Né en 1993 dans l’Ain, le prix de l’innovation artisanale Artinov doit prendre dans les prochains mois, une dimension régionale plus importante.
La Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) a remis, mardi 28 mars, cinq prix Artinov à des entreprises sélectionnées parmi 13 candidates : un coup de cœur du jury et quatre récompenses dans les catégories métier, produit, procédé de production et technologie (lire les portraits des lauréats ci-dessous). L’occasion d’annoncer que ce concours, créé dans l’Ain en 1993 pour promouvoir l’innovation artisanale par la force de l’exemple, allait voir sa dimension régionale renforcée prochainement. Déjà étendu à plusieurs territoires voisins, il devrait être décliné dès 2023 sur sept départements, puis sur les 12 d’Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) en 2024.
« La compétition sera de plus en plus rude pour le prix régional, mais nous espérons tout de même compter des Aindinois parmi les artisans primés », a commenté enthousiaste Vincent Gaud, président de la CMA Aura, pour qui « l’objectif n’est pas seulement d’aller chercher des champions, mais de les accompagner ». Dès l’année prochaine, un club des lauréats doit voir le jour pour leur permettre d’échanger, trouver des ressources, « pour aller encore plus loin ».
La prochaine édition est déjà lancée et les candidatures ouvertes jusqu’au 18 novembre. Contact : Elsa Durand ou Sébastien Astier au 04 74 47 49 00, elsa.durand… ou sebastien.astier(at)cma-auvergnerhonealpes.fr.
Catégorie Procédé de Production : Bourdin SARL

Lauréate de la catégorie Procédé de Production, la SARL Bourdin, entreprise de galvanoplastie à Béligneux (3 à 5 personnes pour un petit million de chiffre d’affaires), a développé une alternative aux chaînes de traitement de surface par immersion : un système d’aspersion-égouttage, avec une cuve unique pour le rinçage et une séparation des eaux selon les phases de traitement.
« Une chaîne de traitement par immersion fonctionne toujours de la même manière. Les pièces sont plongées dans des bains et rincées entre chaque. Cela conduit à polluer une grande quantité d’eau. Notre solution permet de n’utiliser que 1,6 à 2 litres d’eau par mètre carré, tandis que la législation, difficile à respecter en immersion, impose un maximum de 8 l/m² », explique son concepteur, Daniel Bourdin, qui envisage d’ailleurs d’aller vanter son procédé à l’échelon européen, avec l’espoir qu’il s’impose par la réglementation.
Ce n’est pas la première fois que l’entreprise réfléchit à un moyen de réduire la pollution des eaux. « Déjà, il y a quelques années, nous avions conçu une chaîne sous tunnel, relève Daniel Bourdin. Nous avons également innové dans le traitement des cuveries, en augmentant l’épaisseur des couches pour mieux les séparer et permettre leur recyclage. »
bourdin.sarl(at)gmail.com
Catégorie Haute Technologie : Team Green Light

Fondée en 2012, comptant quatre personnes pour 450 000 euros de chiffre d’affaires (CA), Team Green Light, à Fareins, est spécialisée dans l’éclairage Led, notamment pour la reproduction des biotopes, en aquariophilie par exemple. Filiale de Team Green Group (25 personnes, 4,6 M€ de CA), une entreprise spécialisée dans les semences à gazon pour les golfs et les stades, elle a développé le TG Light Bot, un robot destiné à traiter les pelouses, de manière préventive ou curative, contre différents parasites. Une alternative aux produits phytosanitaires qui lui vaut d’être primée dans la catégorie Haute Technologie.
« Certains spectres lumineux ont un impact sur le développement des maladies en renforçant les défenses naturelles de la plante et font régresser les champignons », explique Cédric Martinotti, le dirigeant. Pourquoi faire réaliser le traitement par un robot ? Parce que celui-ci demande plusieurs heures de passage à une vitesse inférieure à 2 km/h.
La fabrication de la machine fait appel, autant que possible, à des ressources locales ou nationales. « Les parties métalliques sont produites chez nos voisins d’en face, à Fareins. Le traitement de surface est réalisé sur la commune également. Et les pièces robotiques nous sont fournies par une entreprise bordelaise », note encore Cédric Martinotti.
Cette solution a exigé un investissement en R & D de 1 million d’euros sur 10 ans. Aussi, ses concepteurs aimeraient bien l’étendre à d’autres domaines comme la vigne ou la fraise. Mais, la priorité, c’est d’abord de consolider sa présence sur le marché naturel de Green Light Team : les pelouses des golfs et des stades.
Catégorie Produit : ID Aménagement – Ékypéo

Entreprise d’équipement de véhicules utilitaires à Montagnat depuis 15 ans, ID Aménagement – Ékypéo, qui emploie une demi-douzaine de personnes, en réalise entre 500 et 600 par an, le plus souvent pour des professionnels. « Mais nous avons de plus en plus de demandes en loisirs et même d’aménagements qui combinent les deux aspects », explique Damien Nallet, qui a rejoint l’entreprise familiale l’an dernier.
ID Aménagement a donc imaginé une solution sans homologation complémentaire, simple et modulable pour une utilisation aussi bien professionnelle que de loisirs, disponible pour tous les utilitaires du marché, démontable mais sécurisée, car fixée au châssis. Elle est de surcroît écoconçue et 100 % locale. L’entreprise est d’ailleurs labélisée Origin’Ain. De quoi obtenir haut la main, un prix Artinov dans la catégorie Produit. « Aujourd’hui, nous disposons d’une quinzaine de modules, mais les retours de nos clients nous permettent d’en développer régulièrement des nouveaux », note Damien Nallet pour qui « les innovations passées doivent servir aux innovations futures ».
Catégorie Métier : Christophe Rosfelder

Fauteuil relaxant multiposition, le modèle Eya a valu à l’ébéniste Christophe Rosfelder, le prix Artinov dans la catégorie Métier. Constitué de deux pièces en bois moulées, reliées par une pièce en massif, le siège présente une forme fluide et légère. Mais, si son concepteur développe ce produit depuis deux ans, c’est dans une optique de confort et pas seulement d’esthétique. « La vraie difficulté aura été de trouver le bon équilibre quelle que soit la position », explique-t-il.
Christophe Rosfelder a créé son ébénisterie, il y a 13 ans… en Alsace. Mais, après plusieurs salons en Auvergne-Rhône-Alpes, il a fini par y trouver 80 % de sa clientèle. Aussi s’est-il installé fin 2013 à Magnieu, près de Belley. Il réalise aujourd’hui quelque 150 000 euros de chiffre d’affaires et vient d’embaucher un deuxième ébéniste, ce qui, avec Madame Rosfelder à l’administratif, porte l’effectif à trois personnes.
Pour la suite, le développement du modèle Eya passera par les salons. « Il est important que le public puisse le tester, pour en mesurer le confort », estime le professionnel qui, depuis ses débuts, crée du mobilier contemporain et, en particulier, des chaises à plusieurs positions.
Coup de cœur du jury : Cafés Dagobert

Le dernier prix Artinov revient à une entreprise que l’on ne présente plus : les Cafés Dagobert. Mais, ce n’est pas pour ses arabicas, bios, équitables ou encore, certifiés en biodynamie qu’elle est récompensée, ni pour sa croissance de 15 % par an (exception faite de 2021). C’est l’engagement environnemental matérialisé dans la construction de ses nouveaux locaux à Châtillon-sur-Chalaronne qui a permis au torréfacteur d’emporter le Coup de cœur du jury. « Comme nous sommes une entreprise qui se veut hypercohérente, nous avons voulu faire ériger un bâtiment neutre en carbone et à énergie positive », explique David Gobert, le gérant.
Les nouveaux locaux sont en bois issus des forêts de l’Ain. L’eau nécessaire au chauffage est captée dans un puits et circule en circuit fermé. L’énergie fatale du processus de torréfaction est utilisée pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. La dalle a été biodynamisée à l’aide de coquillages. Creuser un puits canadien a permis de construire un mur en pisé. « C’est le seul bâtiment contemporain à avoir un pisé dont la terre a été prélevée sur place », souligne David Gobert. Tout cela a coûté 1 000 €/m2, contre 800 pour un bâtiment métallique classique. Un surcoût compensé par les subventions obtenues à hauteur de 30 % du total.
Les nominés
- Mont Secret à Anglefort (cicatrisation pour tatouage).
- Distillerie Al Kapone à Bohas (distillation locale).
- All Stainless SAV à Sonthonnax-la-Montagne (support de moulage de fromage).
- Les Atelier d’Émilie à Lagnieu (pouf lumineux).
- Umile à Divonne-les-Bains (produits issus de l’agroécologie).
- Levage Concept Industrie à Montluel (application de suivi des interventions).
- La Maison Technique à Montmerle-sur-Saône (solution de dépannage en visio).
- Donop Atelier Cuir à Confrançon (bandoulière de sac invisible et étui pour pince Kocher, ciseaux et sparadrap pour les soignants).
Sébastien Jacquart








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