Apprentis sorciers

par | 1 Avr 2011

L’accident dramatique de Fukushima qui a fait suite au séisme japonais a ravivé toutes nos peurs envers l’énergie nucléaire. Depuis déjà trois semaines, les réacteurs de la centrale nippone crachent leur fumée radioactive à la face du monde et de ses habitants.

Il y a pourtant peu de chance que cette catastrophe remette en cause la suprématie du nucléaire dans la production d’énergie mondiale. Malgré la crainte qu’a toujours générée cette technologie, notre dépendance reste forte – 80% de l’énergie produite en France est d’origine nucléaire – et aucune solution alternative ne semble malheureusement vouloir émerger.

En revanche, cet épisode nous ouvre les yeux sur l’opacité du secteur et sur l’absence de contrôle des hommes sur l’atome. Ainsi au Japon – un des pays à la technologie la plus avancée du monde – les professionnels ne disposent que de quelques combinaisons blanches et de jets d’eau pour lutter contre un des produits les plus mortels que l’on connaisse. Ajoutons à cela le fait que l’eau utilisée n’est même pas filtrée après utilisation, avant de s’en aller rejoindre les nappes phréatiques ou l’océan, et l’on comprendra à quel point les responsables manquaient de préparation pour faire face à un éventuel sinistre… On était loin de se douter d’un tel scénario. On ne peut alors que trembler en découvrant que la centrale française de Pierrelatte est construite sur…une faille!

Face à son désir de croissance (et de rentabilité), l’homme est souvent tenté de jouer aux apprentis sorciers pour dépasser ses connaissances ! Bien sûr, cette caractéristique est inhérente à notre espèce et nous a permis d’évoluer à travers les siècles, mais lorsque l’on sort du domaine de l’expérimentation au profit de l’application massive, sans maîtriser tous les tenants et aboutissants, il arrive parfois que tout nous pète à la gueule. C’est le cas actuellement avec le nucléaire japonais comme avec les industries polluantes. Ce sera peut être le cas demain avec certaines pratiques médicales comme avec le développement de la téléphonie mobile… Le principe de précaution a parfois du bon.

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