alternatives crédibles. Quant au bois, il faut savoir que le moins cher vient de Chine, d’Ukraine ou du Kazakhstan… Le dossier des matières premières est central mais complexe. » De son côté, la startup Le Jouet simple, à Savoie Technolac, a fait de la qualité environnementale le coeur de son offre, avec des jouets écoconçus, consignés, volontairement mixtes et intemporels.

« Nous travaillons sur la gamme du Noël prochain, avec cinq à six produits pour les 3-5 ans. Nous ne sommes pas sur des produits “tendances” : nos jouets seront encore là dans dix ans. » Quant à l’éditeur Blam ! (quatre salariés directs faisant vivre un écosystème d’une dizaine d’indépendants), il n’a pas attendu la crise pour se mobiliser sur les enjeux environnementaux. « Au sein de l’Union des éditeurs de jeu, je porte la commission sur l’écoresponsabilité », explique Simon Villiot.

« Nous sommes à peu près partis de zéro : il existait peu d’études sur l’impact environnemental de notre secteur. Nous venons de sortir un livre blanc de l’écoconception, afin de donner aux éditeurs les outils nécessaires pour faire de vrais choix. Et nous réfléchissons à la mise en place d’un écoscore. Pas question de juste enlever la cellophane autour des paquets : le secteur, constitué de petites structures avec des convictions, veut vraiment avancer. Chez Blam !, nous travaillons déjà quasiment exclusivement en France ou en Europe. »

Un Noël plus responsable

La fédération des industries du jouet-puériculture et celle des commerces spécialistes des jouets et des produits de l’enfant s’allient à l’organisme Écomaison pour lancer une filière de récupération des jouets usagés. C’est en fait une obligation légale, dans le cadre de la responsabilité élargie des producteurs portée par la loi Agec. Les objectifs restent modestes : parvenir à collecter, en 2024, un tiers des jouets annuellement mis sur le marché – environ 33 000 tonnes – et en réemployer 20 %.

Mais, sur le terrain, de nombreuses initiatives fleurissent : préférence pour le bois issu de forêts gérées durablement, relocalisations, efforts d’écoconception, allongement des durées de vie, réduction des emballages, développement d’un marché de jouets d’occasion ou en location, de services de pièces détachées… Hasbro, dont le siège France est à Savoie Technolac, a rejoint l’initiative Science Base Targets pour tendre, à l’horizon 2050, vers le “zéro émission nette de carbone”.

Retrouvez le dossier complet dans le magazine ECO Savoie Mont Blanc du 16 décembre 2022 >>


Philippe Claret

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