Dans l’Ain comme dans les Pays de Savoie, les activités dites insolites peuvent découler d’un usage un peu détourné et atypique d’une discipline. Dans les airs, sur l’eau ou sur terre, les expériences fun et originales se développent, au gré d’une offre touristique qui agrandit ses“ailes de saison”.
À l’image d’un panorama à 360°, les activités insolites se déclinent sous tous les angles et dans tous les domaines. Du décor de cinéma aux lieux de ressourcement, en passant par les animations nature, les visites guidées, les jeux de piste à bicyclette ; dans l’Ain et les Pays de Savoie, l’offre est aussi riche que diversifiée pour s’évader, respirer, explorer, vibrer, se déconnecter et rêver.
« On entend parler des activités insolites depuis une quinzaine d’années », rappelle Alicia Le Gal-Gilbert, directrice et responsable communication de l’office de tourisme Bugey-Sud Grand-Colombier. « Les clients commençaient à rechercher l’inattendu, afin d’avoir un truc super sympa à raconter le lundi matin autour de la machine à café. Il y a eu l’effet escape game, les toboggans pour les enfants, l’aventure intérieure dans les grottes… Bref, nous avons connu un boom d’activités que la plupart des gens n’avaient, jusqu’alors, pas l’habitude de pratiquer », se souvient-elle.
Le marché s’est installé petit à petit et, soyons clairs, il y avait une place à prendre. « Si ce n’est plus un marché de niche, la notion d’insolite a également changé. Aujourd’hui, à mon sens, elle évoque une expérience touristique », ajoute-t-elle. « Elle regroupe des activités qui proposent des “options de série”. »
« Hybridation de concepts et inattendu »
De toute façon, « l’insolite des uns ne sera jamais l’insolite des autres », renchérit Loïc Bouali, directeur adjoint d’Aintourisme. « En termes de propositions d’activités et de paysages, le département a une vraie valeur ajoutée dans toute sa diversité. »
Dans les airs, sur l’eau ou sur terre, les expériences fun et originales se développent, au gré d’une offre touristique qui agrandit ses“ailes de saison” (été comme hiver). « Il faut se différencier en associant des choses qui, parfois, n’ont pas du tout de sens au départ. C’est par l’hybridation de concepts et l’inattendu que vient l’insolite », commente Alicia Le Gal-Gilbert.Et la professionnelle du tourisme de suggérer quelques pépites susceptibles de répondre à l’attente des générations X, Y… et même Z. Parce que la notion d’insolite est aussi question de génération. C’est aussi oser pratiquer ce qui nous semble impossible, transformer l’audace en exaltation.
Dans le Bugey, à Brégnier-Cordon, Exo 3D propose de faire le plein de sensations de glisse. Le plan d’eau est équipé d’un téléski à cinq pylônes pour la pratique du ski nautique et de ses variantes (wakeboard, sur une planche de surf, et kneeboard, à genoux sur une planche spéciale), ainsi que d’un bateau pour le slalom et d’un tremplin pour les figures.
Parmi les activités moins fréquentes sur le territoire, on peut vivre des expériences astronomiques inoubliables à l’observatoire de la Lèbe (à Valromey-sur-Séran) ou au Village des étoiles (aux Plans-d’Hotonnes) ; s’initier au ski-roues (au stade de biathlon des Plans-d’Hotonnes) ; ou encore apprendre la sculpture sur bois avec Scintiller au fil des saisons, à Hotonnes (Haut-Valromey).
Les idées d’expériences emblématiques de Florence Béréziat, attachée de presse d’Aintourisme, mènent jusqu’au Pays de Gex et sa station Monts-Jura, avec la tyrolienne de la Faucille et la descente en luge sur rails (955 mètres), à Mijoux. Des destinations complétées par des randonnées pastorales de la bergerie Au Rythme du troupeau, pour une immersion authentique et une aventure nature et sensorielle au lac Genin, dans le Haut-Bugey, avec Nature(s) Game. « Mais tout dépend de ce que l’on entend par ce terme d’insolite », note Florence Béréziat.

Renforcer l’attractivité
« Avec 13 millions de nuitées enregistrées en 2024, l’Ain confirme une dynamique de fréquentation soutenue, marquant une hausse de 2 % en cinq ans, malgré un contexte globalement instable », précise Aintourisme dans un communiqué de presse.
La clientèle touristique est majoritairement française (68 % des nuitées), avec une forte prédominance des visiteurs d’Auvergne-Rhône-Alpes (38 %), témoignant d’un tourisme de proximité, résilient et durable. Les Suisses demeurent les premiers visiteurs étrangers, devant les Allemands et les Néerlandais.
Dans le Pays de Gex–Monts-Jura, on note une montée en puissance des offres familiales et des activités intersaison. « La mission est d’être attractif en toute saison », fait savoir Pays de Gex Agglo, par la voix de son président, Patrice Dunand. « Le plan mise avant tout sur une diversification des activités de loisirs, une gestion optimisée de l’enneigement, et une valorisation du patrimoine naturel des monts Jura. »
Pilier économique
Avec un intérêt croissant pour sa version “pleine nature” (doux, bien-être, nature, sportif…), le tourisme est aujourd’hui un véritable pilier économique du département de l’Ain. Il représente 9 400 emplois salariés et 2 600 emplois indépendants, soit 6 % de l’emploi privé local. Et le dynamisme est manifeste puisque les emplois salariés du secteur ont progressé de 24 % en dix ans. Des résultats qui confortent pleinement la stratégie engagée par Aintourisme qui mise sur un tourisme plus durable et équilibré, sur une offre renforcée en qualité, sur l’accessibilité et l’innovation ainsi que sur une mobilisation collective des acteurs. Des dynamiques qui permettent à l’Ain de franchir un nouveau cap et de s’affirmer comme une destination de référence à la fois authentique et compétitive.
Un été grandeur nature
« L’insolite doit être vu comme un pilier différenciant. Je crois qu’aujourd’hui, nous avons une offre assez élevée et, surtout, qui alimente le cœur du réacteur de la stratégie qui est “l’imaginaire”. Un imaginaire sujet au fantasme, à l’archétype de ce que peuvent être des vacances à la montagne », analyse Michaël Ruysschaert, directeur général du comité départemental du tourisme (CDT) de la Savoie. « Aussi, nous devons – et c’est notre volonté en termes de stratégie – cultiver cet imaginaire qui fait que l’on vient en Savoie pour la Savoie. » À noter qu’en juin dernier, le CDT a lancé sa nouvelle marque, Explore Savoie,avec l’ambition d’impulser une nouvelle dynamique à un territoire en mouvement. La Savoie ne s’arrête pas à ses sommets !
Dans ce département, en plus de l’incontournable Aérolive, La Plagne propose un panel d’activités aussi bien pour les amateurs de sensations que pour les amoureux de grands espaces. De la vallée à la haute altitude, l’office de tourisme de la Grande Plagne décline « une sélection de spots et d’expériences qui font le sel de la destination », relève Séverine Gonthier, l’attachée de presse de l’organisme de promotion touristique. Des activités parmi lesquelles figurent, pêle-mêle, du yoga aérien (nouveau) pour ressourcer le corps et l’esprit ; du dry-tooling (escalade sportive à l’aide de piolets et de crampons) avec des sessions d’initiation encadrées par un guide de haute montagne ; une balade nocturne à dos de cheval de Henson sur les pistes forestières du vallon de Champagny-le-Haut ; du baby rafting pour les familles avec des enfants de 5-6 ans sachant nager, mais aussi de l’hydrospeed, plus engagé, ou encore du “canoraft” proche du kayak ; ou même le Trail des pieds nus, à Champagny-en-Vanoise, en hommage à la tradition et au mode de vie sobre des Indiens Tarahumara (Mexique), du 4 au 6 août, en accès libre et sur réservation. Du côté de Challes-les-Eaux, l’insolite passe par le club de vol à voile pour monter dans les airs… et voler comme un oiseau.
La Haute-Savoie, pour sa part, invite, entre autres, à des randonnées pour s’élever au-dessus du quotidien, avec, notamment, l’alpage du chalet de l’Aulp (au pied de la Tournette), la pointe de Pellud (Bernex), l’aiguillette des Houches (vallée de Chamonix). Mais l’offre va bien au-delà, avec, par exemple, du slow rafting (Féternes), du Cani’kart (station du Sommand) ou du Trottin’herbe (BellevauxHirmentaz).
Balançoires XXL pour sensations fortes, à Megève et La Clusaz

Port du casque, harnais, chaussures fermées sont obligatoires pour tester la balançoire géante de Megève. Appelé Giant Swing, l’équipement développé et exploité par la SEM Les Portes du Mont-Blanc est installé au sommet de la télécabine du Jaillet, offrant une vue imprenable sur le village et le mont Blanc. Un treuil électrique hisse à 16 mètres de hauteur les amateurs de sensations fortes – ils peuvent être jusqu’à trois à prendre place sur le siège –, qui sont lâchés dans le vide pour se balancer. « L’activité, qui est interdite aux moins de 8 ans, s’adresse plutôt à un public d’adolescents et d’adultes. Elle connaît un succès particulièrement important en été et vient compléter les activités proposées au sommet de la télécabine, avec notamment une aire de jeux pour les enfants et un camion restaurant », précise Thomas Nicolas, assistant responsable des ventes. Réalisée par les services de la SEM Les Portes du Mont Blanc sur la base d’un concept venu d’Autriche, la balançoire XXL a représenté un investissement de 60 000 euros. Son chiffre d’affaires annuel s’élève à 30 000 €, dont 27 000 en juillet-août. Si elle constituait une première française lors de sa mise en service, à l’été 2022, l’attraction s’est depuis déployée à La Clusaz, sur la terrasse panoramique Le Balcon des Aravis, en haut du télésiège du Crêt-du-Loup. À 1 860 m d’altitude, La Bascule permet de personnaliser l’expérience avec deux niveaux d’intensité possible.…
Carole Muet, avec Thibault Jeanpierre, Leïla Oufkir et Sophie Boutrelle
Retrouvez le dossier complet, dans Eco de l’Ain du 24 juillet et Eco Savoie Mont Blanc du 25 juillet.








0 commentaires