En décembre dernier, le Conseil d’État genevois dévoilait sa stratégie ferroviaire pour les vingt-cinq prochaines années dont l’élément majeur est la création d’une liaison souterraine entre le pied du Jura et le pied du Salève, qui passerait sous la rade.
Deuxième agglomération suisse, Genève est située au coeur d’une métropole transfrontalière de plus d’un million d’habitants qui connaît une forte croissance démographique et économique. Dans ce contexte, la question de la mobilité est essentielle puisque la population et les emplois dans la région génèrent quotidiennement près de 2,5 millions de déplacements, tous modes de transport confondus.
Les échanges transfrontaliers sont un élément clé de la mobilité à Genève avec 70 % des prestations kilométriques effectuées en voiture en relation avec les territoires adjacents, dont 40 % vers le canton de Vaud, 23 % vers la vallée de l’Arve et le Chablais, 20 % vers l’Ain et 15 % vers le sud du canton de Genève.
Les différents axes de la stratégie Rail 2025-2050 du canton comprennent notamment le renforcement de l’offre du Léman Express du côté français et l’amélioration des liaisons internationales avec la ligne Genève-Lyon, mais surtout la création d’un nouvel axe nord-sud à Genève qui prendrait la forme d’une liaison souterraine entre le pied du Salève et le pied du Jura.
Elle passerait par le coeur de l’agglomération et desservirait « les zones urbaines denses de part et d’autre de la frontière, avec un système de train léger ».
Jusqu’à 160 000 passagers par jour
La liaison, dont le tracé n’est pas encore arrêté, mais dont l’une des options possibles comprend un passage sous le lac, serait assurée par un train léger, similaire aux métros modernes. La ligne, longue d’une vingtaine de kilomètres et qui ne serait pas directement reliée au réseau CFF, pourrait desservir près de la moitié des habitants du Grand Genève, soit environ 500 000 personnes, et 70 % des emplois du canton grâce à des gares accessibles à moins de 750 mètres.
La ligne permettrait de transporter quotidiennement jusqu’à 160 000 passagers, du CERN à Saint-Julien en passant par la rade de Genève, en une trentaine de minutes avec une cadence toutes les trois minutes. Plutôt que de s’adresser au fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF) de la Confédération, le Conseil d’État entend financer à hauteur de 50 % le projet estimé à 4 milliards afin de gagner du temps.
Le recours au FIF, surchargé par de nombreux projets, pourrait repousser à 2070 la réalisation du métro genevois. Le canton préfère donc se tourner vers le fonds destiné aux infrastructures routières et aux projets d’agglomération (FORTA). L’inauguration est prévue pour 2045.
Odile Habel
Image à la une : le tracé du futur métro
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