Après les annonces, jeudi 12 mars au soir, d’Emmanuel Macron, les entreprises de Savoie tentent de s’organiser.

« Pour l’instant, c’est un peu le chaos, mais tout le monde est assez agile », résume Marine Coquand, déléguée générale du Medef 73. Après l’intervention télévisée du président Macron jeudi 12 mars au soir, les entreprises veulent surtout en savoir plus en matière de chômage partiel et d’arrêt de travail pour garde d’enfant. « On assume le rôle de courroie de transmission entre les services de l’Etat et nos adhérents », poursuit-elle.

En Savoie « beaucoup de sociétés » ont déjà, selon elle, ouvert leur compte à la Direccte. « Elles se sont immatriculées et enregistrées, précise-t-elle, et sont ainsi prêtes à faire leur demande de chômage partiel au cas où. » L’anticipation semble avoir été la règle ces derniers jours. « On nous avait posé pas mal de questions avant, et ces mesures étaient plus ou moins attendues. »

Certaines, prudentes, avaient déjà réorganisé le travail, y compris dans les bureaux, en divisant les équipes en deux : une moitié en télétravail et l’autre sur site, en alternance. D’autres vont tout simplement proposer à leurs salariés de venir lundi avec leurs enfants.

Le télétravail devrait encore se développer dans les semaines à venir.

« Au-delà de ces deux sujets forts que sont le chômage partiel et l’arrêt pour garde d’enfant, il y en a un troisième qui me semble essentiel et sur lequel j’attire fortement l’attention des entreprises : le droit de retrait des salariés. Les employeurs ont tout intérêt à mettre en œuvre des mesures de protection s’ils veulent pouvoir défendre leur cause, le cas échéant, devant les prudhommes… »

S’il estime que son travail met sa santé en danger, un salarié peut invoquer le droit de retrait, qui lui permettra de continuer à toucher son salaire. S’il n’est pas d’accord, son patron peut contester cette décision aux prudhommes, mais il faudra alors qu’il prouve avoir tout mis en œuvre au préalable pour le protéger.

Parmi les mesures de protection des salariés, le lavage fréquent des mains est recommandé.

Pour l’instant, le syndicat patronal reçoit pas mal de demandes d’informations émanant des PME. Les questions touchent par exemple à l’emploi des commerciaux, aux secteurs de l’événementiel et de la petite enfance. De gros groupes se tournent aussi vers lui pour clarifier certains points. « On est en lien quasi permanent avec les services de l’Etat qui sont très efficaces », souligne la déléguée générale.

Pour ce qui concerne l’impact économique du virus sur les entreprises savoyardes, il est encore, selon elle, trop tôt pour le dire. « Pour certains de nos adhérents de l’événementiel, ce sera compliqué de se relever », prévient-elle. D’autres profitent au contraire d’un effet d’aubaine : l’agroalimentaire par exemple, qui a vu les ventes de pâtes s’envoler ; ou les équipementiers informatiques qui tirent profit de la demande croissante en télétravail.

Enfin, certaines sociétés font l’expérience de la porte fermée au nez. Des techniciens de maintenance qui devaient opérer en Russie ont ainsi dû annuler leur déplacement sous peine de mise en quarantaine sur place. Quant à l’Italie, « les relations semblent s’être complètement arrêtées, conclut-elle, on n’y a par exemple plus de contrats dans l’agroalimentaire ».


Pour en savoir plus au niveau national : https://www.economie.gouv.fr/coronavirus-soutien-entreprises