Le 17 mars, l’Autorité de la concurrence a condamné le Syndicat national des moniteurs de ski (SNMSF) à payer une amende de 3,4 M€ « pour des pratiques anticoncurrentielles au sein des écoles du ski français [ESF] ».
Dans les faits, elle reproche au SNMSF d’avoir imposé, depuis 2006, à ses moniteurs adhérents, une obligation d’exclusivité, leur interdisant d’exercer en dehors des ESF, « verrouillant ainsi le marché national de l’enseignement du ski ». Qui plus est, en 2013, cette obligation avait été renforcée, avec une exclusion automatique en cas de non-respect.
Cette sanction intervient après une procédure de quatre ans, suite à un rapport de la DGCCRF. Pour déterminer le montant de l’amende, l’institution administrative a pris en compte le chiffre d’affaires mondial cumulé de l’ensemble des moniteurs adhérents actifs au SNMSF (dans la limite de 10 % de ce montant). Celui-ci pourra s’en acquitter, en totalité ou en partie, en lançant un appel à contributions auprès de ses membres.
Enfin, le syndicat est enjoint « de se mettre en conformité avec le droit de la concurrence avant les adhésions pour la saison 2026-2027 », ce qu’il n’a pas manqué de faire lors de son dernier congrès national, en 2025 (contactée par Éco, la direction n’était pas disponible). L’entrée en vigueur se fera dès l’hiver prochain.
Le Sim, Syndicat interprofessionnel de la montagne présidé par Yannick Vallençant, qui avait déposé plainte auprès de l’autorité de régulation, salue une décision « historique ». « Les moniteurs de ski ESF vont enfin être libres de travailler où ils le souhaitent… Comme cela aurait toujours dû être leur droit le plus absolu en tant que travailleurs indépendants », peut-on lire sur son compte LinkedIn.
Pour rappel, l’ESF compte près de 17 000 moniteurs dans 216 stations, soit plus de 80 % des 20 000 exerçant en France.

Patricia Rey








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