Lutte contre le cancer : Hope redonne de l’espoir aux femmes malades

par | 7 Mar 2025

Hope, l’association haut-savoyarde de soutien aux femmes atteintes d’un cancer lance une opération de collecte de fonds pour intensifier son action.

“72 heures chrono, trois jours pour transformer des vies” est le nom de l’opération de collecte de fonds que s’apprête à lancer, du 11 au 13 mars, l’association saint-cerguoise Hope. Des dons qui seront destinés à soutenir des femmes atteintes d’un cancer, quel qu’il soit. 72 heures, c’est court pour récolter 300 000 euros.

C’est encore plus court lorsque ce n’est même pas le délai qu’on vous impose pour prendre une décision capitale : la chimiothérapie ou la mastectomie. C’est, en substance, le choix cruel que la cofondatrice de l’association, Annabel Brourhant, a dû faire en 2014, après le diagnostic de son premier cancer. « On me l’a annoncé le 27 mai, se souvient-elle, et j’ai été opérée une semaine plus tard. Trois semaines après, je remontais à cheval. »

Passionnée par les chevaux, cette mère de trois enfants vient alors tout juste de réaliser son rêve de gamine : avoir son écurie, Les Écuries du château de Neydens, à Saint-Cergues. « Et tout à coup, c’était : soit on m’enlevait le sein, soit je rentrais dans un protocole de chimiothérapie et de radiologie. J’ai immédiatement choisi l’ablation du sein. Ce qui comptait pour moi, c’était de pouvoir remonter en selle le plus vite possible. »

Son dossier médical prend pourtant rapidement l’allure d’un parcours de saut d’obstacles, avec de multiples récidives. « J’en suis à mon quatrième cancer et les médecins me surveillent désormais comme le lait sur le feu », confie-t-elle.

65 % des femmes accueillies lors d’un stage chez Hope reprennent ensuite le travail ou se lancent dans un projet personnel.

Équithérapie et arts

Depuis, Annabel Brourhant vit sa vie au grand galop. En 2017, elle fonde Hope avec son chirurgien oncologue, Nicolas Chopin. Basée aux Écuries du château de Neydens, l’association aide les femmes touchées par un cancer grâce à l’équithérapie et aux médias artistiques (peinture, chant, danse, théâtre…). « N’importe quelle femme est la bienvenue, quel que soit son type de cancer », précise-t-elle. Des séjours de cinq jours (pour douze personnes), totalement gratuits pour les participantes, y sont régulièrement organisés, mêlant chant, danse, arts et équithérapie.

« Le but du stage est de se reconstruire, d’accuser le coup et de ne plus être dans le déni de la maladie. Le contact avec le cheval aide au lâcher-prise, qui est le début de la reconstruction. »

Il s’agit aussi de prévenir des conséquences négatives telles que l’isolement, la dépression sévère, l’angoisse et la perte d’espoir. Psychologues, équithérapeutes et art-thérapeutes encadrent les stagiaires avec bienveillance. Huit séjours sont programmés cette année, contre trois en 2023. « Et nous espérons en proposer dix l’an prochain, si nous réussissons à collecter suffisamment d’argent. »

Au fil des années, Hope s’est fait connaître et a grandi, essaimant dans sept antennes en France et une en Suisse. « Ces centres ne font pas de stages, mais organisent des journées d’immersion et des après-midi. » Tout cela a un coût. Le budget annuel de Hope est de 700 000 €, qu’Annabel Brourhant et son équipe de bénévoles réunissent grâce à diverses opérations, dont les “72 heures chrono”, un gala – qui aura lieu le 14 octobre au Pavillon Gabriel, à Paris – et des sponsors.

« J’ai également écrit une comédie musicale, “Elles étaient une fois, les Hoptimistes”, qui tourne depuis deux ans en France. Elle met en scène une trentaine de femmes en rémission ou en traitement et porte un message sur le cancer : sensibilisation à la prévention, démystification de la maladie et encouragement des patients ainsi que de leurs proches », raconte la fondatrice. Une représentation sera donnée le 29 mars au collège du Sacré- Coeur de Thonon-les-Bains, puis le 29 juin au théâtre de la Tour Eiffel, à Paris, suivie d’une conférence de Thierry Lhermitte.

700 femmes accueillies

Depuis sa création en 2017, Hope a accueilli 700 femmes lors de stages et de journées de découverte. Un chiffre que sa cofondatrice, toujours bénévole, veut faire grandir. « Avec les fonds que nous récolterons, nous voulons à la fois organiser plus de stages et ouvrir d’autres antennes pour qu’aucune malade ne soit à plus de 100 km d’un centre », conclut-elle. Rendez-vous sur la plateforme en ligne Charidy (charidy.com/hope), où le montant de chaque don sera doublé par un grand donateur.

De plus en plus de centres

En plus du siège de Saint-Cergues, Hope compte huit antennes basées dans des centres équestres : à Maisons- Laffitte (78), Montpellier (34), Saint-Martin-Lestra (42), Pertuis (84), Ascain (64), Vigneux (44), Castres (81) et Genève (Suisse). Toulouse va ouvrir bientôt. Un des objectifs de la collecte “72 heures chrono” est de pouvoir en ouvrir d’autres, pour se rapprocher des patientes. Quelque 700 femmes ont d’ores et déjà bénéficié de stages ou de journées de découverte. L’association d’Annabel Brourhant (photo) souhaite en accueillir 500 nouvelles en 2025 et 2026.

Plus d’infos sur : https://hope-association.com/

Au-delà de la cause, ne pas oublier la causalité

Comme nous l’expliquions dans notre article sur la loi anti-PFAS, la liste des maladies associées à une exposition aux PFAS (polluants éternels) ne cesse de s’allonger : cancers, infertilité, atteintes rénales et hépatiques, affaiblissement du système immunitaire… Des analyses scientifiques établissent également un lien avec des pneumonies infantiles, l’obésité et une augmentation du taux de cholestérol chez l’adulte. Chez les femmes, ces substances sont suspectées de favoriser le cancer du sein, le diabète, l’endométriose et le syndrome des ovaires polykystiques. Pourtant, les industriels fabriquant ces composés connaissent leur toxicité depuis 1961 et leur persistance dans le sang depuis 1975.

Une enquête menée par Le Monde et 29 médias partenaires met en lumière le coût astronomique de la dépollution en Europe, ainsi que l’ampleur du lobbying déployé par les industriels pour éviter toute interdiction des PFAS. Cette investigation soulève plusieurs questions cruciales : quel est l’impact financier de cette pollution pour nos sociétés ? Comment mettre en place une décontamination efficace ? Qui en assumera les coûts ? Quelle est la part de responsabilité des États ? Et comment les lobbies s’organisent-ils pour freiner les régulations censées protéger la population ? Autant d’interrogations qui restent en suspens.


Sylvie Bollard et Groupe Ecomedia

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