L’éclaircie pour le BTP se confirme, tout du moins au plan national. L’Ain ne tire hélas pas (encore) tout à fait son épingle du jeu.

Si « patience et longueur de temps font plus que force ni que rage », les entreprises locales vont devoir, sans être attentistes non plus, poursuivre leurs efforts. Car à la clé, se dessine un avenir qui semble plus opportun pour le BTP. Certes, pas au niveau d’avant-crise, mais tout de même. C’est en tout cas l’analyse qu’ont livrée Franck Perraud, président de BTP Ain et Patrice Fontenat, président de la section locale des travaux publics, lors d’une conférence de presse, le 8 mars dernier.

Maintien des investissements

Du côté des travaux publics, on sent que l’embellie est proche. « Nationalement, la conjoncture de notre secteur est tirée par les travaux du Grand Paris, commentait Patrice Fontenat. La commande publique ne subit “plus » qu’un million d’euros de baisse de dotations, ce qui pourrait avoir un réel impact sur l’activité. » Et de souligner, localement, l’effort du Département dans le maintien de ses investissements, notamment eu égard à la rocade Sud-est, qui devait profiter aux entreprises locales. Surtout à l’heure où les majors sont occupés ailleurs… « Le déploiement du très haut débit avec le SIEA et la commande privée sont également des leviers, poursuivait Patrice Fontenat. Néanmoins, ce sont les heures travaillées par les salariés permanents, qui seront l’indicateur de ce renouveau. »

« D’un point de vue conjoncturel et sur le secteur du bâtiment, nous constatons que les données nationales sont bonnes, voire encourageantes, avec une croissance du secteur de 1,9% en volume, en 2016, commentait Franck Perraud. On atteint même, toujours au niveau national, des croissances à deux chiffres pour les maisons individuelles. » Selon lui, les taux de crédit très bas, le PTZ+, la loi Pinel, ont été autant d’éléments qui ont pu booster le secteur. « Et 2017 devrait confirmer cette tendance ». Cependant, en région Auvergne Rhône-Alpes, deux départements sont à la traine : l’Ardèche et… l’Ain. « Nous bénéficions d’une bonne évolution démographique et connaissons une forte demande de logements, avec des secteurs en tension, sur la Côtière et le pays de Gex où le foncier est particulièrement onéreux. » Quant aux bailleurs sociaux, qui d’ordinaire pouvaient être un levier pour le BTP, ils se consacrent peut-être davantage à la rénovation de leur parc qu’à des constructions nouvelles.

« Simplification à la française »

La rénovation, justement, est un angle pertinent pour le secteur du bâtiment, « un levier stratégique », avançait même Pierre Convert, vice-président de BTP Ain. « La rénovation énergétique doit être un objectif d’avenir pour nos professions, un objectif primordial. » Pour cela, il apparaît nécessaire de non seulement pérenniser les aides et autres dispositifs d’accompagnement pour les particuliers et les professionnels, mais également de les rendre plus lisibles, de les clarifier. « Nous sommes inscrits aujourd’hui dans une “simplification à la française » » déplorait-il, aux côtés de Marie Alexandre, directrice de l’Alec 01 (Agence locale de l’énergie et du climat, anciennement Hélianthe). Et de rappeler combien la fédération œuvre pour aider au mieux les entreprises dans leur parcours de labélisation RGE (reconnu garant de l’environnement). « Tout cela concourt à l’évolution de nos métiers, estimait pour sa part Franck Perraud, dans une vision prospective. Nos métiers changent, mais pour bénéficier d’un peu de visibilité, nous avons, plus que jamais, besoin de stabilité fiscale ». Les (futurs) élus ont une carte à jouer…


Par Myriam Denis