Covid-19 et solidarité : les aides à domicile de l’Ain soutenues

par | 5 Mai 2020

Pendant la crise sanitaire, les personnels de l’Adapa se sont serré les coudes et ont bénéficié de nombreux élans de soutien extérieurs.

L’Adapa, association départementale d’aide, d’accompagnement et de soin à domicile pour les personnes fragilisées par l’âge, le handicap ou la maladie, suit quelque 6 500 personnes, auxquelles s’ajoutent 50 places de Siad (Service de soins infirmiers à domicile). La structure emploie annuellement 1 200 personnes, soit 850 à 900 personnes chaque mois, pour 610 équivalents temps plein. Et pendant la crise sanitaire et la période de confinement, elle a assisté à de nombreuses manifestations de solidarité, en externe comme en interne, « autant de l’encadrement vis-à-vis des équipes que des équipes entre elles », note Martine Verne, sa directrice générale.

« Dans les premiers temps du confinement, notre fonctionnement en mode dégradé s’est organisé sans les moyens de protection adéquats. Nous avions des gants, mais pas de masques, poursuit-elle. Des communes, parfois via leur Centre communal d’action sociale (CCAS), nous ont dépanné au début, sur des stocks H1N1. Nous avons été ensuite dotés par le Département, dans un premier temps sur ses réserves propres, puis via l’Agence régionale de santé (ARS). La Région est intervenue également, en nous en remettant un stock, mi-avril. Nous recevons de plus, de la part de différentes associations et structures, de nombreux masques en tissus que nous distribuons davantage à nos personnels administratifs qu’à nos agents de terrain. Parmi ces donateurs, on peut citer le Crédit Agricole de Pont-de-Vaux, ou encore le restaurant Buffalo Grill de Bourg-en-Bresse, qui nous a donné non seulement des masques, mais du matériel de protection. La base aérienne d’Ambérieu a réalisé pour nous des surblouses de très bonne qualité. Le compagnon de l’une de nos aides à domicile nous a imprimé quelque 600 visières. Et le Rotary du Pays de Gex nous en a également donné quelques-unes. » L’association, quant à elle, a continué d’acheter gants et gel hydro-alcooliques. « Là aussi, nous avons bénéficié d’élans de solidarité : les plastiques Verchères, à Bourg, nous ont offert des flacons pour nous permettre de conditionner le gel que nous achetons en bidons. »

« Un engagement fort des équipes »

En interne, quand une aide à domicile ne pouvait pas se rendre à la distribution de matériel organisée une fois par semaine, il se trouvait toujours une collègue pour récupérer sa dotation et la lui remettre, dans le respect des mesures barrières. « Nous avons eu également des prêts de véhicules, relève Martine Verne. Les personnels ont beaucoup échangé, par téléphone notamment, pour se soutenir les unes les autres. Nos équipes ont monté un engagement fort à poursuivre leur travail, avec toute l’empathie nécessaire vis-à-vis de nos clients. » Une empathie d’autant plus nécessaire qu’en mode dégradé, les ménages ont été réduits de même que les interventions auprès de personnes dont les proches pouvaient intervenir. Ont été privilégiés, le soutien à la personne et l’accompagnement humain : aide au lever et au coucher, au transfert (du lit au fauteuil), à l’habillage, au repas, à la toilette, au change… Tout ce qui permet le maintien à domicile. « Nos personnels ont été aussi un soutien aux proches aidants », souligne d’ailleurs encore la directrice, pour qui cette crise a mis en lumière le rôle de l’aide à domicile dans la chaîne sanitaire. « Nous sommes complémentaires des acteurs de santé. »

L’Adapa a ainsi vu son activité réduite d’un tiers en mars et des deux tiers en avril. Dans la perspective de la reprise, les personnes qui n’ont plus été suivies sur la période ont été recontactées. L’association espère revenir à un fonctionnement normal en ce mois de mai. « Mais, nous risquons d’être confronté à la disponibilité de nos personnels, entre la garde des enfants, les écoles qui ne doivent rouvrir qu’en mode dégradé et les personnes que nous avons éloigné du terrain pour des raisons de santé, craint Martine Verne. Il va nous falloir par ailleurs recruter pour assurer la continuité du service pendant les congés d’été. Et nous allons manquer de temps, par rapport à d’habitude, pour anticiper cette période. »


Par Sébastien Jacquart

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