Conseil départemental : Bilan et perspectives à mi-mandat

par | 25 Mai 2018

Jean Deguerry et Damien Abad ont fait le point sur les trois premières années de la mandature et les trois prochaines.

Élue en 2015, la majorité départementale a souhaité dresser le bilan et les perspectives de la mandature, à mi-parcours. Pour cette conférence de presse à deux voix, lundi 14 mai, l’ancien président, Damien Abad — contraint de céder sa place après sa réélection aux législatives de 2017 en raison de la loi sur le non-cumul des mandats —, s’est chargé de retracer les trois années écoulées, puis son successeur, Jean Deguerry, d’évoquer les enjeux des trois prochaines.

Promesses tenues

« Nous avons emporté la victoire sur une feuille de route claire. L’enjeu, c’est que la droite au pouvoir ressemble à la droite en campagne, a introduit le premier. Notre département, confronté à un certain nombre de difficultés financières, était engagé sur une pente dangereuse, avec la loi NOTRe et d’autres dispositions qui alourdissaient la situation. La première de nos réussites est d’avoir redressé les comptes, grâce à d’importantes économies de fonctionnement. Cet effort a été compris car il a été abordé de manière juste. Cela a permis de compenser les baisses de dotations, de garder des marges de manœuvre et d’investir. Nous sommes passés d’un endettement de 5,57 à 4,87 ans, notamment grâce à notre sortie des emprunts toxiques. Nous avons globalement tenu nos promesses sur les quatre axes de l’économie, des solidarités, du handicap et des territoires. Économiquement, nous avons affirmé notre volonté d’intervenir à travers la centralisation des aides à la pierre, permise par les intercommunalités, ou encore la charte PME pour l’accès à la commande publique. Sur le plan de la solidarité, notre comité anti-fraude au RSA a permis de baisser nos dépenses en la matière, d’augmenter les taux directeurs et de mettre en place un plan seniors pour renforcer l’autonomie des personnes âgées. Enfin, sur les territoires, nous restons partenaires des communes et intercommunalités, notamment à travers le livre blanc du tourisme et les infrastructures routières ou de télécommunication. »

Nouvelles ponctions

Tout n’est pas résolu pour autant. « Il reste beaucoup à faire et je serai aussi scrupuleux que Damien Abad à tenir nos promesses », assure Jean Deguerry. Et celui-ci d’annoncer notamment, poursuivre jusqu’en 2021, la politique de stabilité fiscale. « Ne pas augmenter les impôts ne sera pas facile compte tenu des ponctions passées et à venir sur nos finances », s’inquiète toutefois l’élu, particulièrement remonté contre le pacte de stabilité imposé à l’échelon départemental par le Gouvernement, le jugeant « intenable ». « Je ne signerai pas, même si je sais que les trois prochains budgets seront difficiles à tenir, clame-t-il. Nous serons de toute façon ponctionnés, alors… Pour autant, nous continuerons à investir, notamment pour le désenclavement du Pays de Gex, à travers l’aménagement de la Porte de France ou le projet de tram, pour le fibrage du territoire, domaine où nous sommes engagés sur un financement de 3 millions d’euros par an sur 10 ans, pour les collèges, avec la création d’établissements à Bellegarde et Saint-Didier-de-Formans, pour le tourisme quatre saisons en territoires de montagne, pour le plan seniors ou le plan handicap. Nous maintenons par ailleurs nos aides aux communes et intercommunalités à hauteur de 7,5 millions d’euros par an. Elles aussi sont contraintes par les réductions budgétaires. Elles ont besoin que nous restions à leurs côtés. » Et le président de remercier l’ensemble de l’exécutif pour sa cohésion.


Le pacte de stabilité

Le pacte de stabilité du Gouvernement entend contraindre les départements à réduire à 1,2 % la hausse de leurs dépenses de fonctionnement. Une décision qui ne prend pas en compte la décision de François Hollande d’augmenter le point d’indice des agents, ou les dépenses pour les mineurs isolés. N’entrent pas en ligne de compte non plus, les efforts précédemment réalisés, ni la hausse de la démographie. Le député Damien Abad dénonce donc « un jeu de dupe », « une baisse de dotations qui ne dit pas son nom ».


Par Sébastien Jacquart

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Découvrez également :

Publicité

Pin It on Pinterest