Toutes les filières agricoles ne sont pas logées à la même enseigne, mais le bilan économique de l’agriculture des Savoie est jugé satisfaisant pour 2019.

La Chambre d’agriculture Savoie Mont Blanc vient de livrer sa synthèse de l’année écoulée. Des secteurs agricoles restent à la peine alors que la plupart des autres affichent de bons résultats, malgré une météo plus que capricieuse.

La viande bovine a dû faire face à un contexte baissier dû en partie au coût des fourrages achetés après la sécheresse de 2018, aux importations d’Irlande pré-Brexit et au recul général de la consommation. La viande de Savoie s’en sort cependant mieux sur son territoire.

Deuxième filière franchement mise à mal : l’apiculture, dont la situation est jugée “très difficile“. Avec 30 % de mortalité des abeilles enregistrée chaque année et une production par ruche d’à peine 15 kg en moyenne, la baisse des chiffres d’affaires se poursuit.

La pêche dans les grands lacs alpins ne va pas mieux. Les soixante-dix professionnels estiment que la population de féras a été divisée par huit durant les dix dernières années, du fait du réchauffement climatique.

La viande ovine, les grandes cultures, l’arboriculture et la viticulture affichent quant à elles une certaine stabilité. Tout comme la viande en général, les grandes cultures sont soumises aux aléas des cours mondiaux. Ainsi, lors du quatrième trimestre, ceux du blé ont continué leur progression, entrainant la hausse de l’orge et du maïs par le jeu des substitutions. De même, le cours du colza s’est bonifié par celui de l’huile de palme. L’arboriculture, malgré le gel printanier, la grêle puis la canicule de juin avant la sécheresse de juillet, s’en tire plutôt bien grâce à l’IGP Savoie et grâce à la pénurie de poires sur le marché français. La viticulture annonce un très bon millésime, mais des quantités moindres qu’en 2018, une partie du vignoble ayant été très fortement impactée par la grêle du 15 juin.

Les fabrications fromagères sont en hausse. Crédit photo : SyB

Sans réelle surprise, les autres filières agricoles se portent bien. Elles sont, pour la majorité d’entre elles, soutenues par des signes de qualité (AOP, IGP, AB) et commercialisées localement, ce qui change tout, y compris quand la météo n’est pas de la partie. La production laitière a connu des hauts et des bas avec un net recul au premier trimestre, une belle reprise au printemps, un coup d’arrêt en juillet avant reprise en août dans les vallées mais pas en montagne (en zone beaufort, beaucoup de démontagnées ont dû être anticipées de 2 à 3 semaines pour cause de sécheresse). La collecte laitière s’est accentuée au dernier trimestre. Les fabrications fromagères ont le vent en poupe. Toutes progressent au quatrième trimestre, sauf le beaufort. Les légumes, petits fruits et les ovins et caprins fromagers s’avèrent être des filières “très dynamiques tant pour le nombre d’installations que pour la commercialisation des produits“. Nombre de ces installations s’effectuent en agriculture biologique. Les oeufs, les volailles et autres charcuteries tirent eux aussi très bien leur épingle du jeu, dopés par la demande locale.

L’élevage caprin et ovin, pour la transformation du lait en fromages, est une filière très dynamique. Crédit photo : SyB