Les géomètres-experts se sont rassemblés le 16 mai en compagnie d’autres professions pour établir un premier baromètre du secteur.
« C’était une première dans l’Ain comme à l’échelon national. Le département est pilote en la matière. Cet événement, véritable baromètre, pourrait permettre de prévoir les crises économiques quand le foncier est en baisse, mais aussi quand il va bien. Et donc d’anticiper le développement de nos cabinets », explique Philippe Renaud, président de l’UNGE (Union nationale des géomètres-experts) Auvergne-Rhône-Alpes et géomètre-expert associé, à l’occasion de la toute première Matinale du foncier, le 16 mai à Bourg-en-Bresse.
De nombreux professionnels étaient présents, pour cette première édition. Chacun a présenté son entreprise ou son organisme, comme l’EPF 01 (Établissement public foncier), spécialisé dans l’acquisition de foncier pour les collectivités, ou le CAUE de l’Ain (Conseil d’architecture urbanisme environnement), et découvert parfois celui des autres invités.
Globalement, l’inquiétude était de mise dans l’ensemble du secteur pour diverses raisons. Jacques Berthou, sénateur, et Romain Daubié, député, tous deux anciens maires, regrettent une complexification de l’administratif, qui rallonge les délais de décision pour les collectivités.
Pour eux, le foncier est une ressource essentielle pour l’avenir des communes. Séverine Charvin, membre de la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) et gérante de l’agence Pietrapolis, a soulevé la disparition des primo-accédants, avec moins de 10 % des transactions aujourd’hui.
Dans le domaine de la justice, Laurence Raichon, avocate, a évoqué les très nombreux recours administratifs auxquels doivent désormais faire face les promoteurs. Plus encore, lorsqu’une requête est évincée, le requérant se tourne désormais vers les juridictions civiles.
Cette matinale a également été l’occasion de parler chiffres. En 2023, les géomètres-experts comptaient 155 entreprises dans la région, soit 14 % de l’effectif national. Sur les huit domaines d’activité dans lesquels ils œuvrent, la majorité est en perte de vitesse.
« Nous constatons une baisse de 65 % du chiffre d’affaires au national. En Auvergne-Rhône-Alpes, elle est de 59 % et en Île-de-France, de 71 % », développe Anthony Baillon, animateur économique pour l’UNGE. Après cette première réussie, l’objectif serait de déployer ce rendez-vous sur chaque département, un par semestre.
Joséphine Jossermoz








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