Bouffée d’air frais pour l’Ain, avec le Tour de France

par | 17 septembre 2020

La course épique apporte un nouveau souffle aux acteurs du tourisme de l’Ain malgré la crise sanitaire.

Passé dimanche dernier au Grand Colombier, le Tour de France revient ce vendredi 18 septembre à Bourg-en-Bresse, ville de départ de la 19e étape. Un moment attendu par les spectateurs, mais également par les acteurs du tourisme et les collectivités. « Le Tour de France amène des retombées énormes sur le département. Premièrement, cela nous situe sur une carte et nous fait connaître. Et quoi de mieux que des grands événements comme celui-ci ? Le Tour de France est en effet le troisième événement sportif le plus médiatisé au monde. Pour nous, cet aspect médiatique est à moindre frais. Une centaine de télévisions couvrent l’événement. France 2 fait des pics d’audiences à plus de sept millions de téléspectateurs. Sur l’étape on voit mar­qué “Ici, c’est l’Ain” partout, avec force images de patrimoines et de paysages. Il nous est impossible de payer un spot publicitaire équivalent. Derrière, cela amène des touristes ou des amateurs de vélos qui suivent la course. Les téléspec­tateurs peuvent également avoir envie de visiter notre territoire. Cela amène énor­mément économiquement à nos com­merçants, hôteliers, etc. », explique Jean Deguerry, président du Département. Pour le territoire, cela participe d’une volonté d’accueillir des événements conséquents comme le congrès national des sapeurs-pompiers en 2018.

« On avait pu le quantifier une année grâce au croisement des téléphones, une étape double aisément la population sur une ville comme celle de Bourg. C’est pour cela qu’énormément de communes souhaitent le passage du Tour de France. Cela reste un sport populaire et gratuit », ajoute-t-il. Effectivement, 28 % des opérateurs touristiques du Bugey Sud estiment que le passage du Tour de France a un impact positif sur leur activité. Les taux de remplissage des hébergements durant le l’événement sont en hausse. Les hôtels, eux, sont presque complets. En matière de com­paraison, le mois de septembre, hors période Tour de France, connaît en moyenne un taux de remplissage 33 %. Les campings font également une sai­son meilleure que d’habitude, puisque le remplissage est d’un tiers pendant la période du Tour de France contre 20 % habituellement. Le locatif aurait éga­lement connu un pic de réservation le week-end du 13 septembre.

« L’ASO (Amaury Sport Organisation) a réservé 10 hôtels sur Bourg ou ses proches alentours. Cela a un impact important. Le Tour de France est la preuve que Bourg est capable d’accueillir un événement de ce type-là. Ce n’est pas donné à tout le monde, ne serait-ce que par les capacités d’accueil, mais aussi par les infrastruc­tures. Cela montre le dynamisme de la ville et de l’agglo. Quand on voit la cara­vane du Tour, la logistique, les équipes sportives, il faut être équipé à tous les niveaux », commente Christophe Niogret, maire adjoint de Bourg-en- Bresse, délégué aux sports. Sur la ville, l’impact est moins important que dans le Bugey Sud. Seuls 16 % des opérateurs touristiques de l’agglomération estiment que le passage du Tour de France aura un effet positif sur leur activité. Les taux de remplissage des hébergements durant la course sont tout de même plus élevés. Preuve en est, les hôtels ont 65 % de réservation sur la période du Tour, contre 20 % habituellement. « Pendant la journée du 18 septembre, on va entendre Bourg-en-Bresse dans tous les médias, radios, télévisions… C’est une magnifique vitrine pour notre ville, ses habitants, l’économie locale, les pratiques sportives également. L’église de Brou est déjà le monument préféré des Français. Elle deviendra peut-être le monument préféré de l’Europe, du monde entier », rigole Christophe Niogret.

Crise sanitaire

Bien que repoussé, le Tour n’a pas été épargné par la Covid-19. « L’impact est moindre que si nous avions eu un Tour de France normal. Le mois de juillet aurait été plus festif dans la période habituelle. Aujourd’hui, un 18 septembre, quand toutes les écoles ont fait leur rentrée, la plupart des gens sont rentrés de vacances. Ce ne sera pas un départ comme ceux des autres années, bien évidemment. On le voit dans tous les événements sportifs. Ils réunissent beaucoup moins de monde, dans ou en dehors des tribunes. Je pense qu’il y a une certaine peur chez les gens », déplore Christophe Niogret. Pour le Grand- Colombier, la catas­trophe redoutée est arrivée à deux jours du passage de la course. Avec l’accélération de l’épidémie et le passage du département en zone rouge, la préfète Catherine Sarlandie de la Robertie a modifié les conditions d’arrivées du Tour. Les accès au col du Grand-Colombier et au col de la Biche ont été interdits. Ainsi, aucun spectateur n’a pu être présent au sommet de la spectaculaire montée. Une décision regrettée par la foule, certains brandissant à Culoz une pan­carte : « On nous a volé l’arrivée. »

Tour de France Grand Colombier ©CD01

« Même si cette édition 2020 est un peu tronquée à cause de la Covid, on retrouve quand même énormément de monde autour des routes et beaucoup d’engoue­ment. Même avec une fréquentation en deçà des éditions précédentes, c’est ce que le département recherche en termes de notoriété. Sur les éditions précédentes, cela a beaucoup apporté au territoire. Sur cette année 2020, cela devrait appor­ter une véritable bouffée d’oxygène aux acteurs du tourisme qui ont beaucoup souffert. La saison a été globalement bonne pour eux au mois d’août, le report du Tour de France en septembre leur redonne un second souffle », se réjouit Jean Deguerry.

Actions de communication

Le Tour de France représente pour le département un coût d’environ 100 à 120 000 euros, communication com­prise. Parmi les actions de communica­tion, des drapeaux “Ici, c’est l’Ain !” ont été distribués en masse. Au pont d’Évieu, des visuels de 60 mètres affichaient fièrement le slogan du territoire. L’entreprise Volvo, associée à l’Hôtel du département, a réalisé en sable et en gravier un vélo géant à Belley, visible du ciel. Entre autres animations, le clou du spectacle était quand même la montgol­fière toute neuve aux couleurs de l’Ain. Arrimée sur un camion, elle trônait fièrement à deux kilomètres de l’arrivée.

Pour Bourg, les 80 000 euros de rede­vance à ASO pour le passage de la course sont payés par la CA3B (Communauté d’agglo­mération du bassin de Bourg-en-Bresse). À ce montant, cette dernière rajoute 15 000 euros de communication. Pour la ville, l’étape représente un coût de 100 000 euros dont 30 000 euros d’ani­mations. Des animations finalement annulées (lire ci-dessous). « Je pense que les organisateurs du Tour aiment l’Ain, le terrain s’y prête bien. Nous sommes sur une terre de vélo. Nous avons tout, la plaine, la montagne et des paysages magnifiques », conclut Jean Deguerry.

Tour de France Grand Colombier ©CD01

18 ans

Cela fait désormais 18 ans que le Tour de France passe à Bourg-en-Bresse. Tout commence en 2002 en tant que ville de départ, en 2007 la ville a été une étape de départ et d’arrivée. Le Tour de France est de nouveau passé à Bourg, ville de départ cette fois, en 2014, en 2016 et en 2020.


Dernière minute : Un départ à huis clos

L’organisation du Tour de France (ASO) a mis en place un protocole sanitaire qui rend inaccessible au public la zone de départ : le périmètre de ce huis clos sera de 200 mètres avant la ligne de départ et de 100 mètres après. Le public ne pourra donc pas approcher les coureurs et leurs équipes au moment du départ. L’ensemble du parcours sera ensuite ouvert au public; les spectateurs seront invités à s’espacer au maximum, sur une ligne, afin d’éviter les regroupements. Compte tenu des circonstances sanitaires actuelles, la Ville de Bourg-en-Bresse a décidé d’annuler les animations prévues à proximité du Monastère du Brou.

« Au regard du contexte sanitaire dans lequel se déroule cette manifestation sportive d’ampleur, des précautions particulières doivent être prises pour concilier au mieux l’esprit populaire et festif du Tour de France et le souci de ne pas favoriser la propagation du virus de la COVID-19, dont la circulation est importante et rapide dans notre département, justifie la préfecture dans un communiqué. Pour mémoire, depuis une semaine déjà, l’Ain compte parmi les départements français les plus touchés par l’épidémie, avec un taux d’incidence du virus de 69 personnes contaminées pour 100 000 habitants. »


Par Joséphine Jossermoz

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